Politique & Société

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Entre ombre et lumière. Reviendra, reviendra pas? Nicolas Sarkozy, héros hitchcockien.

Suspense à tous les étages de l’appareil UMP. Reviendra, reviendra pas… »Le doute est une certitude, la certitude est un doute », remember Nietzsche. Et oui, le doute plane sur le come-back en politique de Nicolas Sarkozy. Digne d’un scénario hitchcockien, que ce soit pour le tournage des primaires de l’UMP ou pour le film sur l’élection présidentielle de 2017. Virevolte? L’ex-président de la République avait pourtant assuré les yeux dans les yeux à Jean-Jacques Bourdin sur RMC qu’ « il ne reviendrait jamais en politique s’il perdait les élections présidentielles de 2012. » Au soir noir de la défaite, il avait joué patte de velours avec ses électeurs, « Mon engagement à la vie de mon pays sera désormais différent. Mais le temps ne distendra jamais les liens tissés entre vous. » On oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout. Reste qu’à ce jour, il a respecté ses affirmations livrées au journaliste de RMC…mais demain?

« JE N’AI PAS PRIS MA DECISION »
Dans le magazine « Valeurs actuelles » à paraître demain, l’homme visé par plusieurs enquêtes judiciaires lève un peu le voile sans pour autant frapper les trois coups de son retour sur la scène.Théâtral. « Je n’ai pas pris ma décision, s’agissant de la présidence de l’UMP. Parce que je veux avoir tous les élements en main » confie-t-il avec la maestria dialectique qu’il le caractérise bien. Et de poursuivre avec cette dose de pragmatisme conjuguée d’innocence savamment dosée: « Comprenez bien qu’il ne s’agit pas de la décision de mon plaisir. Je n’ai aucune revanche à prendre sur quiconque. » Les « Nicolas reviens » sont certainement tombés dans son oreille interne, et doivent faire écho à sa décision. A décoder la suite sans décodeur: « Le plus dur dans la vie, ce n’est pas la décision du retour, mais celle du départ. Quand, comment et pour quoi faire? Car le départ, cela peut signifier partir loin ou bien, au contraire, un nouveau départ. C’est d’ailleurs ce que j’avais expliqué le 6 mai 2012 dans mon discours à la Mutualité. » Grand artificier politique, personne ne peut le nier, Nicolas Sarkozy sait à merveille combiner le yin et le yang qui pense plus la dualité sous forme de complémentarité ou de conséquence. La preuve entre le désir et le devoir: « La première campagne présidentielle, on la fait toujours par envie et par désir. Pour un retour, le moteur, c’est le devoir. C’est la capacité à redonner de la confiance à un pays qui n’a plus de réponses pour aucun des grands défis du moment. »

« IL FAUT ATTAQUER L’EGALITARISME PAR LES DIFFERENCES »
Déjà rassembleur, même s’il ne rassemble pas tout l’aval dans son camp, Nicolas Sarkozy, fonceur sans les excès de vitesse antérieurs mais surtout pas frondeur, joue avec les mots pour soigner les maux, avec sa posologie de redresseur pas de torts mais de redresseur tout court et ce dans un soucis d’équité, en livrant toutefois quelques piques dans tous les corps politiques: « Les socialistes voient toute différence comme une injustice. Moi, je vois toute différence comme une richesse. Jusqu’à présent, la droite attaquait l’égalité par la liberté. C’était une erreur d’analyse. Car c’est toujours perçu comme la liberté du fort sur le faible. Il faut au contraire attaquer l’égalitarisme par les différences. » Si ce n’est pas un discours d’annonce politique, qu’est ce que c’est? Seul Alfred Hitchcock connaît le dénouement….et son acteur vedette Nicolas Sarkozy aussi.

Laurent Conreur


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