Culture

André Dussolier accoste Novecento au Sorano

André Dussollier conte avec majesté et flamboyance la fable mystique et joyeuse de Novecento, ce bébé abandonné dans un bateau et qui deviendra un pianiste virtuose sans jamais reposer les pieds sur terre.

C’est un homme qui prend la mer pour une mer qui a pris un homme, et ne l’a jamais revu poser le pied sur la terre ferme. Novecento. Le court et merveilleux récit du romancier et musicologue italien Alessandro Baricco contant une vie empreinte de fantastique d’un bébé abandonné sur le piano de la salle de bal d’un paquebot, nommé Novecento, tout simplement parce que nous sommes en 1900. Un enfant, qui, dès ses 8 ans, deviendra un pianiste d’exception, nourri de toutes les musiques qui ont rythmé les nuits sur le bateau, Bach ou le jazz naissant, Chopin ou le folklore cuivré des migrants, qui préférera sombrer avec le bateau, lorsqu’il sera détruit.
Témoin de cette histoire et grand messager, l’ami trompétiste. Un narrateur de ce monologue théâtral et musical nommé André Dussollier. L’acteur-comédien campe un homme qui brille dans la discrétion, l’écoute, qui se lie peu à peu d’amitié avec ce fameux Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento. Dussollier joue, de sa voix, la partition de Baricco, comme un instrumentiste exécute un solo. Dans un concert parlé, où André Dussollier n’interrompt sa virtuosité étourdisssante et son sens musical des nuances, que pour laisser filer quelques notes de jazz et notamment du pianiste Elio Di Tanna, celui en qui on projette Novecento.

LE REALISME POETIQUE DE PREVERT
Alors oui dans cette pièce, il y a quelque chose du réalisme poétique cher à Prévert. Des réminiscences d’Alain Resnais, dans « On connaît la Chanson », où André Dussollier est acteur colonne vertébrale.
Avec les mots de Dussollier, les sonorités et les fulgurances traduisent la personnalité de Novecento, ce surdoué, apatride, sans même exister administrativement, et pourtant plus universel que quiconque. « L’immensité des trésors que l’on cherche souvent ailleurs qu’au fond de soi, nos envies, nos rêves, nos peurs, nos désirs, tout ce que raconte cette histoire, j’avais envie d’en faire entendre les épisodes colorés, aussi bien avec les mots d’Alessandro Baricco, qu’en musique et avec la présence,surscène, de musiciens de jazz » confiait André Dussollier avant les premières parisiennes. Vous êtes attendus sur le quai du Sorano pour un embarquement unique.

Représentations les mardi 24 et mercredi 25 février à 20 heures. Théâtre Sorano, 35 allées Jules-Guesde, Toulouse, Tarif réduit chômeurs : 11.80€ , Tarif étudiant : 11.80€ , Plein tarif : 19.80€

Laurent Conreur

 


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