Politique & Société

Effrayant, le cap du demi-million d’actes violents en un an est franchi

En un an, avec 3,8% de hausse, les actes violents ont dépassé le demi-million en France.

En un an, avec 3,8% de hausse, les actes violents ont dépassé le demi-million en France.

Alors qu’Albi, le monde scolaire, et surtout tous les siens, pleurent encore et pleureront toujours Fabienne Terral-Calmès, 34 ans, l’institutrice assassinée au couteau le 4 juillet dernier au matin dans sa classe par une mère d’élève déséquilibrée, Fabienne Terral-Calmès faite chevallier de la Légion d’honneur, « mort au service de la nation », un sinistre bilan a été révélé aujourd’hui par le tableau de bord du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve: la France a franchi la cap historique du demi-million de faits de violence enregistrés en un an. Sur les douze derniers mois, 504 081 atteintes volontaires à l’intégrité physique ont été comptabilisées, contre 485 601 l’an dernier, soit une hausse de 3,8%. Dans ce triste constat sont introduits les violences contraventionnelles, comme les violences de rue, les vols de portables, les dérives violentes dans le privé, mais aussi les agressions dans le milieu scolaire. Des actes violents qui, en augmentant en un an de 16%, soit de 118 214 à 137 159, symbolisent bien le climat délétère de notre société, où l’agression ambiante n’est pas une lubie ou un pur délire dans certaines zones de vie. Mais pourquoi ce climat se dégrade irrémédiablement? Parce que trop souvent les atteintes aux personnes ont été délégitimées, parce que trop souvent, on a apposé aux acteurs de ces faits l’excuse, car le coupable était paupérisé, exclu ou chômeur, pire même selon certains propos d’avocats « des victimes de la société ». L’argument socio-économique de la pauvreté comme catalyseur de la violence n’a pas vraiment de raison d’être: la preuve, dans des villes huppés proches de Paris, une violence épidémique a trouvé son territoire. Alors que dans des zones rurales où le niveau de vie est bien plus bas, très peu d’actes violents sont référencés. Sauf pour les violences sexuelles, qui dans l’ensemble augmentent dangereusement de 6% (29 015 faits cette année, 27 364 l’an dernier), avec 3% de hausse dans les villes pour 10% dans les campagnes.

HAUTE-GARONNE ET TARN DANS LES MAUVAIS ELEVES

Si l’on passe à la loupe la carte de France de la violence, on constate que dans 85 des 96 départements de la Métropole, les atteintes à l’intégrité physique ont progressé. Et peut-être etonnament dans le lot des mieux-portants, on retrouve les Bouches-du-Rhône avec moins 9,9% d’infractions constatées, soit 3000 faits de violence de moins. En région Midi-Pyrénées, trois départements figurent au tableau des élèves en progrès dans la baisse: le Gers, les Hautes-Pyrénées et l’Ariège. Par contre, dans la colonne des hausses allant de 3,9% à 9,9%, on retrouve le Tarn-et-Garonne, mais aussi des proches voisins comme le Lot-et-Garonne, l’Aude, les Pyrénées Orientales, les Pyrénées Atlantiques, l’Hérault ou encore la Gironde. Dans le classe des mauvais élèves avec des hausses allant de 10 à 20%, sont assis la Haute-Garonne et le Tarn, sachant que le cancre a pour nom la Haute-Loire avec un taux en progression de 27,8%.
Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, qui a fait de la sécurité, un pilier de son programme politique, rencontre Bernard Cazeneuve début septembre. Nul doute que ces déplorables chiffres viendront à la table des conversations.

Laurent Conreur


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