Économie & Entreprises

Privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac: rencontre cruciale ce vendredi

La procédure d’appel d’offres pour la vente des parts que détient l’Etat dans l’aéroport de Toulouse-Blagnac va-t-elle être suspendue, modifiée ou maintenue ? C’est l’objet d’une rencontre cruciale qui se tient ce vendredi par visio-conférence depuis l’Hôtel de Région entre Jean-Luc Moudenc (maire de Toulouse et président de la Communauté urbaine Toulouse Métropole), Martin Malvy (président de la région Midi-Pyrénées), Pierre Izard (président du conseil général de Haute-Garonne) et Régis Turrini, le commissaire de l’Agence des participations de l’Etat, l’organisme chargé de conduire les procédures lorsque l’Etat souhaite vendre ou acquérir des parts dans une entreprise.
Peur sur le foncier
Une rencontre cruciale, car depuis l’annonce en juin dernier du retrait de l’Etat du capital de l’aéroport (50% des parts), la perspective d’une privatisation fait craindre une augmentation du prix du foncier au détriment d’Airbus, dont le siège jouxte les installations de l’aéroport. En effet, une centaine d’hectares de terrain sont loués à Airbus par la société Aéroport Toulouse-Blagnac, à un montant vraisemblablement situé en-dessous des prix du marché. La privatisation de la moitié du capital avec l’arrivée potentielle d’acteurs étrangers a légitimement conduit Airbus ainsi que les élus de la région toulousaine à s’inquiéter d’une révision à la hausse des loyers, car les termes de l’appel d’offres lancé cet été restent muets sur la question du foncier.
« Marché de dupes »
Ces dernières semaines, une débauche d’énergie de toutes parts a eu lieu pour tenter de convaincre les pouvoirs publics de revoir les conditions de l’appel d’offres. Fabrice Brégier (PDG d’Airbus) a d’abord écrit au gouvernement, puis, le 2 octobre, Jean-Luc Moudenc, Martin Malvy, Pierre Izard et Alain di Crescenzo (président de la CCI de Toulouse) ont également adressé une missive à l’APE avec copie jointe au ministère de tutelle, les finances. Christophe Borgel, député PS de Haute-Garonne a souligné « la manière totalement invraisemblable dont les choses se sont engagées sans prendre en compte les intérêts d’Airbus. » Jean-Louis Chauzy, président du CESER, n’a pas hésité de son côté à parler d’un « marché de dupes » à propos de cet appel d’offres dont il demande rien moins que la suppression. Une autre solution est avancée par Jean-Luc Moudenc : déclasser les terrains concernés et accorder à Airbus un bail emphytéotique de 99 ans.
Dans un communiqué co-signé par les présidents des trois collectivités locales, ceux-ci se disent « en attente d’éclaircissements sur les incertitudes qui demeurent autour de la cession des parts de l’Etat et de ses conséquences pour notre tissu économique et industriel. » Evoquant l’entrevue de ce vendredi avec Régis Turrini, ils précisent qu’ils « rappelleront les interrogations » déjà formulées par courrier et ajoutent que « la région, le département, la métropole et la CCI seront appelés à donner leur avis en fin de procédure. L’issu de cet entretien sera déterminant pour l’avis que nous devons émettre. » Une déclaration de fermeté, dont l’efficacité ne pourra être jugée qu’au soir du 31 octobre, date limite de la procédure d’appel d’offres.

Jérôme Dutoit


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