Économie & Entreprises

L’inflation de centres commerciaux agace le commerce du centre-ville

Si Toulouse et sa grande périphérie ont été épargnées, hormis le Val Tolosa à Plaisance qui doit sortit du sol prochainement, les centres commerciaux ont fleuri en France entre 2013 et 2014. Ce qui entraîne encore plus de désertion du commerce des centres-villes.

Si Toulouse et sa grande périphérie ont été épargnées,  le Val Tolosa à Plaisance doit toutefois  sortir du sol prochainement, les centres commerciaux ont fleuri en France entre 2013 et 2014. Ce qui entraîne encore plus de désertion du commerce des centres-villes.

Même si Toulouse et sa grande périphérie ont été épargnées, hormis que doit giser du sol le Val Tolosa ex-Portes de Gascogne à Plaisance-du-Touch dans un futur proche, l’inflation de mètres carrés de centres commerciaux s’est propagée en France entre 2013 et 2014 avec des ouvertures de malls en rafale. Avec pas moins de 700.000 m2 pour attirer un maximum de chalands alors, que la crise économique plombant les portefeuilles, les ventes physiques ne cessent de décroître. Mais avec un effet ricochet toutefois: la poursuite de la désertion du commerce des centres-villes. Ce qui a le don d’agacer fortement Claude Boulle, le président de l’Union du grand commerce de centre-ville (UCV): « Il y a trop de centres commerciaux et il y a eu trop d’autorisations. » Le petit commerce en pâtit d’ailleurs avec un taux de vacance en hausse: « Une cinquantaine de villes moyennes françaises ont plus de 10% de leur pas-de-porte clos et sans enseigne » colère Claude Boulle.

QUEL COMMERCE DE PROXIMITE VEUT-ON AU CENTRE-VILLE?
Quid du commerce de centre-ville à Toulouse avec ses 1600 boutiques et ses 19 km de circuit marchand? Selon la dernière étude de la fédération Procos, mais datant de 2011, le chiffre d’affaires des commerces du centre de la Ville rose a connu une hausse de 2007 à 2011 pour passer de 640 M d’euros à 720 M d’euros. Si l’on tend l’oreille près des commerçants, 63% d’indépendants, le son des doléances monte en volume depuis deux ans, car hormis pour les grandes enseignes, les rentrées financières seraient revues à la baisse. Les fermetures de Castela et Virgin ne sont d’ailleurs pas des indicateurs positifs de la bonne santé commerciale de l’hypercentre.
Si selon l’architecte-urbaniste catalan Joan Busquets, les commerces nécessitent trois conditions pour exercer bénéfiquement, une qualité de l’espace, une facile accessibilité, et un espace maîtrisé avec des itinéraires, les commerçants dans leur ensemble émettent une autre opinion: quel commerce de proximité veut-on en centre-ville demain? Selon eux, les consommateurs doivent aussi s’interroger sur leurs desideratas. S’ils promeuvent le moins cher systématique, alors ils céderont aux sirènes des grands distributeurs et induiront une destruction du commerce de proximité. Dans le camp des commerçants, nul ne se cache qu’ils doivent aussi faire des efforts sur l’accueil, la qualité de la marchandise, la promotion des circuits courts et des dispositions à prendre sur les horaires d’ouverture. »Laissons nous ouvrir le dimanche notamment. Parce que 4 heures de travail le dimanche pour ceux qui veulent, c’est plus d’entrées d’argent. Socialement et économiquement, c’est gagnant-gagnant avec l’adage travailler plus pour gagner plus. Surtout que nos salariés ne vont pas épargner cet argent mais le réinjecter dans le système. Sortons de ce carcan qui dit que la France veut travailler mais qui ne travaille pas. Selon moi, même si nous ne sommes pas à Paris, les ouvertures des magasins de vêtements, des brasseries, des métiers de la bouche, comme dans le Marais, seraient une bonne chose. En n’obligeant personne à ouvrir s’il ne le désire pas. » Pour Jérôme Biaggi, homme de la sape pour hommes depuis seize ans à Toulouse rue Cujas avec « Sun Bell Store », l’ouverture des magasins le dimanche est aussi nécessaire que la ceinture pour soutenir le pantalon de l’économie…si l’on n’autorise pas surtout la grande distribution à obtenir les mêmes permissions.

Laurent Conreur


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