La star All Black Daniel Carter devient avec 1,4 millions d’euros annuel en signant au Racing Métro, le joueur le plus cher de l’histoire. Et dire qu’il aura 34 ans lors de son arrivée et 37 à la fin de son contrat. Les gros salaires flambent en France dans le rugby. Photot L’Equipe.
Un certain Ugo Mola, rugbyman-es pragmatisme, aujourd’hui manager d’un Albi ressuscité en Pro D2, confiait il y a quelques années au coin du ruck: « Tout le monde pense que le rugby, c’est le monde des bisounours. Je dis méfiance, c’est bien le contraire, l’argent arrive en masse. Soyons très prudents. Attention à la dérive. Dans le foot, l’argent est un paramètre énorme, mais on le sait et cela fait longtemps qu’il en est ainsi. » Sage Ugo Mola. Je dirais surtout visionnaire Ugo Mola.
CARTER LE JOUEUR LE PLUS CHER DE L’HISTOIRE
La signature hier de Dan Carter, ouvreur des All Blacks et considéré comme l’un des meilleurs joueurs sur la planète ovale, au Racing Métro, pour 1,4 millions d’euros annuel, vient un peu plus affoler les compteurs. Jacky Lorenzetti, l’argentier président des Racingmen, se pince pour croire vraiment que cette OPA est bien réelle. « Cette signature n’est pas un caprice, mais c’est quand même un énorme plaisir. Carter, c’est le Federer ou le Messi du rugby. » Certes, mais quand il posera son sac à Paris pour le remplir de liasses d’euros, en décembre 2015 après la Coupe du Monde, le magicien black filera vers ses 34 printemps, et il flirtera avec les 37 à la fin de son contrat en 2018. Et comme le bonhomme est un play-mobil qui a souvent réparé des pièces de sa biomécanique, main, mollet, épaule, tendon d’Achille, ou péroné, on peut tout de même douter que son âge et sa santé suivent le courant du fleuve sans vague espéré par le Président parisien. Jacky Lorenzetti espère peut-être une copie bis repetita de la résurrection Jonny Wilkinson à Toulon, débarqué en pièces à Toulon et pour lequel Mourad Boudjelall and Co avaient trouvé les clefs anglaises pour faire de Sir Jonny un king.
Enfin, on suppose, on suppute…mais ce qui est clair comme de l’eau de Lourdes, c’est que le feu financier prend dans la maison ovale, avec les grands joueurs de l’hémisphère Sud pour la plupart qui viennent monnayer à taux exorbitant leur talent dans certains pôles au Nord, en Angleterre, mais surtout en France, avec également un Japon qui sort de plus en plus les gros chèques.
L’INFLATION FAIT BAISSER LE SALAIRE MOYEN
Cette folie des transferts, si elle entretient le délire, les paris et les titres ronflants de la presse, a ses effets collatéraux néfastes. Le petit peuple du rugby, moins sous les sunlights, en paye la note. L’an dernier, et on ose imaginer ce qui va se passer cette année, les contrats négociés à l’intersaison étaient révisés à la baisse de 10 à 15%. Avec un double effet kiss pas si cool, quoique, de voir le salaire moyen mensuel, assez ronflant toutefois de 11.000 euros nets en 2012-2013, baissait un peu plus. Avec l’an dernier, la première place au palmarès des nantis, Jonny Wilkinson avec 56.000 euros mensuel (avec ou sans prime????)
En 2015, si ce salaire moyen connaît une descente, avec les grosses fortunes encore plus grosses, on en déduit sans être Pythagore, que les plus petits revenus d’ovalie vivront une saignée. Car quand on voit le prochain Top 10 des fortunes annuelles rugbystiques, on est en droit de se dire que le rugby devient foot, ou fou, c’est comme vous voulez.
PARRA 7e DU TOP 10 ET PREMIER FRANCAIS
En tête de gondole, la marque Daniel Carter pèsera donc 1,4 millions d’euros. Son dauphin, l’Australien de Toulon, Matt Giteau, remplit son short de 900.000 euros. Leigh Halfpenny, l’arrière gallois de Toulon, enfile son casque de bronze pour 750.000 euros. A la quatrième place, on voit déborder la diva du XIII anglais, Sam Burgess, qui est passé chez l’ennemi en signant à Bath pour 640.000 euros. L’Irlandais Jonathan Sexton pointe à la 5e place avec 630.000 euros au Racing…avant de quitter Paris…pour quelle somme? 6e, la flèche supersonique de Toulon, le sud-af, Bryan Habana, touche la cible avec 600.000 euros. Il faut arriver à la 7e place pour trouver le premier français de ce classement, Morgan Parra avec 550.000 euros, suivi du black destructor toulousain Thierry Dusautoir, avec 520.000 euros. 9e, et c’est du lourd pour un futur retraité potentiel, mais toutefois toujours aussi mordant, la poutre de Toulon, Bakies Botha. Le médecin et intello gallois du Racing, Jamie Roberts ferme le bal du gang des 10 « blindés »du rugby.
Avec les arrivées programmées ou en négociation de nouveaux cadors, la bourse d’ovalie va encore revoir son cours à la hausse. Notamment avec celle officielle après la Coupe du Monde du buldozzer australien Adam Ashley-Cooper à Bordeaux-Bègles. Et si….le pyromane Mourad Boudejellal s’enflamme avec son désir des quatre fantastiques, avec déjà, sans compter les transferts de Français d’avenir, les Lassale ou Pélissié, un coup avec l’atterrissage sur la Rade de l’US Air Force de Northampton, Samu Manoa. Imaginez si le gringo toulonnais tire les gros lots All Blacks, Ma’a Nonu et Richie McCaw, le kangourou sublime Israël Folau et l’albatros sud-af Eben Etzebeth, il y aura encore plus de 0 après le dernier chiffre. Si vous rajoutez le filou et filon d’or Will Genia annoncé au Stade Français et l’artiste et fulgurant acrobate Quade Copper chez un club huppé européen, le délire financier n’aura pas trouvé son arbitre. Attention au hors-jeu.
Laurent Conreur
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