Sophie Iborra avec la championne olympique d’escrime, Laura Flessel, lors d’un atelier du club paritaire Exaequo, que miss Com’LaBoîte a créé.

Avec Fred Michalak, elle a réussi le premier gros coup de com’ dans le monde du rugby dans le Sud-Ouest.

Alain Di Crescenzo, président de la CCI, a soutenu Sophie Iborra lors de la création du club Exaequo. Aujourd’hui, elle veut justement développé l’art dans l’entreprise.
Qu’est-ce qu’une communicante introspective, qu’est-ce qu’une indépendante bordurant ses frontières d’action? Une créatrice incandescente qui refuse la routine. Une artisane façonnant les événements avec des rabots qui découpent l’archaïsme ambiant. Brune latina, Sophie Iborra s’autorise des pas de tango pour aller faire valser la norme dans le monde de la com’. « Et pourtant après ma licence d’espagnol que j’ai passée à Madrid, j’ai failli entrer dans le professorat. Un profil normal. J’avais aussi des envies de journalisme, un peu plus risqué. Puis avec la communication qui était à son apogée dans le début des années 90, j’ai choisi l’ESARC pour passer en deux ans, de 1993 à 1995, un master de communication et marketing. La com’, c’est un secteur fait de diversités, plein de nuances, de l’événementiel, aux relations presse en passant par la créa pure, entre autres domaines. J’y percevais deux moteurs qui m’animent: la non-routine et l’indépendance. » Sophie Iborra, grandie dans une famille de médecins, ne s’imaginait alors pas miss communication malgré elle. Elle a vite fait le diagnostic de la situation et a formulé sa posologie dès le premier battement de coeur dans le coeur du métier: « Mon truc, ce n’était pas les Seguela, les Havas, les grosses machines de la communication. Mon challenge, c’était de construire un petit bateau en travaillant avec des proches. Encore moins de rejoindre Paris. Dans mon esprit, c’était clair, risqué peut-être, qu’il y avait un marché porteur à Toulouse et dans la région, en valorisant l’identité locale. Au départ, j’ai travaillé comme salariée dans des petites structures, pour apprendre et prendre la température. » C’est en 1999, dans ce mécano construction de ce qui n’existe pas sans déconstruire l’existant assis, qu’elle fonde avec deux associés sa première boîte, PopPsiCom. Et là, fidèle à sa free philosophie, elle ne va pas à Canossa contre les communicants mastodontes. « Je suis restée deux ans avec mes collègues, on a toujours travaillé sur des projets raisonnés. Puis, j’ai vendu mes parts. » Allo maman bébé oblige. Elle breake, sans pour autant sortir totalement des réseaux. Elle garde l’oeil sur la bête com’ qui rugit alors sans retenue.
JAMAIS FILLE DE…PRIVILEGES
En 2004, majesté mousquetaire, alerte et très en jambe, elle assoit, d’Artagnan au féminin, Gascone sabre au clair de l’indépendance, avec son Athos idéale, Marion, sa réputation mature avec Com’La Boîte. « Les six ans passés avec Marion, nous ont surtout vus oeuvrer pour le principal avec le monde de l’immobilier, et surtout avec le Toulousain 4M Promotion, Groupe Actif +, qui a été repris par Natexis. Ce marché a été notre marché déclic. » Déclic pour éviter les claques, car elle refuse de s’afficher fille de privilèges, car fille de Monique Iborra, vice-présidente socialiste du Conseil Régional Midi-Pyrénées de 2004 à 2012, et députée de Haute-Garonne depuis 2007. Elle tord vite le bâton du on dit dans l’autre sens et tempête même contre les rapporteurs à triste chandelle. Elle ne copine avec les sphères politiques pour attirer aimant mal an les projets convenus d’avance. Jamais « Oh la la la vie en rose. Le rose qu’on nous propose, d’avoir les quantités d’choses… » : « Les sept premières années de Com’LaBoîte, je n’ai jamais travaillé avec les institutions. Je n’ai travaillé qu’avec les privés. J’ai toujours fait attention à ce que l’on ne colporte pas: ah, normal, qu’elle est ce marché, c’est la fille de… »
ELLE VOUS FREDERIC MICHALAK
Com’ elle vous parle, elle ne vous Claudia Schieffer pas, par contre elle vous Frédéric Michalak. Et avec le rugbyman alors toulousain, à la sortie de la Coupe du Monde, star en construction, elle ose au culot « de nous faire croire que le bonheur c’est d’avoir. De l’avoir plein nos armoires ». Dérisions de nous dérisoires. Point du tout. « Ce fut un vrai coup de culot avec le Crédit Immobilier de France. Et avec Fred Michalak, on y est allé au flan total. Notre société n’était pas connue, mais on avait une idée de campagne com’. J’ai proposé un contrat d’image à Frédéric, cela ne se faisait pas encore dans le monde du rugby dans le Sud-Ouest. A Paris, oui avec le Stade Français. Et Fred a dit OK: je joue le challenge. En plus pour pas beaucoup d’argent. Le principal était que Fred Michalak soit légitime dans sa position. » La lune de miel avec Fred Michalak s’est bien reflétée dans la lagune d’un business com bluffé par l’audace de Com’LaBoîte.
