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Marcelo Bielsa, Marseille « l’haut aime »

Marcelo Bielsa n'a que d' "El Loco"le surnom car le coach argentin de l'OM est un cerveau, certes intransigeant, mais diablement efficace. Aujourd'hui à Marseille, champion d'automne, on ne jure que par lui.

Le fessier sur sa mythique glacière, Marcelo Bielsa a réchauffé les coeurs marseillais. Bielsa, Marseille « l’haut aime ». Surtout depuis hier, dans un Vélodrome en fusion-réaction battant son record d’affluence avec 62408 spectateurs, que l’OM est devenu champion d’automne et champion « détonne », devant Lyon, qui avec sa jeunesse triomphante Lacazette-Fékir, a rugi de plaisir à Bordeaux dimanche (5-0), et un PSG, Pas Si Grand que l’on l’imaginait.
Si cet accessit à mi-parcours n’assure pas du triomphe au printemps, quoi que les statistiques prêchent pour le triomphe des premiers à Noël, sept des dix derniers champions d’automne ont été titrés, il garantit que l’investissement olympien sur « El Loco » n’était pas si fou que cela. Car le fascinant gourou n’a de fou que le surnom, car le bonhomme est un cerveau. Un coach exigeant, parfois intransigeant et cassant, qui a réussi le tour de magie sans trucage d’inoculer à ses joueurs l’obsession du détail, et une culture du travail à bout de souffle à l’entraînement, pour être Olympique en match. A ce jour, le pari paye, avec 13 victoires en 19 matches, et trois défaites contre ses rivaux directs, PSG, Monaco et Lyon, que l’OM recevra au retour pour asseoir sa suprématie et son crédit.

SA STRATEGIE: BASIQUE IN FINE
Alors comment Bielsa, avec le même effectif pratiquement à l’identique que l’an passé a su transfigurer des joueurs voués aux critiques et aux châtiments: un Fanni tricard et envoyé dans le loft et qui aujourd’hui est au top dans le in; Un Morel hué, sifflé, haché menu et qui renaît de ses cendres pour s’envoler en défense centrale: Un Imbula d’une inconsistance maladive et qui s’est mué en indestructible poutre au milieu. Et même Mandanda, qui fonctionnait en régime alternatif, et qui tourne maintenant en régime continu. Sans parler de Gignac, affûté comme un jeune premier, les kilos superflus fondus comme du beurre au soleil de la Cannebière.
Parce que Bielsa, le torturé d’apparence, ne se torture pas la tête avec ce qui oscille dans le clair très obscur. Avec lui, tout est clair justement, et c’est sa faculté de donner du sens à ce qu’il voit. Ce qu’il voit sur l’instant, le présent. Sa stratégie? Basique un fine: du jeu, du pressing, de l’envie, du jeu, de l’engagement à fond la forme, et encore du jeu. Et la plus-value de cette dimension physique est que Bielsa y a ajouté la dividende émotion. Car oui, cet OM, on l’aime. Et Bielsa hérite avec d’un sacré coup de coeur.

NEGOCIER SES DROITS A L’IMAGE
Côté pile Bielsa, côté face El Loco. La pièce à l’effigie de l’entraîneur argentin peut rapporter gros en produits dérivés. Sauf que pour l’instant dans son contrat, il n’est pas question de droits à l’image. Le Président Olympien, Vincent Labrune, garantit oeuvrer pour réparer cette omission: « On est en renégociations avec Bielsa à ce sujet, c’est vrai. C’est un dossier intéressant, car il y a une vraie demande des supporters. L’idée est de surfer sur cette popularité immense et de trouver un accord avec notre entraineur pour commercialiser des produits dérivés avec son image. » Sauf qu’avec lui, mieux vaut être …clair, comme ses idées, pour ne pas la brouiller avec les dirigeants.

Laurent Conreur

 

 


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