Culture

Le top 5 des personnalités toulousaines 2014

Lydie Salvayre, Prix Goncourt 2014 pour "Pas Pleurer".
Jean-Luc Moudenc, élu en mars dernier maire de Toulouse, ne cesse de prôner son crédo: Sagesse, engagement, efficacité.

Jean-Luc Moudenc, élu en mars dernier maire de Toulouse, ne cesse de prôner son crédo: Sagesse, engagement, efficacité.

Nicolas Brousse, chef de « Monsieur Marius », jeune talent 2015 Gault&Millau.

Jean Tirole, Prix Nobel d'Economie 2014 pour son "Analyse de la puissance du marché et de la régulation."

Jean Tirole, Prix Nobel d’Economie 2014 pour son « Analyse de la puissance du marché et de la régulation. »

Marjorie Mayans, trois-quart centre internationale du Blagnac-Saint-Orens, égérie du rugby féminin mais aussi brillante étudiante.

 Il est toujours subjectif, et certains diront même obsolète ou partisan, de nommer les personnalités qui ont participé à l’épanouissement, à l’attractivité, à la renommée de Toulouse au cours de l’année écoulée. Mais, qu’importe, et voici notre palmarès.

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, Président de Toulouse Métropole

« Rappelez-vous les sondages, ils nous donnaient battus. Je ne cessais de dire que seule la réalité du terrain apporterait la vérité. Et sur le terrain, on nous a vus tout au long de la campagne, tellement vus qu’il n’y avait que nous et vous. Et la vérité a parlé avec le résultat des élections » se réjouissait Jean-Luc Moudenc, vainqueur à l’énergie d’une course de fond municipale en mars dernier avec 52,06% des voix contre le maire socialiste sortant, Pierre Cohen. Et depuis qu’il a pris les clefs du Capitole, Jean-Luc Moudenc s’est adonné à son exercice sans artifice mais avec la tolérante rigueur et la sagesse justifiée qui le caractérisent. Rendre la ville plus sûre et plus sereine est un de ses leitmotivs assurés, avec l’engagement de doubler les policiers municipaux corroboré depuis hier par la signature du ministre de l’Intérieur de multiplier à Toulouse les policiers nationaux, avec l’installation des caméras de vidéoprotection, le réarmement des policiers, la création des brigades d’intervention rapide en attandant d’autres mesures phares. Toulouse « Ville attractive et intelligente » trouve avec le Maire de Toulouse tout son écho: la Ville rose sera ville européenne de la Science en 2018; la cité avec son projet urbain à Matabiau redonnera toute la dimension à Toulouse, le label French Tech garantit que l’excellence Made in Toulouse n’est pas une illusion. Le bien-vivre ensemble dans l’harmonie dans un Toulouse, « ville attractive et intelligente », ville à l’écoute avec le retour des maires de quartiers, résonnera encore avec lui et son équipe l’an prochain…et des années encore. Avec ce crédo: «  »Le travail consiste à respecter la parole donnée ». Sagesse, engagement, efficacité.

Lydie Salvayre, Prix Goncourt 2014
Le Goncourt est à la littérature tous les ans ce que le Brennus est au rugby. Si tous espèrent dans la Ville rose que le Stade Toulousain lève le Bouclier un soir de juin prochain au Stade de France, Toulouse peut se glorifier de compter en son sein et « saint » palmarès la lauréate 2014 du plus prisé des prix littéraires, la romancière Lydie Salvayre pour son livre « Pas pleurer » (éditions Seuil).
Dans « Pas Pleurer », l’auteure dresse le récit de la guerre d’Espagne en s’épaulant sur sa mère, ex-réfugiée espagnole et âgée de 15 ans à l’époque qui vit à Barcelone l’émerveillement d’une révolution libertaire, mais aussi sur la vision révoltée de Georges Bernanos, révulsé par les atrocités de la nuit franquiste. Deux voix, deux regards qui sonnent étrangement avec nos réalités actuelles. Deux postures sublimées par l’art romanesque de Lydie Salvayre, qui oscille entre violence et insouciance appuyées par une écriture tantôt impeccable, tantôt alègrement violentée.
Venue au monde en 1948 à Auntainville, Lydie Salvayre, de son vrai nom Lydie Arjona, est fille d’exilés ibériques ayant fui le franquisme et souhaiant faire le deuil de leur Espagne natale. Lydie Salvayre a passé son enfance à Auterive, près de Toulouse, dans le monde très modeste d’une colonie de réfugiés espagnols. Licenciée de Lettres modernes à la faculté de Toulouse, Lydie Salvayre tourne la page vers la médecine, et diplômée, elle se spécialise en psychiatrie.

