Sports & Loisirs

Rugby: Castres, la mort devant soi

Castres tétanisé, habité par le doute, n’a jamais pu forcer le verrou toulousain. Aujourd’hui, le CO, champion 2013 et finaliste 2014, dernier est encore plus proche du précipice. Toulouse, loin de son ancien standing, respire un peu mieux en accrochant le Top 6, qu’il n’avait pas occupé depuis cinq mois. Photo AFP

L’un jouait une grande partie de sa survie en Top 14, l’autre son honneur de recouvrer un standing qui bat de l’aile. Et ce match de la peur a accouché d’un face à face crise de nerfs, rude et d’un niveau bas-étage. Surtout que Castres, le plus mal loti des deux, n’avait pas le droit dans son antre de Pierre-Antoine de se rater, sinon il mettait ses crampons encore plus près du précipice. Et que de son côté, Toulouse giflé dimanche dernier par une non-qualification en quart de finale de Coupe d’Europe, n’avait pas trop de crédit pour faire le fier. Donc les calculs aux vestiaires. Gagner quelles que soient la manière, les us et les vices, était de mise dans les deux camps. C’est pour cette raison fondamentale, quoi que, que les actions de standing, de haute volée, n’ont jamais vu le jour dans un match sans éclaircie. Si l’on avait interrogé les ailiers à la fin de la rencontre sur leurs ballons touchés et leurs productions, au Stade, Clerc et Matanavou qui a eu le courage de jouer alors qu’il venait de perdre son papa le matin même, et Grosso et Sivivatu à Castres, on aurait eu droit à un silence de cathédrale, d’obsèques du jeu.

UN FLOOD ENFIN EFFICACE
Alors, Toulouse, peut-être moins souffreteux que Castres malade non-imaginaire, a montré plus d’envie et plus de pragmatisme que les Tarnais. Notamment grâce à sa charnière qui a réussi à huiler une mécanique antérieurement, il y a trois ans maintenant, rôdée au prestige. Un Doussain pressant et précis, et un Flood enfin efficace avec un essai de bonne facture. 10-3 pour Toulouse à la pause, avec un Castres qui avait toujours la touche arrêt enclenché dans son magnétophone à rugby.
De peur de se brûler, les Castrais n’ont que très rarement mis les mains au feu, par crainte des contres toulousains peut-être, et une défense trop souvent portes ouvertes cette année (NDLR: Presque 100 ponts encaissés par Castres lors des deux derniers matches européens, sans oublier quelques belles roustes en championnat). Alors Castres, habité par le doute, n’est que peu sorti de sa tannière, sauf après un gros coup de gueule du staff, mais sans pour autant concrétiser les tentatives par des essais. « Il faudra avoir un autre comportement. En première mi-temps, nous n’avons pas été digne d’une équipe qui veut se sauver » concédait le manager Matthias Rolland, les yeux noirs, après cette troisième défaite (13-9) sur ses terres cette saison. Un coup de plus au moral castrais qui a fait couler les larmes d’un Rémi Lamerat, un des rares irréprochables. Des larmes qui risquent de se généraliser dans le Tarn, car on voit mal Castres, champion 2013 et finaliste 2014, s’extirper des bas fonds avec 5 déplacements sur les 9 derniers matches.
Dans le vestiaire d’en face, on accrochait un sourire à la face, mais pas une franche rigolade. Cela faisait 5 mois et 13 journées que le Stade n’avait pas goûté à la joie de figurer dans le Top 6.

LE TFC RESPIRE UN PEU MIEUX
A la même heure, leurs frères manchots du football, le TFC, vainqueurs à l’énergie 1-0 de Reims, s’offraient un premier succès depuis deux mois. Mais c’est juste un pansement car les joueurs du président Sadran n’affichent pas une santé à toute épreuve.

Laurent Conreur


META AREA /META AREA

À continuer

Sports & LoisirsToulouse à pied : 7 balades pour découvrir la ville autrementSports & LoisirsVincent au Clerc obscur de sa carrièreSports & LoisirsToulouse champion du tour en ballon de l’Euro 2016