
Toby Flood sur une jante hier et le Stade Toulousain, sans buteur, retombe dans ses travers contre Grenoble. Défaite aux Sept-Deniers 25-22.

Etienne Didot, après la défaite au Stadium contre Lorient, 3-2: « On a que notre gueule à fermer ». Chaud.
Alors que l’après-midi, ses compatriotes faisaient vrombrir contre l’Australie les quinze cylindres de leur mécanique qui monte en puissance avant une Coupe du Monde chez eux où ils seront en première ligne sur la grille de départ avec les Blacks, avec notamment un cerveau docteur-es stratège à son poste, l’ouvreur de 21 ans, George Ford, le demi d’ouverture anglais du Stade Toulousain, Toby Flood tournait sur une jante le soir contre Grenoble. Une gêne aux adducteurs qui l’aurait rendu incapable d’aligner trois pas, selon des oreilles et des yeux en coulisses aux Sept-Deniers, hier soir. Et pourtant, il a été aligné pratiquement une heure. A vide. Déchargé de son rôle de buteur qu’il a cédé obligé à Jean-Marc Doussain, qui a enchaîné quatre ratés au pied préjudiciables au final. Reste qu’avec Flood depuis son arrivée, c’est plouf. Un flop même selon le Midi Olympique. Sans Harinordoquy, dos en do mineur, et Mc Allister, pointe de couteau au mollet, et un Toby not to be Flood, le Stade Toulousain, pourtant avec un Poitrenaud, aiguilleur aérien sous les chandelles iséroises, a raté la marche le menant enfin à un étage digne de son nom, le top 6. Pourquoi?
Guy Novès ne pourra pas geindre contre l’arbitrage, au contraire, tant les deux cartons jaunes contre les Grenoblois, Wisniewski (40e) et Roodt (69e), étaient tout simplement injustifiés, tout comme un soi-disant plaquage à retardement purement imaginaire. Mais le Stade n’a jamais su en tirer profit et a rechuté après quatre victoires consécutives qui l’avaient sorti du panier à crabes où les équipes se bouffent la coquille pour ne pas jouer la descente (NDLR: Castres en perdant chez lui contre le Racing 14-9, conservant ainsi la dernière place, a du mouron à se faire). Le Stade n’a pas pu vaincre, car le Stade est retombé dans ses travers d’erreurs et de jeu brouillon, et surtout n’a jamais su sortir du piège du match pénible concocté par Fabrice Landreau, le coach intello de Grenoble. Et Guy Novès de grommeler: « Frustration ? Déception surtout car on a des situations pour marquer. Nous avons tenté de mettre pas mal de mouvements et l’adversaire a sauté sur tout ce qui bougeait en essayant de ralentir en permanence. Les Grenoblois ont très bien joué le coup, je les félicite. Il n’y a rien à dire mais c’est plus facile de détruire que de construire. Ça ne remet rien en cause mais il va falloir digérer cette défaite. Glasgow (dimanche en Coupe d’Europe), c’est l’équipe d’Écosse, il va falloir être dans d’autres conditions. » Mieux vaudra.
DIDOT (TFC): « ON A QUE NOTRE GUEULE A FERMER »
Et que dire du TFC? Le malade n’est pas imaginaire. En quatre minutes, trois buts encaissés de la 55e à la 59e, hier soir au Stadium, les Merlus de Lorient ont mis la tête des hommes d’Alain Casanova au fond de la nasse. Cinq défaites en six matches après celle contre des Bretons pourtant en respiration artificielle après huit revers en neuf rencontres. Ce soir, le TFC pointe à la 13e place à trois points du premier réléguable. Déjà que le jeu du TFC, un sapin sans guirlande, n’attire pas la lumière des spectateurs au Stadium, ce résultat avec l’enthousiasme en berne, avec pourtant une opération porte ouverte aux étudiants, ne va pas permettre de faire venir le chaland du ballon rond. Ce qui énervait particulièrement Etienne Didot, le milieu de terrain dépositaire des fondations toulousaines: « Ca fait mal pour des gens qui sont venus, j’ai un sentiment de honte. On se plaint parfois qu’il n’y a pas assez de monde ou peu d’ambiance, et on a que notre gueule à fermer parce qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait pour qu’il y en ait. » Juste honnête.
Décidément, même s’il n’y avait pas une alerte rouge au déluge en Haute-Garonne, comme chez nos proches voisins languedociens, il ne faisait pas bon jouer chez soi ce week-end. Colomiers, le club du sémillant Jean-Jacques Mars, pouvait s’offrir une bouffée d’air pour bien s’extirper loin de la zone instable du classement dans le championnat National de foot. Mais Marseille-Consolats, vainqueur 2-0, s’est évertué à ne pas consoler les supporteurs columérins.
Laurent Conreur
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