Toulouse durant 80 ans a vécu au rythme du jazz, avec comme plus bel ambassadeur, Claude Nougaro. Car oui ici, sont passés des cracks et se sont révélées des pointures. Comme en témoigne le livre de Charles Schaetel, « De briques et de jazz ».
« Chaque jour un peu plus y a le jazz qui s’installe. Alors la rage au coeur la java fait la malle Ses p’tit’s fesses en bataille sous sa jupe fendue. Elle écrase sa gauloise et s’en va dans la rue », swinguait feu Claude Nougaro, « Le nègre grec », dans « Le Jazz et la Java ». Lui, le « Petit Taureau » qui a poussé la corne du jazz dans une faena collector avec la java , les rythmes afro-brésiliens et cette langue d’oc si chère à ce « Pygmée occitan » pour l’inscrire au patrimoine musical toulousain.
Dans une autre mesure et sur un autre tempo, Charles Schaettel ajoute une pierre à cet édifice musical en livrant un recueil richement documenté et illustré de photos inédites sur la contribution toulousaine à l’histoire du jazz en France baptisé « De briques et de jazz, le jazz à Toulouse depuis les années 30 ». Ce jazz addict sans modération, diplômé d’histoire de l’art, conservateur en chef du Patrimoine et ancien conseiller pour les musées à la DRAC de Midi-Pyrénées, s’attache à passer au révélateur une histoire musicale bigarrée et so fun depuis près de 80 ans. Car oui, ici dans la Ville rose, le jazz a connu une période fleurie, grâce à des passionnés de Charlie Parker, Miles Davis ou Stan Getz entre autres virtuoses d »un des pans de l’art génial. Grâce aussi à des nuits de jam session uniques, au cours desquelles des artistes en éclosion connaissaient ensuite leur explosion à la face du beat dans des temples parisiens, le Caveau de la Huchette, le Club Siant-Germain, le Jazz Club Lionel Hampton, le Tabou ou le Ringside ou aux trois Mailletz.Leurs patronymes est depuis écrit en ut majeur: les Guy Lafitte, Roland Lobligeois, Michel Roques, Charles Barrié, Pierre Dutour, Claude Tissendier, Jacques Gauthé, Pierre Boussaguet ou Elisabeth Caumont.
AMSTRONG, ELLA ET SONNY ONT FAIT DANSER ICI LEUR INSTRUMENT
Car avant la consécration, tous ces combos ont fait danser leur instrument sur les terrasses des boulevards en fusion, devant les grands cinémas accompagnant le tempo, ou lors de passages très spirituals sur les ondes de Radio-Toulouse.
Eh oui, man, Toulouse a été très jazzy. Et cela manque aujourd’hui. Des ténors ont fait un break ici lors de leurs tournées internationales, les Louis Amstrong, les Ella Fitzgerald ou Sonny Rollins, que l’on a vu du très haut de ses plus de 80 printemps à la sève toujours jazz offrir un set top à la Halle aux Grains il y a trois ans. Oui, Toulouse s’est époummoné dans le plus profond de ses caves voûtées et envoutées pour une musique en accord majeur avec son éternelle modernité.
Charles Shaettel: « De briques et de jazz, le jazz à Toulouse depuis les années 30″, édition Atlantica
Laurent Conreur
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