A l’épicentre du cercle des acteurs majeurs du monde industriel et économique de la Haute-Garonne, gravitait, hier lors de l’assemblée générale de la CCI, un invité supersonique, Fabrice Brégier, PDG d’Airbus Group depuis juin 2012. Alain Di Crescenzo, le Président de la Chambre, détaillait en premier lieu entre autres sujets, le carré d’as des événements qui arbitreront une partie de l’avenir de Toulouse, sa Métropole, et même au-delà, dans le coeur desquels la CCI aura un rôle poumon -la nomination du futur acquéreur de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, l’absolue nécessité de la LGV sur le territoire, la date d’ouverture du futur Parc des Expositions et le désir de mettre au calendrier de 2018 à Toulouse une conférence mondiale sur la recherche qui ferait alors de la Ville rose la ville européenne de la science et de l’innovation. Après tous les votes et les interventions à l’ordre du jour à la CCI, l’ancien ingénieur diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole des Mines de Paris, aujourd’hui pilote en chef de la grande entreprise navigante Airbus, prenait le manche pour évoquer dans quelle zone de quiétude et de turbulence et à quelle altitude du succès volent une équipe de 55.000 employés, (NDRLR: 73.000 avec les filiales), dont 25.500 en France, et qui pèse dans ses soutes un chiffre d’affaire de 40 milliards d’euros. Dès le décollage, Fabrice Brégier mettait en orbite la globalisation: « La globalisation fait la force d’Airbus , nous sommes dans un marché mondial combiné à la croissance mondiale. Mais Airbus est aussi un acteur européen intégré. Depuis 40 ans, les PDG successifs français et allemands ont mené une politique européenne. Avec le passage d’EADS à Airbus Group, nous avons aussi fait la paix des braves et le résultat a été probant avec la certification de l’A350 fin septembre dernier. N’occultons pas également qu’Airbus est aussi un acteur régional. »
« MA PREMIERE RESPONSABILITE EST DE MAINTENIR AIRBUS A 50% DU MARCHE MONDIAL »
Dans ce ciel au beau fixe, même s’il faut toujours se méfier des orages de la concurrence, Fabrice Brégier place le marché sur l’anticyclone de la croissance: « Airbus reste sur un marché en croissance. La Chine est notre premier client de livraisons. L’Asie est un potentiel énorme de conquêtes de marchés, en s’appuyant aussi sur le fait que 80% de la population
mondiale n’a jamais pris l’avion. » Fier de revendiquer que Boeing a eu tort, à son débit dépendant, de sous-estimer Airbus dans les années 90, Fabrice Brégier se plaît à rappeler que « Airbus est passé de 20% à 50% de parts de marché. Ma première responsabilité est de maintenir Airbus à 50% du marché mondial. » Et de pointer ainsi en pole position sur le circuit mondial des avionneurs. Fabrice Brégier ne doute pas que dans cette concurrence féroce Boeing ne s’interdira pas de lâcher quelques scuds sur le cockpit Airbus. « Boeing avec le soutien du gouvernement américain est sorti des difficultés du 787. Il n’en reste que si l’euro était à l’égal du dollar, nous nous porterions encore mieux. Aujourd’hui, nous sommes à 50-50 sur le positionnement commercial avec Boeing. Sur les cinq dernières années, nous avons vendu plus de long-courriers que Boeing, même en incluant les engagements d’achat pour le 777X . 2014 s’annonce bon avec fin septembre 791 commandes nettes. Mais il ne faut pas occulter la concurrence des constructeurs régionaux qui montent aussi en grade tout comme des petits pays qui fabriquent aussi leurs moyens courriers . »
« ON DOIT OEUVRER SUR NOS FAMILLES D’AVIONS. LE MARCHE NE PEUT PAS SE REFUSER A NOUS »
Confiant que sur l’échiquier, Airbus a le profil du roi, pour ne pas subir les affres de pions savants et se retrouver en échec, Fabrice Brégier a fixe la plan de vol des grands enjeux: « On doit maîtriser nos développements. L’A350 a pris du retard au début et depuis deux ans, on tient le programme indiqué. Ensuite, nous allons livrer plud d’A350 que d’A330. Nous devons réussir l’A320 Néo et monter en cadence en passant de 40 à 46 avions par mois. On doit rester leader sur le secteur existant. Ensuite, nous devons oeuvrer sur le développement de nos familles d’avions, comme nous n’avons pas de nouvel avion en vue de fabrication. Chez Airbus, on ne lance un avion que quand on sait que l’autre avion est obsolète. Notre enjeu global est de tourner comme une entreprise industrielle. » Conscient que l’amélioration sur l’existant déjà de valeur est une garantie de séduction, le PDG d’Airbus affirme que « L’A320 et l’A330 sont des avions mâtures et en les remotorisant en améliorant les performances, le marché ne peut pas refuser à nous. »
A écouter rationnellement et religieusement Fabrice Brégier, le meilleur est à venir pour Airbus dans les cieux. Qu’un dieu l’entende.
Laurent Conreur
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