Sports & Loisirs

Au Stade de la désillusion

Gaël Fickou, pourtant auteur d'un bon match, peut faire la moue. Le Stade Toulousain, battu à Montpellier, 27-26, dit au revoir à la Coupe d'Europe. Toulouse n'est-elle plus qu'une équipe ordinaire qui doit batailler pour espérer finir dans le top 6 du Top 14?

Clément Poitrenaud, après la fessée contre Bath dimanche dernier à Wallon, ne se voulait pas oiseau de mauvais augure, mais plutôt élément fédérateur et préventif, en déclarant lucide et prudent, « ne gâchons pas tout l’acquis jusqu’alors en Coupe d’Europe cette saison (NDLR: Le Stade Toulousain était tout simplement invaincu) ». Mais selon la fable et la morale, si chère à La Fontaine, mieux vaut être tortue que lièvre. Et le lièvre toulousain a été pris au collet cet après-midi à Montpellier (27-26). Couac, les pattes coupées et le noeud coulant qui vous coupe tout espoir. Le Stade Toulousain dit au revoir à la Coupe d’Europe. Privé de siège dans le quart…à moins que Clermont ne « rapetasse » à Michelin le pneu crevé toulousain en laminant de plus de 35 points les Sarcacens pour, ô miracle, offrir pour l’unité franco-francaise la dernière place de meilleur second au Stade.

VITE SUPPORTER DE CLERMONT…EN VAIN
Reste que plus les années passent et plus ça casse pour la Novès connection, et ça lasse. L’an dernier, une défaite contre la faible Connacht (16-14), et Toulouse se voyait envoyer en quart de finale dans l’enfer du Munster pour y être balayé 47-23.
Cette saison, le feu s’arrête au rouge bien avant. A moins qu’à Clermont… Après la douche froide, les Toulousains devaient certainement chercher à se réchauffer en supportant à 2000% les Clermontois pour espérer l’impossible…Qu’il n’y eut pas.
Et pourtant, ce matin encore, tout comme les jours précédents, les utopistes et supra-optimistes pro-Stade se gaussaient de Montpellier, « Ils sont derniers. On va leur montrer qui on est… »Sauf qu’une équipe en reconstruction, en arbitre n’ayant rien à perdre mais tout à gagner, après l’éjection de Fabien Galthié, et l’arrivée du gourou moqueur Jack White, avec des joueurs qui ont tout à prouver à leur nouveau staff ou se montrer en vue du prochain mercato, n’est jamais facile à maîtriser ou contenir. A moins d’être d’une supériorité écrasante, sans se montrer supérieurs dans le comportement. Cet après-midi, à l’Altrad Stadium, dans ce scénario « Cours après moi que j’attrape la qualif pour l’un, l’honneur et le respect pour l’autre », il en est un qui s’est fait des croche-pieds tout seul. Une défense gruyère, des un contre un, et ils étaient où les Toulousains…voir les ballades du jeune Lucas Dupont qui en trois minutes a remis Montpellier à l’endroit, ou encore l’échappée belle de Paillaugue et les envolées de René Ranger…Des excès d’individualisme pêchés capitaux, certes les deux centres, Fickou et Poitrenaud ont été d’intérêts, mais cela n’a pas été suffisant. Toulouse a trop insuffisant. « Merci Bernard » Berard pour ses deux relances au pied « belles bourdes » pour permettre à Toulouse de marquer deux essais sur contre. Deux essais mais pas un tube. Le Stade Toulousain n’est plus star du rugby.

JUSTE UNE EQUIPE ORDINAIRE…
Quelles seront les conséquences en Top 14, où Toulouse est dans le ventre très mou, va-t-il digérer cette désillusion? On n’ose pas imaginer une non-qualification dans le Top 6. Sinon, Toulouse deviendrait juste une équipe ordinaire, avec peu de super dans le moteur… qui n’est plus une mécanique de précision. A moins de changer des outils dans le garage….

Laurent Conreur


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