Thierry Dusautoir, comme le Stade, a échappé, hier, aux griffes de Bath. Photo AFP.
On n’ira pas jusqu’à dire que le malade était imaginaire, remember ses cinq défaites consécutives en Top 14 qui avaient plongé les supporters et amoureux du Stade dans un trou noir à en être rouge de honte. Mais force est de constater que le Stade Toulousain retrouve de sa superbe avec un quatrième succès consécutif avec la victoire hier à Bath, 21-19 lors de la deuxième journée de la Coupe d’Europe, victoire d’une intelligence gestionnaire, comme ils savaient le faire lors de leur période hégémonique. « En Coupe d’Europe, à ce niveau, pour gagner des matches, il faut mettre du volume. Mais c’est avant tout la victoire des joueurs. Personne ne leur fait de cadeaux que ce soit à l’extérieur du club ou à l’intérieur. » Guy Novès ou les confidences d’un revanchard remonté, qui en remet une louche dans la soupe des « critiquailles », « Ce sont des soldats qui sont dans une entreprise et on les fait vivre comme dans une entreprise. Et quand malgré tout ça, ils arrivent à sortir ce genre de match, c’est pour moi un énorme plaisir. »
Alors oui, le Stade a soigné son image en inscrivant trois essais de belle facture, dont les deux premiers en première mi-temps sur deux renversements de jeu judicieux, par Vincent Clerc pour son 36e en Coupe d’Europe, servi royalement par un Maxime Médard aux jambes de feu retrouvées, et par Imanol Harinordoquy, décidémment irrésistible sous ses nouvelles couleurs toulousaines, qui a remis deux fois le métier sur l’ouvrage, à cause d’une trace avant la ligne officielle, « Un essai vidéo-gag. Je n’ai pas trop l’habitude de marquer alors quand je vois une ligne, j’aplatis. » Un Imanol, en bon basque, qui a su mettre du piment pour se mouvoir en passeur décisif avec sa chistera intérieure attirant vers lui deux défenseurs anglais pour envoyer Médard à dame, lors de l’action la plus construite et aboutie du match.
Mais si le Stade a largement surnagé lors de ce face à face, la vie ne fut pas pour autant un long fleuve tranquille. Bath, mené 21 à 12, a bien failli remettre les pendules à l’heure sur une dernière touche et un ballon enfant protégé que le Stade a su rapter pour arracher la gagne. Car lors de ce casse, les Toulousains ont perdu quelques armes: la mêlée s’est faite défoncée trois fois avec 5 pénalités concédées contre 2, 15 ballons perdus et 9 points ratés au pied (deux pénalités de Flood et un drop de Fritz).
Harinordoquy conscient concédait que » Tout cela montre qu’on n’a pas trop de marge de manœuvre. Il faut qu’on maîtrise davantage notre sujet. Car après, quand on a le ballon et que chacun est à sa place, on arrive à faire des choses intéressantes. » Intéressantes en effet, car Toulousaines dans son ADN avec son identité production de jeu, comme le soulignait Vincent Clerc: « Même si on était au coude à coude, on sentait qu’on arrivait à faire pas mal de différences. On avait quand même la maîtrise de ce match. Les consignes à la mi-temps étaient de continuer à produire du jeu. On n’a pas essayé de gérer, on a essayé de jouer à fond jusqu’au bout. »
En paraphrasant la chanson tub disco d’Ottawan, les supporters du Stade peuvent reprendre en choeur: « Stade, t’es ok, t’es Bath, t’es in »….
Les meilleurs Toulousains: Bézy, Harinordoquy, Médard, Clerc, Maestri, Dusautoir
TOULON TAILLE PATRON
Lors de cette deuxième journée de Coupe d’Europe, le tenant du titre Toulon, a montré que le roi restait bien le roi en s’imposant en Ulster, 23-13, battu qu’une fois sur ses terres en 17 matches européens. Un Toulon patron, docteur-es maîtrise, phénoménal dans le jeu au sol avec une tour de contrôle nommée Steffon Armitage.
Pour Montpellier, par contre, ça pique. Contre le chardon écossais de Glasgow, les hommes de Fabien Galthié n’ont pas su mettre les mains pour développer leur jeu envolé, la preuve: un seul essai dans ce match et de pénalité et à la 80e minute. Trop tard pour s’imposer. Cette défaite 15-13, certes apportant le bonus offensif aux Héraultais, risque bien de stopper la F1 Montpellier au garage la privant des quarts de finale.
CLERMONT ET CASTRES SANS FILET
Cet après-midi, Castres et Clermont vont vivre sans filet cette seconde journée européenne. En souffrance en Top 14, battu lors de l’entame européenne, les Castrais relèvent un challenge monstre à Leinster, triple lauréat de l’épreuve en 2009, 2011 et 2012 (En direct sur Bein Sports 3 à 14h). Pour Clermont, candidat à la couronne, défait 23-20 aux Saracens la semaine dernière, il serait de bon ton de concasser les Sharks de Sale avec bonus offensif pour se relancer dans la course à la qualification. (En direct sur France 2 à 16h15)
Laurent Conreur
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