Feu Chatterton, les cinq dandys parisiens, se baignent dans les eaux agitées de la culture de la chanson française. Du Bashung en version surréaliste.
L’année pop-rock-electro-rap-soul 2014 n’a pas fait exploser les amplis des révélations fracassantes, mais a plutôt joué en accord avec les confrmations ou les consécrations attendues, et la confirmation aussi en écho que les habits de scènes ne font pas les moines de sons. Alors, et si la subjectivité du choix demeure le tempo du gimmick, gloire cette année à un trio formée d’une jeune reine, d’un éternel jeune premier toujours éveillé et d’un vieux barde jamais rassasié. Sur le trône siège Christine and The Queens, et son « Chaleur humaine », un opus où ses désirs secrets s’accordent avec une musique qui malaxe electro et r’n'b, où le prix de l’audace touche les dividendes du danger maîtrisé de main de…reine. Avec sur le podium aux côtés de l’andro-originale, le génial transgenre (musical) Damon Albarn, qui a coupé le son tubesque de son Blur de naissance rock-star, « rock against Oasis » et de la cartoon pop and fun de Gorillaz, et qui nous a fait lambiner pour sortir après 25 ans de carrière son premier bijou solo » Everyday Robots » à écouter en chambre avec vue sur la mélancolie et les ballades bucoliques. Pour conclure cette triplette de belle vie musicale, le micro est ouvert à Jean-Louis Murat, l’Auvergnat, qui avec sa façon d’artisan, et ses compagnons de fortune, Delano Orchestra, livre un « Babel » qui fait monter haut dans la tour, et dans les tours, le deuil et la vie.
Avec un zeste de flair, on se permet de chasser dans certaines contrées uniquement françaises pour faire lever vos oreilles et rester ainsi à l’arrêt volontaire à l’écoute de quelques pépites.
Feu Chatterton: Les branchés connaîssent déjà le qunitet des dandys parisiens. Enfants d’Oscar Wilde, de Bashung, et d’André Breton, ils remettent dans le sillon des textes jeu de l’oie de mots, des mélodies sages et trash. Des cadavres exquis, comme ils se définissent dans une de leurs chansons, avec des palabres exquises.
Kid Wise: A première écoute, coûte que coûte, on bascule illiso presto dans l’extase. Les six Toulousains, jeu de mains, jeu de Toulousains, vont très vite dans tous les coins du terrain rock avec liberté et audace. Panache et apanage de la jeunesse, de son énergie à brûler et de son hédonisme. Les guitares rugissent en toute innocence, comme le titre du premier album prévu le 2 mars.
Rendez-Vous: On ne va pas faire dans le cocoricorock, quoi que. Avec Rendez-Vous, les modèles anglo-saxons n’ont plus…rendez-vous. Ces sacrés zozos signent un tour de magie, rien dans les mains, rien dans les poches, pour détrousser la new-wave en la rendant plus déglinguée et plus magnétique. En écoutant « The others », on se sent téléporté dans une Hacienda de Manchester restaurée par des architectes français sans interdit.
Camp Claude: Le Camp Claude de la jeune et jolie photographe Diane Sagnier, et des 2/3 de Tristesse Contemporaine, s’il ouvre la porte de son campement à une electro de vitrine, laisse passer le soleil brûlant du rock garage des 90′s et la patate des riot grrls. Sorte d’Amy Winehouse, country soul sans excès de détresse, Diane Sagnier, à la lèvre lippue qui fait des ravages, sait faire souffler un vent chaud et sensuel. Houah!!!
Radio Elvis: Sous ce nom rock au bagne, il y a un dénommé Pierre Guénard, à l’origine slameur. Depuis ce premier jet, il se lance, corps en déséquilibre, dans un rock « black is black », baudelérien et borné hors les bornes. S’il ne voyage plus en solitaire, il navigue entre marine et conquêtes espagnoles, avec des ressacs rappelant tant Dominique A et Murat pour les contes et légendes et 16 Horsepower pour les échappées sauvages.
Laurent Conreur
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