Politique & Société

Toulouse: les prostituées n’ont plus pignon sur rue

Jean-Luc Moudenc a signé hier, avec son adjoint à la sécurité Olivier Arsac, l'arrêté anti-prostitution qui a pris effet ce mardi à minuit.
La prostitution est maintenant interdite dans cinq quartiers chauds de la Ville rose.

La prostitution est maintenant interdite dans cinq quartiers chauds de la Ville rose.

Dans certains quartiers chauds de Toulouse, la prostitution n’avait pas pignon sur rue. Les riverains et les habitants des quartiers impliqués ne cessaient de manifester leur ire et de réitérer leur désir de ne plus subir les affres du bruit, de l’insécurité et des problèmes d’hygiène que la présence des 300 à 400 prostituées générait. « Il vaudrait mieux rouvrir les maisons closes que de voir des prostituées dans la rue en proie à tous les dangers. Ce serait beaucoup plus sécurisant pour ces dernières, ainsi on pourrait stopper les réseaux mafieux proxénètes et assurer un suivi santé aux travailleuses du sexe » clamait alors un habitant du quartier Matabiau, un des coeurs de la prostitution à Toulouse.

« CE N’EST PAS UNE CHASSE AUX SORCIERES »
Le futur maire Jean-Luc Moudenc avait entendu ces requêtes durant la campagne et avait assuré l’électorat qu’un arrêté anti-prostitution serait signé cet été s’il gagnait le Capitole. Depuis hier, chose promise, chose faite. Avec son adjoint à la sécurité, Olivier Arsac, le premier édile a paraphé un texte lundi et qui prend effet depuis ce matin minuit. Il signifie l’interdiction de la prostitution dans cinq quartiers terreaux de la prostitution dans la Ville rose, le secteur de Matabiau, celui des Ponts-Jumeaux, les Minimes mais aussi Les Sept-Deniers. Le cinquième secteur couvrant une partie de l’avenue des Minimes et l’avenue Collignon. Dorénavant, la police municipale pourra verbaliser à hauteur de 38 euros les travailleuses du sexe si elles « tapinent » sur le trottoir, et ce 24 heures sur 24 dans la zone de Matabiau, et de 18 heures à 5 heures dans les autres secteurs interdits. Cet arrêté est effectif durant 12 mois, et pourra être adapté en fonction des lieux de racolage. « Ce n’est pas une chasse aux sorcières » assure Jean-Luc Moudenc, conscient que la prostitution pourra alors trouver d’autres trottoirs d’expression dans la cité, et qui, sans le prononcer ouvertement, ne cache pas que là où la prostitution s’installera, la mairie l’interdira.

MANIFESTATION LE 11 JUILLET
Ces mesures municipales et ce discours ne satisfont pas du tout le Strass, le syndicat du travail du sexe, qui n’y voit pas un arrêt de la prostitution mais un déplacement, « Les prostituées sont poussées en périphérie et elles sont exposées à la violence et à la précarité. Cette mesure rend encore plus difficile leur suivi et complique les actions de prévention contre le sida. » En conséquence, le Strass appelle à une manifestation le 11 juillet à 18 heures au Capitole contre cet arrêté municipal.
Si l’on ajoute à cette démarche anti-prostitution décrétée à Toulouse, le vote au Sénat cet après-midi de la loi qui pénalise les clients des travailleuses du sexe, force est de constater que les problématiques de la prostitution ont une large place sur le trottoir d’expression populaire. Le retour des maisons closes contrôlées et securisées ne serait-elle pas la seule solution qui ferait l’unanimité?

Laurent Conreur


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