Politique & Société

Parce que Charlie Boudjellal

Mourad Boudjellal, le Président du RC Toulon, a permis de rendre, hier à Mayol, lors du match contre le Racing, un hommage puissant, vibrant, saisissant aux victimes des ignobles adhérents des barbus barbares.

Depuis la barbarie, le hashtag de la fraternité « Je suis Charlie », trois mots pour condamner les maux, unissent la planète entière. La France, et notamment aujourd’hui à Paris, mais surtout partout, à Toulouse, à Penne d’Agenais, en Martinique, partout…, est l’épicentre mondial historique du combat contre le terrorisme pour dire « oui » à la liberté. Il y a l’émotion, la solidarité, des complicités et surtout la compassion pour les victimes innocentes et leurs proches. Debout pour continuer, pour dire aux barbus barbares islamiques à l’inhumanité qui les relie aux plus grandes tyrannies de l’histoire, qu’ils ne gagneront jamais. « Je suis Charlie », « Nous sommes Charlie », parce que « Je suis un journaliste et un employé de Charlie », parce que « Je suis un policier », parce que « Je suis un Juif de France »‘.

LE PATRIOTISME DE LA SOLIDARITE AU CENTRE DU TERRAIN
Partout en France, la communion s’est exercée et s’exerce. Et dans le sport notamment. Dans tous les stades et les gymnases de France et de Navarre, avec les professionnels, les amateurs et les anonymes, le patriotisme de la solidarité était au centre du terrain. Une version française du « You never walk alone », « Tu ne marcheras jamais seul », le chant d’union à Liverpool depuis la tragédie du Heysel en finale de la Coupe d’Europe de football contre la Juventus de Turin de Michel Platini.
Dans cette marche sportive où les pas de l’amour se succèdent aux pas pour la survie de la démocratie, où les frissons des minutes de silence respectées, des « Marseillaise » reprises à coeur battant, vous secouent le corps et l’âme, il y a une démarche qui a dressé le poil de moult: celle de Mourad Boudjellal, le président si controversé du RC Toulon. Alors, oui, parce que Charlie Boudjellal. Parce que la jour des assassinats à Charlie Hebdo, il avait parlé du « 11-Septembre de la presse », « Parce que l’on ne meurt pas comme ça, parce qu’on dit ce que l’on pense ».

UN MAYOL DEBOUT LA FRANCE
Hier, dans un Mayol de France, parce que « Je suis Charlie », parce que « Je suis policier », parce que « Je suis Juif », Mourad Boudjellal, ancien éditeur de Soleil Productions, (NDLR: Amis des dessinateurs, il avait notamment édité Charb et un livre en 1995, « Charlie saute sur Toulon »), a rendu un hommage puissant, émouvant, à chialer, aux victimes des ignobles. La gorge serrée, nouée, Bernard Laporte, le coach varois, ému, signifait simplement et humblement: « J’ai rarement ressenti une émotion aussi forte dans un stade et j’en ai vu des matches ». A l’annonce des joueurs, des entraîneurs et des arbitres, tous étaient rebaptisés du prénom Charlie. Résonnait ensuite au lieu de l’habituel « Coup Santo » par le groupe Occi’Cant, un émouvant « L’Estaca », le chant catalan de résistance composé par Lluis Llach. L’entrée des joueurs était ensuite accompagnée de la chanson pour la paix de John Lennon, « Imagine ». Les rugbymen arborant tous un tee-shirt « Nous sommes tous Charlie » se plaçaient ensuite mélangés entre Toulonnais et Racingmen au centre du terrain pour une minute de silence. Mourad Boudjellal, les yeux mouillés, prenait le micro pour demander une minute d’applaudissements, « Les saltimbanques n’auraient pas aimé une minute de silence. On applaudit les saltimbanques ». En continuité de toutes ces mains qui battaient la chamade, une saisissante « Marseillaise » enveloppait comme un cocon de liberté et de partage un Mayol uni et réuni. Puis vint le Pilou Pilou révisité pour la cause, par un « Parce que Toulon » substitué par un « Parce que Charlie ». A vous secouer les tripes.
Durant tout le match, alors que des Unes du journal satirique défilaient sur l’écran géant, à l’annonce d’un nom d’un joueur, chaque fois son prénom originel était remplacé par celui de Charlie. « On a montré qu’on ne se laissera pas faire » témoignait debout pour la France Jean-Charles Orioli, le talonneur de Toulon. Alors, oui, merci Mourad Boudjellal… »Parce que Charlie Boudjellal », « Je suis Charlie », « Je suis policier », « Je suis Juif ».
Au fait, Toulon a gagné 32-23….

Laurent Conreur


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