Politique & Société

Toulouse: s’il n’est pas attendu comme le messie, Bernard Cazeneuve est reçu de pied ferme

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve est attendu ce matin à 11 heures à Toulouse. Il aura à répondre à des dossiers chauds: la lutte contre les réseaux islamistes, la violence faite aux forces de l’ordre, la densification des gangs et le manque d’effectif de policiers nationaux.

 

S’il n’est pas attendu comme le messie, il sera par contre reçu de pied ferme. Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, n’arrive pas à Toulouse à 11 heures ce matin pour quelques agapes festives. Dans la cité tristement baptisée « ville de Merah », Bernard Cazeneuve, s’il n’amène pas une malle de cadeaux, va toutefois devoir ouvrir la boîte à réponses, tant aux policiers qu’au maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, car les doléances sont légions et pertinentes.
Avec comme première mise en bouche une réunion de travail à l’Hôtel de Police en compagnie des services de police et de renseignements. Et justement, les langues vont se délier à l’encontre du « premier flic de France ». Après l’immonde affaire Merah et ses prolongements familiaux pitoyables, Toulouse vit avec une ramification des réseaux islamiques et une densification des cellules de recrutement jihadiste, qui pourrissent le panorama de Toulouse et sa région et nuisent à l’image. Dans un tel contexte, le ministre de l’Intérieur va-t-il annoncer des renforcements des moyens d’intervention de la DCRI à Toulouse, Albi ou Tarbes?

« IL NOUS MANQUE A MINIMA150 POLICIERS »
Ensuite que va répondre Bernard Cazeneuve à des policiers, qui il y a un peu plus de deux mois, ont organisé une manifestation inédite à Toulouse pour se plaindre d’un manque d’effectif criard pour répondre à toutes les manifestations violentes après la mort du zadiste Rémi Fraisse dans le Tarn qui ont pollué la vie des Toulousains. Mais aussi pour lutter contre la radicalisation des gangs provoquant des règlements de compte par arme à feu sous fond de trafic de drogues lucratif, sans occulter toutes les violences à l’encontre des forces de l’ordre. Didier Martinez, le secrétaire général de Midi-Pyrénées du syndicat majoritaire Unité SGP-Police, se montre clair avant la réception du locataire de la place Beauvau: « Nous sommes 1260 policiers, et pour assurer un rythme normal de fonctionnement, il faudrait que nous soyons 1400. Ce minima de 150 policiers supplémentaires est parfaitement cohérent vu les récents événements de l’actualité à Toulouse. Voilà l’annonce que l’on attend du ministre. »
Après ces premières requêtes et attentes cohérentes, le ministre de l’Intérieur devra répondre à 14 heures aux problématiques posées par Jean-Luc Moudenc, qui attend que l’Etat suive dans le même rythme les mesures prises par la municipalité sur l’augmentation des effectifs de la police municipale: « J’attends dans un premier lieu, la confirmation d’une coopération renforcée entre polices nationale et municipale. J’attends un engagement supplémentaire de la part de l’État, compte-tenu de la situation qui s’est dégradée à Toulouse et de l’effort consenti par la municipalité. Nous avons garanti la population de doubler le nombre de policiers municipaux, une mesure totalement autofinancée. Je demande en parallèle la même hausse des effectifs de policiers nationaux. De nombreux rapports prouvent que les effectifs de policiers nationaux, d’officiers de police judiciaire, ne sont pas à la hauteur des enjeux de sécurité publique à Toulouse. J’attends du ministre que je sais soumis à des contraintes budgétaires, qu’il enclenche un processus de rattrapage. » Il faut dire que l’ancienne municipalité considérait de façon dogmatique que la sécurité des Toulousains n’était pas de son ressort…

Laurent Conreur

 


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