Culture

Christine and The Queens, scène d’esprit

Christine and The Queens, demain au Metronum de Toulouse, pour un show freaky, dans lequel la jeune dame assume une libido libérée et une androgynie démaquillée avec musique mélancolique ou planante, entre Christophe, Bashung, Camille, Bowie période ziggy, Kayne West, Lou Reed et Michael Jackson.

Christine and The Queens, demain au Metronum de Toulouse, pour un show freaky, dans lequel la jeune dame assume une libido libérée et une androgynie démaquillée avec musique mélancolique ou planante, entre Christophe, Bashung, Camille, Bowie période ziggy, Kayne West, Lou Reed et Michael Jackson.

Qui se cache donc sous la couronne de Christine and The Queens qui se produit demain à 20h30 en show freaky au Metronum de Toulouse, et qui trône cette saison sur la musique française mi-pop, mi-électro, transgenre in fine? Une dénommée Héloïse Letissier, jeune femme de 26 ans, introvertie naturellement, fille de profs, sage comme une image, et qui la redessine et la casse en mille morceaux millimétrés dès qu’elle monte sur scène…d’esprit… pour se travestir en Christine, jonglant avec le genre, assumant une libido libérée et une androgynie démaquillée. Pour livrer des perfs de meneuse de revue combinant dans un triathlon artistique, chant, danse et vidéo. Pour offrir pop art l’expression la plus éclatante de son premier album « Chaleur Humaine », un onze titres, bombe à entendement oscillant, en brisant tous les codes d’une route à vitesse illimitée, entre mélancolie nacrée et élévation zen.
Fantaisiste et audacieuse, Héloïse-Christine est un scotch double face qui au final ne colle qu’à une seule peau: « En tant que jeune fille, je voulais créer un personnage qui soit en dehors des codes classiques de la séduction, car je ne me suis jamais sentie à l’aise là-dedans. C’est comme ça qu’est née Christine. » Et d’enchaîner sans chaîne: « Je ne suis pas entre deux, je suis tout ou rien. »
C’est un périple dans les bas-fonds de Londres en 2010 qui la conduira à la surface rock, grâce au concours de trois travestis: « A l’époque, je ne savais plus qui j’étais ni ce que je voulais faire. Je suis partie à Londres pour me perdre, et je m’y suis trouvée. Ces travestis, qui ressemblaient plus au Bowie de la période Ziggy qu’aux créatures d’Almodóvar, m’ont fascinée. Ils m’ont réconciliée avec moi-même. Elles m’ont convaincue de franchir le pas de la chanson. Ce sont elles mes fées, mes Queens. »

DE KANYE WEST EN PASSANT PAR CHRISTOPHE, BASHUNG ET SON GOUROU MICHAEL JACKSON
Et que dire de sa musique, un patchwork « mainstream », comme elle le déclare, qui swingue sur ses influences rap Kanye West et Frank Ocean, sur la french touch Christophe et sa reprise sculpturale de « Paradis Perdus », Bashung et Daniel Balavoine, sur l’electro-pop de Fever Ray, sur le walk on the wild side de Lou Reed et sur son mentor ultime…Michael Jackson. Elle confie sur le le king de la pop: « Sa musique, ses vidéos m’impressionnent. Il a une recherche de la perfection, avec ses bons et ses mauvais côtés. Et je suis autant fascinée par le personnage et sa démesure que par son œuvre ». S’il était le king, Christine a tout d’une queen.

Concert demain à 20h30 au Metronum, Rond point Madame de Mondonville Boulevard Netwiller, Toulouse
Entrée: 18 euros

Laurent Conreur


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