Les manifestations entachées de violence commencent à sérieusement ternir Toulouse.
Triste refrain. Tous les samedis dorénavant, Toulouse s’avère être le désolant théâtre de manifestations potentiellement violentes. Si ce samedi, elle a été canalisée, autant par la présence des forces d’ordre que par les organisateurs eux-mêmes, les deux samedi antérieurs, des actes violents, du saccage et des vitrines cassées ont émaillés ces rendez-vous funestes. Et dire que ce samedi qui vient, une manifestation d’envergure avec « zadistes », dit-on de ci de là, venant de divers pays européens, prendrait d’assaut la Ville rose. Selon les propos de certains commerçants du centre-ville, il leurs aurait été demandé expressément de fermer boutique à midi. « Et le manque à gagner, cela fait trois samedis que nos commerces sont perturbés. Il y en a vraiment marre » pestait un d’entre-eux ne supportant plus que « Sa » ville soit le siège des manifestants casseurs ou des « racailles qui s’y invitent pour venir casser ».
MOUDENC : « UNE TELLE VIOLENCE A TOULOUSE : C ‘EST DU JAMAIS VU »
Jean-Luc Moudenc, le Maire de Toulouse, s’il a tenu à féliciter les forces de l’ordre pour avoir bien su contenir la manifestation du 8 novembre dernier, ne nie pas l’escalade de violence et la redoute même, en constatant la multiplication diverse des faits violents : « En effet, je la redoute. Depuis près d’un an, nous sommes confrontés à des faites de diverse nature. Aux guerres entre groupes rivaux liées au trafic de drogue (NDLR : Règlements de compte aux Izards et au Mirail), auxquelles s’ajoutent les bagarres mortelles dans les campements illégaux » avouait-il fin octobre dans un magazine national. Si l’on y rajoute les braquages avec mort du braqueur, les manifestations saccages, la violence n’a jamais autant enflammé la ville. « Une telle violence à Toulouse, c’est du jamais vu » concédait-il navré. Alors que faire pour endiguer ces faits nauséabonds ? « L’Etat fait beaucoup de choses, mais cela ne suffit pas. Il faut redoubler d’efforts. La ville de Toulouse ne doit pas être la seule à en produire » avançait le maire, et de poursuivre avec sévérité : « Durant le mandat municipal précédent, la sécurité n’était pas une priorité et le discours tenu était très axé sur la prévention sociale. Il y avait un refus de voir la réalité en face. » Une posture que Jean-Luc Moudenc critique et estime contre-productive. « Par conséquent, l’Etat n’avait aucune raison de réaliser des efforts qu’on ne lui demandait pas. » Voilà le constat, et les effets en sont plus que navrants, car désormais, il y a urgence à agir et à réagir : « Face à cette urgence, je me suis mobilisé de longue date. » C’est ainsi qu’en septembre, Jean-Luc Moudenc avait rencontré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, « pour dialoguer dans un esprit ouvert et constructif ».
Qu’en est-il de l’insécurité à Toulouse depuis ? Elle n’a pas faibli, au contraire. Jean-Luc Moudenc a toutefois fait quelques mises au point pour recadrer les responsabilités : « Sur des problèmes d’insécurité lourds, le maire n’a pas la clé. L’Etat a le pouvoir de décider et d’agir selon la loi. Grand banditisme, trafic de drogue, cambriolages ou fondamentalisme religieux sont des faits de délinquance dure qui ne relève pas de l’autorité municipale. La mairie ne peut agir que sur ce qui participe au vivre ensemble. Mais nous avons une nouvelle volonté : nous investir sur la sécurité concernant la proximité, la tranquillité, les invincibilités. Nous voulons soulager la police nationale de certains travaux, mais j’espère qu’en retour l’Etat s’engage davantage sur son périmètre. Si chacun fournit des efforts, ils produiront une amélioration. »
Coproduire de la sécurité de concert avec l’Etat, tel est le vœu de Jean-Luc Moudenc : « Je ne demande pas à la police municipale de faire le travail de la police nationale, ni l’inverse. Nous devons travailler ensemble, avec le Préfet, nous réécrivons la convention en matière de sécurité. »
En espérant que vite des réponses à la violence améliorent un climat ambiant délétère. Car le refrain « Le samedi à Toulouse, c’est manif ! » la majorité des gens à Toulouse aimerait vite que le disque s’arrête. « Surtout quand certains pseudo-manifestants se rendent sur les lieux avec cagoule, matraque et bouteilles remplies d’acide », s’horrifiait Olivier Bouscatel, une des figures de la restauration et de la vie festive toulousaine.
Laurent Conreur
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