Deux règlements de comptes en quarante-huit heures, le procureur de la République craint « une radicalisation ».
Deux réglements de comptes froids et mortels en quarante-huit heures à Beauzelle et dans le quartier des Izards à Toulouse. Le procureur de la République, Michel Valet, tire la sonette d’alarme, et pas avec des balles à blanc. « Si on prend la série d’événements que nous venons d’évoquer, Toulouse n’a rien à envier à Marseille. Je pense que la situation est en effet très grave ». Et d’aller encore plus loin en craignant « Une radicalisation. »
Depuis décembre, la Ville rose et ses banlieues ont vécu quatre morts dans d’apparentes exécutions violentes supputant une guerre entre bandes rivales sous fond de trafic de drogues. L’identité des deux hommes assassinées, jeudi à la kalachnikov à son domicile à Beauzelle où l’on a retrouvé quinze douilles, et vendredi par six balles dégainées dans un salon de thé de Bagatelle par une des deux personnes casquées circulant en scooter, attise cette cause: la première victime a été recemment incarcérée pour tentative de meurtre après avoir vécu dans le quartier des Izards, carrefour central du trafic de drogues à Toulouse; la seconde était connue des services de police pour violences aggravées, trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs.
Il semble aujourd’hui, sans en avoir la preuve absolue, que tous ces réglements de compte peuvent avoir des liens: le quartier des Izards a été le sinistre théâtre de deux assassinats aux couleurs d’exécutions sommaires, en décembre 2013 à la kalachnikov et le 21 janvier; les deux derniers morts ont vécu dans ce quartier plaque tournante du deal de drogues. Et de ce fait d’évoquer d’éventuelles représailles. Et d’une source policière de déclarer: « On pense évidemment à un match retour, mais rien ne le prouve. » Le procureur de la République, désireux « d’enrayer cet engrenage », a lancé un appel à témoins, afin de « mettre fin à cette dérive » pour que Toulouse n’ait pas la douleur de vivre à nouveau de tels meurtres à répétition, et que la Ville rose ne devienne pas un petit Marseille, même si la cité phocéenne avec une quinzaine de réglements de comptes meurtriers enregistrée depuis début janvier ne joue pas dans la même catégorie du « gun » facile.
Romy Sinclair
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