Jean-Luc Moudenc, très ferme, et Alain Di Crescenzo, Président de la CCI, ont écrit au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour lui demander le remboursement des dégâts et des pertes financières induits par les manifestations qui ont émaillé Toulouse pendant cinq week-ends..
Le triste refrain « Le samedi, c’est manif! », les commerçants toulousains l’ont encore à travers de la gorge. Il faut dire que depuis le début du mois de novembre, la Ville rose a broyé du noir avec cinq week-ends de manifestations qui ont été émaillés de graves incidents. Mais également d’une fuite de la clientèle qui n’osait plus se rendre dans les boutiques de l’hypercentre par crainte de prendre une bombe lacrymo perdue, ou des coups par des manifestants particulièrement virulents pour certains. Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, tout comme Alain Di Crescenzo, le Président de la Chambre de Commerce de Toulouse, eux aussi particulièrement agacés par ses événements nocifs, ont réagi en conséquence en écrivant une lettre ouverte place Beauvau au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour demander réparation des préjudices, et réclamer un dispositif de remboursement des dégâts pour les commerçants. S’ils reconnaissent qu’heureusement les forces de maintien de l’ordre ont réussi à contenir les béligérents, ils n’en occultent pas les effets désastreux pour l’économie locale: « Semaine après semaine, les Toulousains ont été victimes de préjudices matériels conséquents, et assistent chaque week-end à des scènes de guérilla urbaine » ont-ils écrits de concert à Bernard Cazeneuve.
Et de poursuivre avec conviction pour ouvrir les yeux au ministre sur la gravité de la situation: « Si l’action des forces de maintien de l’ordre est volontaire et déterminée, le bilan financier, ainsi que le manque à gagner pour des commerces de la ville, déjà en souffrance du fait de la mauvaise conjoncture économique persistante, sont catastrophiques en particulier à l’approche des périodes des fêtes de fin d’année. Nous sommes interpelés quotidiennement par les commerçants et des riverains qui nous font part de leur désarroi auquel nous ne pouvons rester insensibles. »
Jérôme, un des commerçants de la rue Cujas à Toulouse, prise de samedi en samedi en tenaille et en otage, par les CRS d’un côté appelés à protéger les citoyens, et les manifestants violents de l’autre à les angoisser, pointait sa frustration: « C’est juste une horreur. Le peu que l’on avait pu gagner après la rentrée est parti en fumée. En novembre, on est sur du moins 40% de chiffre d’affaires. Déjà que ce n’est pas trop la joie. Dire que ce sont 50 manifestants casseurs qui ont paralysé le commerce local. Lamentable. »
« CE SERAIT UN MAUVAIS SIGNAL POUR LA REPUBLIQUE »
Jean-Luc Moudenc et Alain Di Crescenzo ont entendu ce cri d’effroi. « Pour ces raisons, nous souhaiterions Monsieur le Ministre que vous puissiez nous indiquer l’opportunité de mettre en oeuvre un dispostif particulier de prise en charge des remboursements de ces dégâts. »
Le maire de Toulouse, se refusant de voir poindre encore plus de colère, insistait auprès du ministre de l’Intérieur avec pertinence et conviction: « Monsieur le Ministre, nous ne voudrions pas que le désarroi des Toulousains laisse place au fatalisme, en voyant leur ville s’installer dans une spirale de manifestations violentes ne provoquant ni sanctions, ni réparations. » Le message a le mérite de la clarté. Et Jean-Luc Moudenc de conclure soucieux: « Ce serait un mauvais signal pour la République. » A vous monsieur le ministre de l’Intérieur de prendre ces problèmes sans esquiver les faits ou les minimiser. Ce serait de votre responsabilité.
Laurent Conreur
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