
Coup de filet aujourd’hui dans la filière jihadiste. Sur les 10 arrestations, sept ont été effectuées à Toulouse, Colomiers et à Graulhet.
La filière jihadiste gangrène Toulouse et sa région. Personne ne peut le nier tant l’actualité en témoigne. Si le coup de filet aujourd’hui de démantèlement d’une filière d’acheminement vers la Syrie de candidats au jihad rassure un tant soit peu. L’ampleur d’un phénomène nauséabond ne cesse de prendre malheureusement de l’ampleur. En plus de la région toulousaine, la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire française et des hommes du Raid, aidés d’autres forces de police a procédé au total aujourd’hui, avec des arrestations en Normandie et en région parisienne, à une dizaine d’interpellations.
Sur les dix gardés à vue ce jour, quatre personnes ont été attrapées à la prison de Toulouse, où ils étaient en détention provisoire pour vol d’armes depuis décembre 2013.
Sur les 10 présumés djihadistes, dont l’âge oscille entre 19 et 34 ans, six, dont une femme, ont été pris par les forces de l’ordre en Haute-Garonne, à Toulouse et à Colomiers. Un autre a été interpellé à Graulhet dans le Tarn, qui justifie une fois encore que la toile d’araignée jihadiste s’etend au-delà de Toulouse. Et notamment dans le Tarn, et le pire, selon les premiers éléments de l’enquête, cette filière tarnaise, dite prudente et active, pourrait avoir des ramifications dans toute l’hexagone. Et qui sait peut-être à Lunel, cette croyait-on tranquille cité de l’Hérault de 25.000 habitants, qui paye un lourd tribu au jihad. Six jeunes Lunéllois, convertis à l’islam radical, ont perdu la vie sur le front au Moyen-Orient au nom du jihad.
80% DE CANDIDATS EN PLUS EN UN AN
Et combien demain? Car la peste gagne du terrain. Cette année, la France a subi une véritable propagation du nombre d’apprentis-jihadistes partant pour la Syrie et l’Irak. Depuis janvier dernier, leur nombre aurait connu une abominable croissance de 80%, selon les déclarations du ministre de l’Intérieur. Et combien demain, là-bas, mais peut-être ici en France aussi. Car ne l’occultons pas, et c’est là que l’angoisse s’installe: le plan maccabre des chefs de guerre islamistes radicaux est qu’un candidat au jihad de retour dans son pays initial y réalise un acte terroriste.
Dans le cadre d’un plan antijihad, le Gouvernement a mis un numéro vert à disposition des familles et des proches de jeunes radicalisés. (08.00.00.56.96) . Un bilan effectué début novembre aurait signifié 625 signalements « pertinents et avérés ». Ce qui aurait permis, selon le ministre de l’Intérieur, d’éviter 70 ou 80 départs de plus pour la Syrie. Mais est-ce suffisant?
Laurent Conreur
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