Dix ans après le premier déploiement d’aile du fragile oiseau Com’LaBoîte dans un ciel où les vautours croquent le coquin, Sophie Iborra se pose en recul et analyse comment continuer à voler sans parachute doré dans un contexte où l’on ne roule plus sur l’or: « Ce fut difficile quand on est jeune et une femme pour s’installer dans le panorama. D’un côté vous avez les grosses structures qui mâchent tout, et de l’autre des petites unités très indépendantes, un peu plus humaines et un peu plus punk et créative. Aujourd’hui, je suis seule aux manettes de CLB. Le contexte est extra compliqué. Les marchés sont réduits et les budgets sont serrés. En plus, le métier change. Il faut être couteau suisse. Avant, il y avait une voie de communication, maintenant c’est un carrefour avec du dynamisme, du réseau et des personnalités intervenantes. » La preuve avec Futurapolis, forum de référence du monde l’innovation et du high-tech, pour lequel le père fondateur, le magazine « Le Point », a confié à cette enfant toulousaine depuis 2013 le management, la coordination, la commercialisation et l’organisation de l’événement dans la Ville rose mi-mai. « Le Point veut renouveler l’opération. Je suis en discussion avec la nouvelle majorité municipale pour rééditer mon concours. » Mais glaneuse d’affects nouveaux mais aussi moissonneuse débatteuse dans d’autres champs d’actions, Sophie Iborra cultive d’autres semences: « Je veux me diriger vers d’autres passerelles, vers l’artistique surtout. Il y a eu une grande mouvance entre le sport et l’entreprise, maintenant je pense qu’il y a un levier entre art, culture et entreprises. J’ai vraiment envie de performer dans deux pôles: l’innovation, et la culture et l’entreprise. » Et comme envie rime souvent avec vie avec Sophie, il y a fort à parier que…l’audace paye.
L’ART DANS L’ENTREPRISE: SA NOUVELLE VOIE
Comme elle a réussi son coup de poker avec la création du club économique paritaire, Exaequo , le premier dans la métropole toulousaine. Avec un collectif d’équité femmes-hommes où en Marylin Monroe en brune, remontant le moral des boys, elle prône une forte évolution dans le monde de l’entreprise pour promouvoir, diffuser, relayer, booster et même récompenser toutes les initiatives de progrès pour la parité et l’égalité, que ce soit homme-femme, travailleur handicapé ou seniors. Sans tropisme vers un féminisme forcené ou vers une coloration politique handicapante. « Je vais passer la présidence à la fin de l’année comme il est convenu dans les statuts. Je resterai au conseil d’administration. Nous organisons le premier afterwork le 15 octobre pour un forum de discussions. Le premier gros atelier se tiendra en janvier avec comme thématique: parité et égalité dans la culture. » Tiens donc, son nouveau domaine désiré de compétences. In fine, Sophie Iborra demeure un acteur social com’ indépendant en charge de faire refuser la ménopause de ses valeurs à une société en rejet d’enkystement.
Laurent Conreur
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