Jean Tirole, Prix Nobel de l’Economie 2014
Plus d’un siècle. Une éternité que Toulouse attendait un prix Nobel après celui reçu en Chimie par Paul Sabatier en 1912. Le nirvana até touché par Jean Tirole, prix Nobel de l’Economie primé pour son « Analyse de la puissance du marché et de la régulation. » Avec celui attribué à Patrick Modiano en Littérature, la France qui gagne est revenue à la table des félicitations. La nommination suprême de Jean Tirole n’a pas choqué la planète économique tant son nom circulait depuis quelques années dans les couloirs de l’académie à Stockolm. Sauf pour lui, comme l’annonçait avec la modestie qui le caractérise selon ses proches, le Président de « L’Ecole d’Economie » de Toulouse: « C’est une grosse surprise qui fait plaisir. On n’est pas très bon juge de ses propres travaux et donc ce n’est pas quelque chose sur lequel je comptais ». Humble et posé, il ajoutait: « L’attribution du prix Nobel ne va rien changer pour moi. Ce que j’aime, ce sont les formes de recherches dans lesquelles je vis et les amis que j’y côtoie. Et puis faire faire ma recherche avec mes étudiants, j’espère ne va pas trop changer. »
Troisième français primé, après Gérard Debreu en 1983 et Maurice Allais en 1988, Jean Tirole est présenté par le comité Nobel comme « l’un des économistes les plus influents de notre époque. Il a surtout clarifié la manière de comprendre et réguler les secteurs comptant quelques entreprises puissantes. Il s’est égélement fait remarquer en prônant  » une réforme rapide du marché de l’emploi assez catastrophique en France. »

Marjorie Mayans, trois-quart centre internationale du Blagnac-Saint-Orens
Corps bien fait dans tête bien pleine…et avec un visage de star de ciné. L’adage colle à la peau douce comme les crampons dans la fange à Marjorie Mayans, la rugbywoman centre internationale du Blagnac-Saint-Orens, qui, en cette fin d’été dernier, a mis un joli coup de pied au machisme de l’ovalie avec l’équipe de France féminine lors de la Coupe du Monde. Un XV de France qui a vu le titre lui glisser des mains comme un ballon savonnette, pour toutefois prendre une remarquée médaille de bronze. Icône code de ce rugby féminin, jeu de main, jeu de festin, Marjorie Mayans a aussi sur le terrain don d’ubiquité pour plaquer caramel pas mou du tout les adversaires. Mais ne soyez pas hors jeu, ne prenez cette « catwoman » pour illégitime intellectuelle genre bourrin au masculin, Marjorie, l’égérie de la scène féminine, est une top étude, avec une présence en cinquième et dernière année en Master 2 Sciences Politiques à Toulouse. « C’est vrai que ce n’est pas évident de combiner sport de haut-niveau et études, mais je ne vais pas me plaindre. Cela me fait voyager. »
Il n’en reste que sur les deux pelouses, Marjorie Mayans transforme les essais avec efficacité. «  Euh…oui oui! Cette année 2014 a été très riche en émotions et j’espère que cela va continuer ainsi. Concernant la médiatisation, nous avons eu pas mal de retombées par le biais des médias, des articles. » Ce bel élan, Marjorie veut le poursuivre dans une foulée fantastique vers Rio avec l’équipe de France à 7 pour les JO 2016, avec avant un lucratif arrêt sur image pour le Tournoi des VI Nations 2015 avec le XV tricolore pour conserver le Grand Chelem. « Pour ma part, je me prépare au fur et à mesure des compétitions qui arrivent. » Au service de l’intelligence.

Nicolas Brousse, chef de « Monsieur Marius », Jeune Talent 2015 Gault&Millau
« Oh purée » pourrait-il prononcer. Cette expression enfantine et ménagère persillerait ainsi un parcours professionnel qu’il a choisi vers 7-8 ans, « Alors que mes copains à l’école hésitaient entre pompier et médecin, moi je savais déjà que je voulais être cuisinier ». Nicolas Brousse, le chef de « Monsieur Marius », rue des Filatiers à Toulouse, pouvait laisser venir à lui, à Roubia, un petit village entre Narbonne et Carcassonne, veaux, vaches, cochons, et voir pousser en toute liberté tomates, fraises et persil. S’il avait donc vite mis les pieds dans le plat de sa vie, Nicolas Brousse est venu plus tard aux fourneaux pour faire chauffer sa passion. « Je n’ai commencé à cuisiner qu’en arrivant à l’école hôtelière! Mon premier stage je l’ai fait au Campanile, une déception, j’ai voulu arrêté je pensais m’être trompé, j’ouvrais des poches toute la journée! Heureusement le second stage, je l’ai fait dans la vallée de l’Aude ou le chef faisait tout, j’ai su que c’était ce que je veux faire. » Et c’est ensuite que Nicolas Brousse pouvait déjà faire clignoter la modernité de ses ruptures après un parcours plutôt classique et basique, BEP, Bac Pro avec une mention complémentaire en pâtisserie. Cette mention lui ouvrira les portes de chez Franck Putelat puis de chez Michel Saran, deux tables doublement étoilées. Après sa première place de chef à Narbonne, et un pèlerinage dans une grosse brigade à Aix-en-Provence, le jeune audois tiendra sa première table en décembre 2013 avec sa compagne pour faire chanter sa créativité en faisant une cuisine qui vient de lui, qui part de loin, et qui est pimentée d’émotion et de sensibilité.
Aujourd’hui nommé Jeune Talent 2015 Gault&Millau, même si les étoiles, il préfère les voir loin de son ciel, Nicolas Brousse est un chef avec son goût à lui, très marqué, bien en sel, vif sur les amertumes, qui préserve ses racines du Sud-Ouest en y injectant du contemporain. Sans contrainte. Adepte des recettes bistronomiques, il confirme que « nous faisons des plats à l’instinct, qui nous ressemblent. » Et lui le pâtissier de formation de préparer un petit bijou, le Paris-Toulouse, sa variante du Paris-Brest. De quoi pour mettre l’appétit sur les rails.

Laurent Conreur


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