La vague bleue pourrait bien déferler sur une Haute-Garonne peinte en rose depuis 70 ans. Pire même le PS pourrait ne compter aucun canton.
Bleu est l’optimisme. Sans être encore bleu roi, l’union de la droite et du centre en Haute-Garonne voit la vie…en rose à un peu plus d’un mois des élections départementales, les 22 et 29 mars. Alors que les socialistes ne la voient plus en… rose justement, et sentent même les épines de la défaite, de la fin de règne, leur chatouiller l’épiderme. Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole, leader naturel de la grande famille UMP, UDI et centre, dans l’aspiration de sa victoire performée depuis sa prise de fonction au Capitole, annonce sereinement qu’il existe, « un faisceau d’éléments qui rend possible le basculement après 70 ans de pouvoir socialiste. La réforme territoriale et le nouveau découpage ont bousculé le paysage. Mais c’est surtout l’union sans précédent que nous avons réussie dans notre camp qui peut nous permettre de prolonger lors de ce scrutin départemental la dynamique qui a fait jour lors des dernières municipales. »
En effet, les faits valident les pronostics de Jean-Luc Moudenc, si on se penche sur les perspectives de vote dans les cantons haut-garonnais, en établissant un scénario avec comme repères, certes modulables, les dernières élections européennes.
PLUS UN SEUL CANTON POUR LA GAUCHE?
Le PS omnipotent qui règne au conseil général sans coupure depuis 1945 et Vincent Auriol alors aux manettes, et qui, avant ce vote qui sera de toute façon sanction, possède ici 39 des 53 cantons, pourrait bien, « la bise de la gifle venue », se retrouver tout nu et fort dépourvu. Une débandade générale à gauche parce que même avec le nouveau découpage, aucun canton ne serait ni PS, ni Vert,ni PC et ni autre Front de Gauche. La radical-socialisme oublié aux oubliettes. Une vague UMP et centre dans Toulouse et sa zone métropolitaine et une poussée frontiste en terre rurale. Voilà pour le paysage imaginé mais pas si imaginaire que cela. Dans Toulouse intra-muros, le soir du premier tour de scrutin devrait voir le drapeau bleu flotter sur la marmite Capitole, avec des perspectives de second tour pour moitié environ des duels contre le PS, et pour l’autre des triangulaires avec le FN.
Par contre dans de nombreuses autres parties du département, le PS n’obtiendrait même pas les 12,5% des inscrits pour aller en deuxième semaine. La députée UMP et adjointe au maire de Toulouse, Laurence Arribagé se montre toutefois modérée et prudente: « L’arithmétique électorale est plus subtile que cela. La participation sera la clef de ce scrutin. »
Une union de droite et du centre qui part toutefois animée d’un slogan fédérateur: faire de ces élections ordinaires une date extraordinaire, et prouver aux électeurs que le logiciel FN est vide de sens et de perspective.
Laurent Conreur
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