Le général de Gaulle avec Le commissaire de la République, Pierre Bertaux, défile dans Toulouse le 16 septembre 1944.
70 ans. Le 19 août 1944, Toulouse était libérée, libérée de l’hydre nazi et de la collaboration abjecte de Vichy. La nouvelle majorité municipale conduite par Jean-Luc Moudenc, relayée via les réseaux sociaux par Laurence Arribagé, députée de la Haute-Garonne et adjointe au maire, et par les mouvements « Un nouvel élan pour Toulouse » et « Jeunes Populaires 31″, a tenu à rappeler cette date historique en toute sobriété. Un jour de joie en cette fin d’été 44 qui a été perpétué peu après cette date historique par une affiche forte brandie sur les murs de la Ville rose qui respirait enfin: « L’ennemi en fuite a abandonné la ville. Toulouse est libérée. Libérée à la fois du joug allemand et de l’abjection vichyssoise. Libérée grâce aux offensives victorieuses de nos alliés, Anglais, Américains et Russes, aux côtés de ceux qui se battent, tant de vaillants hommes de France, libérée par l’action héroïque des Forces Francaises de l’Intérieur, cette jeune armée de la République et des Milices Patriotiques, ces soldats citoyens ». Saisissant.
Avant ce jour de liberté retrouvée, à Toulouse et aux alentours, la Résistance avait fait son oeuvre prémonitoire en couchant les lignes électriques, sectionnant les voies ferrées, immobilisant les machines, multipliant les déraillements de trains, incendiant les usines et paralysant les départs pour l’Allemagne des troupes d’Adolf Hitler. La veille du jour heureux, des explosions commencaient à résonner dans la ville. Rue Maignac, siège de la gestapo et du consulat allemand, les archives prennent feu. Le matin du 19 août à 3 heures, l’armée allemande se voit obligée par ordre de regagner le Rhin. La fuite. A 15 heures, la gare Matabiau est le siège d’affrontements. A 19 heures, cette dernière sera libérée. Les actions de libération sont légions. Surtout prison Saint-Michel. Les prisonniers ayant lutté contre le joug nazi sont libres. Dans les rues de Toulouse, les luttes sont intensives entre les FFI et les soldats allemands refusant de rendre les armes. La chasse aux miliciens et aux soldats germaniques planqués fait rage et fera rage durant plusieurs jours. Vers 18 heures, le mot liberté est pratiquement sur toutes les bouches. Il faut toutefois contrer les colonnes allemandes arrivant des départements voisins voulant rejoindre Carcassonne. Les FFI déploient toute leur force, leur courage et leur amour de la liberté, et ce au péril de leur existence. Sur les boulevards, à Saint-Michel, quartier Roguet, ils bloquent le passage des chars, arrêtent les autos allemandes. Le 20 août au matin, le préfet de Région Sardon est sous les verrous. Le commissaire de la République, Pierre Bertaux, prend les commandes. Les services municipaux reprennent vie sous la houlette de Raymond Badiou au Capitole. La Résistance a farouchement lutté pour que Toulouse ne connaisse ni coupure d’électricité, de gaz ou d’eau. Une vie normale recouvre ses droits. Enfin.
DE GAULLE ACCLAME PLACE DU CAPITOLE LE 16 SEPTEMBRE
Le 16 septembre 1944, arrivant de Marseille, le général de Gaulle est reçu à 10 heures à l’aéroport par Pierre Bertaux, et avec ce dernier par toute la Résistance. Dans son édition du jour, « La République », le journal du MLN, écrit: « Général de Gaulle, Toulouse est heureuse de vous accueillir et d’acclamer en vous un libérateur et un chef ».
L’accueil du peuple libéré est immense. Des dizaines de milliers de gens « l’héroïse » lors de son discours au balcon du Capitole: « Toulouse, Toulouse libre, Toulouse fière, fière parce qu’elle est libre et fière parce qu’au milieu de toutes les larmes, de toutes les angoisses, de toutes les espérances qu ‘elle a traversées, jamais Toulouse n’a cru que la France était perdue, jamais Toulouse n’a renoncé ni à la grandeur du pays, ni à sa victoire, ni à la liberté des hommes, ni à celle des Français et des Françaises. (…) » Ne l’oublions jamais.
Laurent Conreur
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