Bernard Arnault, actionnaire de LVMH, avec Karl Lagerfeld, plus riche fortune de France avec 27 milliards d’euros. Le luxe, première cash machine.
Le chômage, le président Hollande avait promis d’en enrayer l’augmentation, que nenni, il ne cesse de flamber et d’allumer l’incendie des peurs. Le pouvoir d’achat de la majeure partie des Français ne bouge pas d’un iota ou diminue sévèrement, notamment pour la classe moyenne, colonne vertébrale de la société pour qu’un corps social vive en bonne santé. A l’heure des vacances, combien de nos concitoyens ne pourront pas rêver de coquillages et crustacés sur les plages ensoleillées? Beaucoup, beaucoup trop, et encore plus par rapport à l’été dernier. Et pendant ce temps là…La France n’a jamais compté autant de milliardaires, selon le traditionnel classement du magazine Challenges. Dans la ruée vers l’or, la richesse des 500 premiers sprinters de ce peloton fortuné a vu l’ensemble de ces patrimoines professionnels croître en un an de 15% pour atteindre le joli magot de 390 milliards d’euros. Ce qui fait que ces 1% de la population détient 25% de la richesse nationale, contre 23% en 1970 à la belle époque du baby-boom. Un enrichissement général qui se traduit aussi par la progression du nombre de milliardaires en cette année, de 55 à 67 heureux possesseurs d’un confortable matelas en euros. Petit couac dans cette hilarité financière, car si le pactole final est en hausse, la vitesse de progression a connu un petit coup de frein puisque l’an passé, la flèche du compteur pointait à 25%. Tous ces chiffres mirobolants et affriolants placent toutefois la France bien loin des pays phares en Europe.
Au classement des majors moneys, Bernard Arnault, l’actionnaire du groupe de luxe LVMH, conserve son maillot jaune de leader, avec 27 milliards d’euros de pécule, avec un bonus de 2,7 milliards cette année. Liliane Bettencourt, madame L’Oréal, reste sa dauphine avec 26 milliards, et Gérard Mulliez, le créateur du groupe Auchan, médaille de bronze avec 20 milliards. En période de crise, un constat s’impose: le luxe, c’est la première cash machine. La preuve, Axel Dumas, Hermès, avec 17 milliards, et Alain et Gérard Wertheimer, Chanel, avec un capital de 14,5 milliards, connaissent les plus conséquentes croissances. On note aussi la percée bankable des nouvelles technologies avec Monsieur Free, Xavier Niel, placé dans le top 10 avec 8,5 milliards. Il y a aussi dans ce panorama à billets les tous petits qui sont partis de rien et qui pèsent aujourd’hui comme Mohamed Altrad, le président de Montpellier rugby, numéro 1 européen de l’échafaudage et de la location de bétonnières, 61e fortune française avec 1 milliard d’euros, qui après la création de son entreprise il y a trente ans, vit une croissance à deux chiffres.
DES INVESTISSEURS NOMMES BANQUES CENTRALES
Alors que penser de ce constat? Que certaines entreprises françaises se portent bien et qu’elles permettent de maintenir ou de créer de l’emploi. Bien sûr certains diront que chez Auchan, les petits salaires sont légion et que les contrats de 29 heures sont pléthoriques. Mais, ne vaut-il pas mieux qu’Auchan reste en France et que le groupe paye ses impôts sur notre territoire plutôt qu’il ne fuit pas à l’étranger et délocalise. S’il n’y a pas de richesses dans un pays, c’est la ruine garantie.
Une autre question s’impose: qui permet de relancer la mécanique économique alors que le moteur de la croissance tourne en ces temps-ci au ralenti au diesel? Les banques centrales qui prêtent à taux zéro ou négatif, ou qui boostent la planche à euros, et ainsi injectent des milliards dans un bail actif réel en participant dans des sociétés. Dommage, par contre, que ces banques refusent des prêts à de petits entrepreneurs prenant des risques. A méditer.
Laurent Conreur
META AREA /META AREA