« Osez le Féminisme 31″ fustige cette soirée étudiante où règne un machisme décomplexé et où la femme est utilisée comme une marchandise sexuelle pour vendre un événement.
« Déshabillez-moi. Déshabillez-moi. Oui, mais pas tout de suite. Pas trop vite. Sachez me convoiter. Me désirer. Me captiver. Déshabillez-moi. Déshabillez-moi. Mais ne soyez pas comme tous les hommes. Trop pressés…. »livrait délicieusement Juliette Greco, moue glamour seventies et brune piquante. Pour avec élégance déclassé X le sexe. La grande soirée « d’intégration interfacs » de Toulouse, du Mirail, de Rangueil et de l’Arsenal, baptisée « American Campus, No limit », organisée ce samedi à La Dune, n’épouserait pas la même classe, selon le syndicat universitaire UNEF qui a prôné le boycott de cette nuit américaine où le « n’importe nawak » serait permis. Pire même pour les membres d’Osez le Féminisme 31, cette manifestation coucherait avec le sexisme en fricotant avec tous les codes « salasses » de la pornographie et les stéréotypes « pas propres » du sexisme débridé. Emilie Teyssèdre, présidente de ce mouvement, enlève le haut pour dénoncer le bas: « On dénonce la communication faite autour de cette soirée. Elle présente tous les codes de la pornographie et les stéréotypes du sexisme. Via les réseaux sociaux, il y a un terrible rabattage. Les organisateurs incitent les jeunes à envoyer des photos chaudes pour avoir leur place à la table VIP. Autrement dit, si tu es capable de te déshabiller, tu auras ta table, si tu n’en es pas capable, tu ne l’auras pas. » Osez le Féminisme 31 fustige la promotion d’American Campus par des « morceaux de corps » étalés dans les écrans des applications.
« LA FEMME EST UTILISEE COMME MARCHANDISE POUR VENDRE UN EVENEMENT »
Au tribunal de ce délire, flagrant ou pas, chacun se fera son jugement, parole à la défense. Le gérant de Béta Events Mathieu Puch, géniteur de l’événement, rhabille la controverse: « Stop aux attaques contre nous. Si les féministes veulent se faire de la pub avec American Campus, c’est gagné. » Selon lui, les féministes n’usent que de mauvaise foi pour mettre au pilori la soirée. Pour lui, les codes d’affichages ne sont pas plus ni moins provocateurs que ceux de la soirée de l’an passé qui avait rassemblé dans un grand US raoût festif environ 3000 étudiants. Et pas plus shocking que des couvertures hot de magazines sexe ou d’images de clips.
Des propos qui n’en font pas démordre pour autant la porte-parole des féministes qui peste contre ce machisme décomplexé et l’utilisation évidente de la femme comme marchandise sexuelle pour vendre un événement. Elle trouve juste répugnant le slogan des organisateurs « Pas de limite, pas de censure, pas de string … en mode campus US! » et classe X cette soirée.
Laurent Conreur
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