Politique & Société

UMP: présidence, primaire, et insubmersibilité

Alors que les adhérents de l’UMP ont jusqu’à 20 heures ce soir pour élire électroniquement le président du parti parmi les trois candidats déclarés (Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton), on ne peut que souligner la capacité des formations politiques à traverser les épreuves, les tempêtes, à perdurer malgré la houle. Depuis la fin de l’été et la dégringolade de l’exécutif dans les baromètres d’opinion à la suite de la démission du gouvernement Valls 1 et de l’affaire Thévenoud, les éditorialistes et les politologues s’interrogent à longueur de tribune sur la solidité des institutions de la Ve république, et notamment la protection qu’elles apportent au Président lorsque tout concourt à sa perte. Mais en ce jour d’élection du président de l’UMP, c’est la solidité des partis politiques qui apparaît comme remarquable.
Inénarrable comédie
Au-delà du résultat et des scores qui seront connus dès 20h30, il faut tout de même se remémorer les polémiques, les scandales, les haines recuites et les affaires qui ont animé le quotidien du grand parti de droite depuis 2012. La précédente élection à la présidence de l’UMP, qui s’était déroulée il y a deux ans, s’était soldée par une inénarrable comédie, réellement digne d’un théâtre de boulevard, autour d’accusations de fraudes mutuelles entre les clans de Jean-François Copé et François Fillon. Cet épisode avait jeté un tel discrédit sur la formation que l’on crut un temps à sa dissolution. Et bien non. Malgré ce cirque dont personne ne sortait vraiment blanchi, le parti survivait, comme le PS qui, quelques années auparavant, s’était déjà illustré dans la même catégorie.
Après cela, il y eut la banqueroute de l’UMP suite à l’invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy pour les présidentielles de 2012. Le « Sarkothon » qui suivit démontra la fidélité des militants qui mirent la main à la poche pour renflouer leur formation. Là encore, ça vacille, ça tangue, mais ça tient. Le vrai dossier, la grosse affaire, ce fut enfin celle dite « Bygmalion », du nom de l’agence de communication dirigée par des proches de Jean-François Copé. Les soupçons de « financement illégal de la campagne électorale » qui serait basé sur un système de fausses factures entre l’UMP et Bygmalion ont conduit les juges d’instruction à procéder à 7 mises en examen pour « faux », « usage de faux » et « abus de confiance ». Mais déjà la tourmente semble appartenir au passé car, comme beaucoup d’« affaires », lorsque celles-ci se prolongent elles finissent souvent en eau de boudin. Se souvient-on encore de l’affaire « Clearstream » dont on nous disait sur un ton très grave qu’elle allait emporter tout la classe politique ? Non. Peu importe. Les partis résistent à tout. Même à l’absence d’électorat, comme le prouve la survivance du Parti Communiste. Et du côté de l’UMP, en attendant l’avancée des enquêtes, place dès demain à la course à la « primaire » en vue de 2017. Bref, insubmersible.

Jérôme Dutoit


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