
Le Blue Cargo à Bidart, un lieu mythique avec sa cuisine Sud-Ouest et son dance floor face à l’océan.
Depuis 1956, et un clap moteur du scénariste californien Peter Viertel pour le film d’Henry King « Le soleil se lève aussi » tiré de l’oeuvre d’Ernest Hemingway, narrant l’aventure bucolique de jeunes Américains en Europe et par ce biais l’importation de la pop culture US, le surf ride sur le sommet de la vague de la popularité sur la Côte basque, sur les 60 kms de plages se déployant du sud des Landes à la frontière espagnole. Avant l’avénement de ce divin enfant des sports de glisse, et la naissance de la mythique bande des « Tontons surfeurs », les Joël de Rosnay, André Plumcoq, Michel Barland et consorts sufers, quelques basques malins et géotrouvetout s’essayèrent à dompter la vague avec des planches de fortune, notamment la planky (une planchette recourbée), sur le spot de Miramar, les Georges Hennebutte, les frères Uresti ou encore l’ébéniste Jacky Rott, qui après avoir été subjugué par les GI’s sur la houle d’Hawaï, construisit sa planche, mais sans aileron et sans parafine, et donc totalement ingérable en posture debout. Le 11 septembre 1957, le surf connaît son premier bain journalistique avec un pavé lancé dans la marre du « Journal de Biarritz ». Quelques mois plus tard, Jacky Rott met à l’eau la première planche française, La Neptune, qui avec sa gaze anti-dérapante vous déchire la peau du ventre. Rott fait alors spot commun avec Barland et sortent les premières séries de planches en plastique. La venue à Biarritz de Livesavers australiens, as du sauvetage et habiles sur les planches avec leur départ dérive en avant, binôme sur la planche et dompteurs des virages, ouvre grand les esprits des Basques leur prouvant que le surf n’est pas seulement qu’affaire de la longueur de vague. Dans le sillage, et avec le concours pécunier du milliardaire péruvien, Carlos Dogny, le Waikiki Surf Club, premier club de France, est porté sur les fonds baptismaux le 16 septembre 1959. Suivent alors dans ce courant sea and fun les premières planches en mousse polyuréthane, les premiers championnats de France et d’Europe en 1960 et 1961 et une certaine hégémonie française, la création en 1964 de la Fédération Française de Surfriding à Biarritz, les surfshops originels et les écoles de surf. La France côté Côte basque créé un tel buzz interplanétaire que les Californiens, cheveux aux vents, déboulent sur l’Atlantique française. D’autres suivront comme Tom Curren.
La « Glissicon Valley », paradis des surfers, figure depuis en majesté nautique sur la carte du monde avec sa panoplie de spots variés, ses « beach break » caressées par les digues comme à Anglet ou ses vagues tubulaires et maousse costauds de Guéthary et de Biarritz, avec comme palme d’or la Belharra, où, comme Peyo Lizarazu, le frère de…, on y va, coeur vaillant, tracté au large d’Urrugue, se mesurer à un élément pouvant dérouler jusqu’à 15 mètres.
Ici en pays basque et landais, le surf demeure associé à un certain état d’âme positif et zen, le fameux aloha spirit si cher aux Hawaïens qui veut que l’on donne à la mer sans rien attendre en retour. Et cela que l’on soit surfer cador ou néophyte mesuré. « Les vagues sont des illusions. Elles viennent de nulle part, prennent une apparence matérielle et, aussitôt, se brisent et disparaissent. Traquer de tels mirages flottants est une perte de temps. C’est pour cela que j’ai choisi d’en faire ma vie » résumait Miki Dora, autre légende de la discipline.
GLISSE GUIDEE VERS LES MEILLEURS SPOTS
Anglet: La Barre. Un des spots les plus fameux de Côte par temps gaillard. Une gauche qui déboule jusqu’à la digue des Cavaliers suivie d’une petite droite qui va s’achever vers la digue de l’embouchure de l’Adour.
Anglet: Les Cavaliers. Deux vagues tubulaires, une droite qui s’attaque le long de la digue, suivie d’un pic droite et gauche. Ici, s’y déroulent le Billabong pro Anglet Mundaka et le O’Neil surf challenge. C’est aussi le spot favori de Tom Curren.
Biarritz: Côte des Basques. La chasse gardée des longboarders. Locataire du Biarrtiz surf festival. Elle a vu rider les premiers sufers d’Europe.
Bidart-Guéthary: L’Avalanche. Surtout pour les surfers aguérris car cette gauche énorme est connue sur la planète entière.
Guéthary: Parlementia. Pour du gros surf et des gros bras car cette droite costaude longue sur fond de rochers oblige à une rame assez longue.
Biarritz: Grand Plage. Une vague technique sans trop d’exigence, mais nécessite de la vigilance car sa situation en coeur de cité fait que le spot est très emprunté.
Anglet: La Chambre d’Amour. Un bon beach break et des vagues sympas sur les mi-marrées mais trop d’embouteillage en été.
LES PLACES TO BE
L’Emak Bakea à Bidart: Une maison basque avec son jardin qui surplombe la mer. www.emakbakea.com
Le Blue Cargo à Bidart: Une restauration esprit pur Sud-Ouest et dance floor face à l’océan. www.bluecargo.fr
Villa Arche à Bidart: L’océan est au bout du jardin dans le cadre idyllique d’une partition architecturale contemporaine. www.villarache.com
Le Café Jean à Biarritz: Un restaurant de pintxos. On y déguste des spécialités espagnoles et régionales dans une ambiance calme et raffinée. Entouré d’œuvres de peintres locaux comme Pablo Elizaga, Aski, Hacala, Baroja, vous découvrirez une carte variée et créative. www.cafejean-biarritz.com
Providence à Guéthary: Un lieu modulable et atypique rappelant la proue d’un bateau. Un lieu d’expressions artistiques et musicales.
La Cabane à huîtres à Biarritz: L’endroit top pour l’apéro avec ces cassolettes de kokotxas, chipirons ou pétoncles. www.cabane-a-huitres.com
Heteroclito à Guéthary: Au-dessus de la vague de Parlementaria, idéal pour boire un verre ou dîner après une session surf pour admirer le soleil se coucher.
Côte 57 à Biarritz: Lieu incontournable des fans de la côte basque, on y mange a merveille avec une vue exceptionnelle de la côte jusqu’en Espagne. www.facebook.com/cote57
Dejeanne à Bayonne: Concept-Store novateur et charmant. Maison de style(s) assaisonnée à la sauce bayonnaise se veut la promesse d’une mode inspirée et de trouvailles chinées. Prêt à porter femme et petite brocante. www.facebook.com/dejeanne.bayonne
Wallako surf shop à Bidart: Spécialiste des planches de surf shapées à la main par les meilleurs artisans australiens Classic Malibu, Sea Surfboards, Ben McTavish, Morning of The Earth, Van Straalen, Neal Purchase Jr et les alaïas de Tom Wegener. Le Wallako Surfshop propose également une sélection inédite de tee shirts et boardshorts issus des artist series de RVCA, Katin, Ando and Friends, Ambiguous Clothing… www.wallako-sufshop.com
Laurent Conreur
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