En janvier dernier, un dernier coup de théâtre est venu entretenir le feuilleton de l’explosion de l’usine AZF, le 21 septembre 2001. La cour de cassation a annulé la décision de la cour d’appel de Toulouse qui avait condamné en septembre 2012 l’ancien directeur du complexe chimique AZF et sa maison mère, La Grande Paroisse, pour leur responsabilité dans la catastrophe. Induisant de ce fait un troisième procès à Paris à venir ultérieurement. Si à ce jour, aucune lumière absolue a été faite sans la moindre ambiguïté sur l’origine de l’explosion, un homme, Daniel Depris, présent à Toulouse au moment de cette sinistre catastrophe, relance, via un livre, « AZF : Nouvelles révélations sur la catastrophe de 2001; » paru en librairie cette semaine, la thèse de l’attentat contre la SNPE. Pour étayer son fait, cet homme qui se définit comme le « >pionnier européen de la lutte contre les nuisances de l’environnement », persiste en affirmant que « la piste chimique n’est qu’un alibi », et revient surtout sur la « piste électrique. »
« LA PISTE CHIMIQUE N’EST QU’UN ALIBI »
Pour expliquer sa thèse de la piste électrique, il s’appuie sur la théorie des deux explosions, une première souterraine, et une seconde induite d’un « retour à la terre » en raison de la chute d’une barre sur le transformateur électrique de la SNPE. Il confirme ses dires par des photos et des témoignages probants de employés d’AZF ayant ressenti des chocs électriques et d’autres garantissant d’éclairs électriques au sol. Daniel Depris ajoute que, « Le retour électrique à un ampérage très élevé a atteint la dalle du hangar d’AZF, et fait exploser le nitrate d’ammonium. »
Quid alors de la première explosion? Il avance là aussi des témoignages, expliquant que des hommes avec des lampes auraient été vus près des tunnels. Selon lui, « L’hypothèse d’un attentat est crédible. Mais pas contre AZF. Contre la SNPE et ses matières hautement toxiques. » Ses propos glacent, car l’explosion de la SNPE aurait pu engendrer alors des dizaines de milliers de morts en répandant des produits mortels au-dessus de Toulouse. Quelques jours avant la tragédie du 21 septembre, des menaces auraient été proférées contre le site SNPE….
Certes, on est en droit d’écouter et de se pencher sur toutes les analyses, comme la vérité n’est toujours pas faite, mais pourquoi la commission d’enquête n’a pas relayé les affirmations de Daniel Depris ? Il rétorque que « Tout ce qui n’allait pas dans le sens de la piste chimique était considéré ne pas tenir la route. »
Alors, le mystère demeure…
« AZF : Nouvelles révélations sur la catastrophe de 2001″, Daniel Depris, Tatamis Éditions, 240 p., 20 €
Laurent Conreur
META AREA /META AREA