
Dieudonné, le bouffon antisémite, inventeur de la quenelle, symbole associé du salut nazi, du bras d’honneur, de la haine des juifs et de l’antisystème, est attendu le 10 janvier au Zénith de Toulouse. Faut-il l’inviter ou lutter contre lui sur le terrain politique mais aussi judiciaire?
2014 fut la triste année de la quenelle, vague synthèse du salut nazi et du bras d’honneur, de la haine des juifs et du rejet du système, inventée par un bouffon antisémite. Et la digestion encore indigeste, voilà que l’on nous ressert le plat Dieudonné avec sa venue samedi prochain 10 janvier au Zénith de Toulouse. Avant de s’arrêter sur la polémique que suscite le spectacle, revenons sur le retour de boomerang de la quenelle en pleine figure du bonhomme…enfin si l’on peut parler de spectacle, mais plutôt de meeting politique, car le personnage, dont les premières ignobles outrances ont généré des réactions le marginalisant tout en le radicalisant encore plus, a créé un parti politique avec l’essayite d’extrême droite Alain Soral.
Car oui Monsieur Dieudonné Mbala Mbala s’est vu interdire son spectacle « Le mur » par le Conseil d’Etat, a pris dans les dents une cascade d’ennuis judiciaires et fiscaux, puis une mise en examen. Une liste de condamnations qui n’a pas pour autant assagi l’animal qui n’a pas l’intention de faire amende honorable, au contraire, puisqu’il s’est même gaussé de la décapitation du journaliste américain James Foley par les extrémistes islamites. Et pour en rajouter un peu plus à sa liste noire, celui-ci n’est pas prompt à payer ses dettes et ses amendes, s’élevant à plusieurs milliers d’euros. Pour survivre, le pauvre a sollicité des dons auprès de ses fans, qui vont de l’extrême gauche à la famille Le Pen, au négationniste Faurisson en passant par les jeunes issues de la récente immigration, tous nourris par un antisémitisme qui subsume les différences et rapproche des personnes que beaucoup de choses séparent pourtant…Quoi que…
UNE PROPOSITION DE PAIX: ULTIME PROVOCATION OU REDEMPTION DOUTEUSE?
Un Dieudonné, qui, via ses avocats, aurait écrit le mois dernier au ministre de l’Intérieur pour faire la paix. Nouvelle provocation? « Une rédemption plus que douteuse » commente Gérard Folus, le vice-président national et président Midi-Pyrénées de la Licra. Il faut savoir que dans sa dernière production, où à travers un esclave noir nommé Anelka (…est-ce pour rendre hommage au footballeur qui l’a soutenu?) en procès avec un esclavagiste juif aux Antilles, Dieudonné met sur le même pied le massacre des Indiens d’Amérique au regard de la Shoah. Alors faut-il inviter un tel personnage à Toulouse dans une ville traumatisée pour l’éternité par les abjects massacres de Merah? Contrairement à l’an dernier, lors de sa venue, le conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), la Ligue des droits de l’homme (LDH) et la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) ne se réuniront pas devant le Zénith pendant que le personnage déblatère ses diatribes devant ses fans. Nicole Yardeni (Crif) préfère opter pour « une protestation silencieuse ». Jean-François Mignard (LDH) pense « qu’il faut combattre Dieudonné sur le terrain politique », afin de ne pas le victimiser davantage.
Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, estime pour sa part que « Le spectacle en soi ne peut être interdit. À titre personnel, je suis favorable à ce que Dieudonné ne tienne pas son spectacle. J’ai toujours condamné ses propos et j’avais d’ailleurs soutenu la démarche de Manuel Valls ». Vigilent, Jean-Luc Moudenc a toutefois saisi le Préfet pour lui demander d’évaluer le risque de trouble à l’ordre public que peut provoquer la venue à Toulouse d’un tel personnage.
Laurent Conreur
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