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Alors docteur, le Stade Toulousain est-il en souffrance?

"Je ne suis pas inquiet. On n’est pas dans la déception au bout de quatre matches." proclame Guy Novès, l'œil pourtant noir.

« Je ne suis pas inquiet. On n’est pas dans la déception au bout de quatre matches. » proclame Guy Novès, l’œil pourtant noir.

Le jeune vieux sage et dernier vrai enfant du Stade Toulousain, -et le plus rentable sur investissement si j’avais un billet à mettre sur un joueur vu sa présence et sa régularité sur le terrain-, et futur papa, à savoir le sémillant Clément Poitrenaud, loin de fanfaronner, – ce n’est pas le genre du personnage-, indiquait posément en début de saison, « que je ne vois comment et pourquoi on ne réussirait pas une belle saison. Tous les joueurs, les anciens, les jeunes et les nouveaux venus sont en osmose parfaite. Notre présaison, débutée plus tôt, s’est parfaitement déroulée. On se sent tous investis. Il n’y a vraiment aucune raison pour que cela ne fonctionne pas. » Une ambiance chaleureuse calque des retrouvailles scolaires, où l’on pouvait s’attendre à quelques admonestations viriles stadistes sur les plus petits de la classe, les Oyonnax, les La Rochelle, les Brive, les Lyon, les Bayonne, les Bordeaux-Bègles ou les Grenoble par exemples. Quelques démonstrations claironnantes pour faire vite oublier les mauvaises copies rendues lors des deux dernières années scolaires rugbystiques, sans diplômes décrochés, et surtout celle l’an dernier au cours de laquelle les hommes de Guy Novès, le directeur de l’école et du jeu rouge et noir, surdiplômé pendant vingt ans, ont été renvoyés de la classe supérieure avant les demi-finales, dans son propre établissement d’Ernest-Wallon, par le Racing Métro. Grimaces et au piquet l’ex-très bon élève bardé de médailles.

HUGET: « Y A PAS LE FEU »
Alors…en quatre matches, deux victoires à la maison, une à l’arrachée et en souffrance contre Oyonnax et une épaulée jetée avec fracas contre Castres, et deux défaites à l’extérieur, une concassée en mêlée à La Rochelle et l’autre mangée à Brive alors que les Rouge et Noir ont dépensé leur capital potentiel de la victoire qui lui tendait la main. « Y a pas le feu. Notre compteur est neutre. Il suffit de battre Clermont samedi chez nous pour faire pencher la balance dans le bon sens » ne s’alarmait pas trop Huget, en ajoutant cotonneux, « mais il ne faudra pas se rater. » Deux voyages que le Stade avait pris pour habitude les années passées de gagner, certes parfois a minima ou avec le petit tchic-tchac de derrière leur fagot malin, mais de gagner en patron du peloton du Top 14. Mais là…c’est un peu le remake de l’an passé où Toulouse s’est cassé sa belle dentition sur les mâchoires des grognards du pack rochelais ou briviste. Guy Novès rectifiait vite le tir en visionnaire averti et nous avertissant: « Comparer une saison avec une autre, je ne l’ai jamais fait depuis plus de vingt ans, donc je ne vais pas commencer aujourd’hui. » Et de poursuivre en pêcheur pro flairant le poisson de la critique: « Je ne suis pas inquiet. On n’est pas dans la déception au bout de quatre matches. On évalue, on voit ceux qui sont prêts et ceux qui le sont un peu moins. « , l’oeil pourtant noir et le faciès pourtant rouge. Et d’ajouter en clair obscur: « On n’est pas loin de la vérité. »

NOVES: « ON A GAGNE LE DROIT AU RESPECT, IL NE FAUDRAIT PAS QUE CELA NOUS REVIENNE DANS LA GUEULE »
Mais au rugby, la vérité sort de la bouche de la mêlée, et c’est justement là que le Stade balbutie son langage. La faute à quoi? Aux blessures, Ferreira (cinq mois), Johnston, Kakovin ou à l’absence de Steenkamp (Four Nations), les quatre premiers choix de la première ligne stadiste. Au flop pour l’instant de la recrue bayonnaise Tialata…Guy Novès acquiesce sans cibler: « C’est un secteur où nous devons essayer d’être vigilant. La mêlée à La Rochelle, on la paye cher. Elle nous coûte encore dix points à Brive. Parmi les secteurs à travailler, ou persévérer à travailler, le secteur de la mêlée devient une priorité. »
Comme est la priorité de résultats probants pour les hommes de Guy Novès. Le Stade calife doit rester calife. Légitimité royale oblige. Guy Novès rétorque du tac au tac, avec son tact: « C’est comme les gens qui deviennent riches et qu’on critique après, compare Novès. On a gagné le droit au respect de tous par le biais de nos résultats. Maintenant, il ne faudrait pas que ce soit l’inverse, que ça nous revienne dans la gueule parce qu’on a gagné autant de fois. »

Laurent Conreur


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