Économie & Entreprises

Michel Réglat, marchand d’histoires

Michel Réglat, Monsieur Mc'Do dans la région, a toujours su combiner gastronomie et culture dans le même lieu.

Michel Réglat, Monsieur Mc’Do dans la région, a toujours su combiner gastronomie et culture dans le même lieu.

François-Xavier (à droite), le fils de Michel Réglat, avec son associé, Nicolas Mazières, dans leur établissement aux Carmes, « Les Enfants Terribles ». Photo D.R.

 

L’appétit de culture vient en s’en nourrissant, et pour faire aimer le plat aux autres, il faut savoir le passer. Michel Réglat, Monsieur Mc Donald’s dans la Ville rose, est un maître-chef en la matière. Ami lycée hôtelier des Dominique Toulousy et Gérard Garrigues, ce Lot-et-Garonnais d’origine a toujours cuisiné son savoir dans le commerce et l’hôtellerie, tout en savourant la vie toulousaine culturelle et festive. Surtout que papa et maman ont eu pignon sur Place du Capitole avec l’emblématique Café Tortoni en 1978. Gourmet gourmand, Michel Réglat change la recette après avoir vu fréquenter son établissement la fine fleur des nuités de Toulouse avant les virées « Ubu » et « Méchant Loup ». Il invite à sa table les décideurs de Mc’Do Europe, qui, en un coup de fourchette, lui proposent de franchiser la première enseigne dans la région. Et en 1982, le célèbre hamburger devient le meilleur allié gustatif. « J’ai toujours voulu personnaliser les lieux en s’appuyant sur la culture locale, et ce premier Mc’Do a été décoré en s’inspirant de Toulouse-Lautrec » ajoutait cet éternel visionnaire, qui habillera le Mc’Do de Roosevelt de bustes de célébrités théâtrales. Avec l’ouverture de son 19e établissement fin 2012 place Esquirol, Michel Réglat a perpétué sa mission de marchand d’histoires en mécène émérite: « J’ai voulu rendre hommage à Jean Dieuzaide, le photographe toulousain, une des plus grandes sommités dans son art en France. J’ai contacté son fils Michel, et avec le concours du galériste toulousain, Fabrice Galvani, nous avons sélectionné 41 clichés sur presque un million qui retrace un pan de l’histoire de Toulouse. Ainsi ce Mc’Do, qui ne se veut pas un musée, demeure un témoin de la vie de la cité. » Pour un flash avec Michel Réglat, Michel Dieuzaide n’a pas hésité à poser: « Avec Michel et Fabrice, nous avons fait une sélection et un choix de concert. Ces clichés content la vie à Toulouse des années 50 à 70, valorisées par un tirage argentique particulièrement réussi réalisé par le laboratoire de photo Photon. Le sépia offre une nouvelle vie à ces photos. La scénographie a été conçue par étage : le rez-de-chaussée est consacré au quartier Esquirol avec notamment le magasin Midica, le premier raconte la vie toulousaine et le deuxième traite des thèmes autour de la Garonne et des fêtes populaires avec le fameux «Baiser de la Garonne». »

PASSAGE DE TEMOIN A SON FILS
Pour perpétuer cette veine gastro-artistique, Michel Réglat a perfusé son sang économico-créatif à son fils François-Xavier, qui a lui-même ponté ce désir à son ami Nicolas Mazières. Et ce mariage de passion a enfanté un bébé « Les Enfants terribles », qui a poussé ses cris gourmands depuis novembre dernier aux Carmes, 5 rue des Prêtres. Avec le concours du sculpteur raffiné, Sébastien Langloys, Cocteau tendance, la porte est ouverte à un lieu cosy, où l’omelette aux cèpes de Corrèze ou les sardines de Getaria font un clin d’oeil coquin aux copins et copines aimant se lover dans ce lieu marchands d’autres histoires.
Que va nous conter bientôt Michel Réglat? De quelle aventure, il va nourrir nos étapes de vie? A suivre…

Laurent Conreur


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