En cette noire période dans le ciel aérien, Airbus vient de connaître un crash financier avec son seul client japonais, Skymark Airlines, au pays du soleil levant où l’Américain Boeing monopolise la marché. En raison de turbulences financières, Airbus a signifié à la compagnie nippone l’annulation de sa commande de six A 380. Un contrat évalué à 2,25 milliars de dollars, soit 1,6 milliards d’euros au bénéfice de l’avionneur européen. Dans un communiqué, le dirigeant de l’entreprise japonaise, Shinichi Nishikubo, a avoué que « nous préparons depuis quatre ans l’entrée dans notre flotte d’A 380. Hélas, l’environnement des affaires est devenu extrêment difficile à cause de la férocité de la concurrence et de la baisse récente du yen (Une baisse qui impacte énormément sur le prix du kérosène). »
UNE COMMANDE ASSEZ OSEE
A cause de ce déficit pécunier, la compagnie nippone a proposé à Airbus de différencier la fréquence de ses commandes, en repoussant à la livraison des deux permiers gros porteurs et en reportant sine die celle des quatre suivants. Seulement les paramètres posés par Airbus pour reviser ce contrat sont inacceptables pour Skymark: « Airbus nous demande de passer sous la coupe d’une grande compagnie, sans dire laquelle.Pour nous, c’est impensable. »
Dans l’hypothèse d’une annulation de la commande, Airbus « se réserve tous les droits et recours. » Et en cas de rupture, Airbus, selon le dirigeant de Skymark, « revendiquerait des dédommagements exorbitants. Ils dépassent tout entendement. » Shinichi Nishikubo reprenait le manche de cette affaire: « Nous avons versé une avance de 7 milliars de yens, (52 millions d’euros) pour chacun des premiers appareils et une autre de 12,5 milliards de yens pour les quatre autres. On devait en outre payer en avril une nouvelle échéance de 8 milliards de yens. Une somme qui a très peu de chances de nous être remboursée. » Mais là où il y a un peu plus d’orage dans l’air du dirigeant japonais, ce serait dans la manière utilisée selon lui par le constructeur européen: « Une notification d’annulation unilatérale nous est parvenue, alors qu’il n’y a pas eu la moindre réunion officielle sur cette rupture de contrat, malgré des négociations entamées en avril pour réviser les clauses. »
Au crédit d’Airbus, il faut souligner que la commande de cette petite compagnie s’avérait un peu osée, car aucune des deux monstres du ciel japonais, Japan Airline et ANA, n’ont jamais opté pour l’achat de tels gros porteurs. Skymark, seulement limitée à ce jour dans les liaisons intérieures, projettait d’offrir un catalogue de lignes internationales low coast avec les super-jumbos européens.
Laurent Conreur
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