3 millions d’exemplaires contre les 60.000 traditionnellement. Le « Charlie Hebdo », post-attentat, numéro 1178, sort demain à un tirage aussi important presque que le nombre de personnes qui ont foulé le pavé en France au cri de « Je suis Charlie » pour dire non au terrorisme, et oui à la liberté de penser et de rire, à la liberté d’être protégé par les forces de l’ordre et à la liberté d’être juif. Ce « Charlie » si particulier, si singulier, sera diffusé dans 25 pays. Et dèjà avant son apparition en kiosque, les demandes d’achats ou de réservation font florès. Avec une clientèle allant des mairies, à des entreprises pour l’offrir à leurs employés, à des théâtres, à des associations en allant jusqu’à des dépositaires de presse localisés en Inde ou en Australie. Pour le premier million d’exemplaires, toute la recette ira au journal, le réseau de distribution ayant accepté de travailler gratuitement.
« JE SUIS CHARLIE: C’EST AUSSI LE DROIT AU BLASPHEME »
Bouclé hier vers 21h30 dans les locaux de « Libération », qui accueille la rédaction de Charlie, ce numéro du « Journal irresponsable » présente une une signé Luz et titré « Tout est pardonné », sous fond vert avec le prophète Mahomet, laissant couler une larme, et tenant une pancarte affichant « Je suis Charlie », se réapproriant ainsi les trois mots qui ont fait le tour du monde après les actes barbares de trois jihadistes qui ont fait 17 victimes.
La mort de ses dessinateurs légendaires Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et Honoré, et de son polémiste économique, le Toulousain Bernard Maris, n’a pas pour autant freiné le droit au blasphème. L’avocat du journal satirique, Maître Malka, confiait d’ailleurs à Libération, « On ne cédera rien, sinon tout ça n’aura pas eu de sens. L’état d’esprit « Je suis Charlie », cela veut dire aussi le droit au blasphème ». Et de réaffirmetr également que Charlie Hebdo n’est « pas un journal violent mais irrévérencieux, qui porte le rire », et qui est et reste en rien « islamophobe. Charlie Hebdo s’en est pris bien moins à l’islam qu’au christianisme. » Et de conclure clin d’oeil rieur, « L’étonnant serait qu’il n’y ait pas de dessins de Mahomet dans ce numéro. »
L.Conreur.
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