Mais dans quel monde de folie vit-on? L’horreur et l’abomination générées par le meurtre au couteau d’une institutrice par une mère d’élève âgée de 47 ans, ce matin, à l’école maternelle Edouard-Herriot dans le quartier Lapanouse d’Albi, apportent une preuve supplémentaire du climat délétère et anxiogène de notre société. « Un drame abominable » selon le Président de la République consterné après la prise de connaissance et de conscience du drame. Oui du drame. 9 heures ce matin, Fabienne Terral-Calmès, professeur des écoles, 34 ans, maman de deux petites filles, participe, comme tous les matins à l’ouverture des classes, quand, une femme, armée d’un couteau de cuisine, la poignarde sous les yeux des enfants. « L’enseignante était en arrêt cardiaque dans sa classe quand je suis arrivé sur les lieux. On a essayé de la ranimer » signifiera le magistrat. En vain, aux alentours de 11 heures, elle succombait à la suite de ce geste fou.
Mais pourquoi un tel crime? La mère, arrêtée et mise en garde à vue après son acte horrible, déjà connue des services de police pour délaissement de mineur de 15 ans et non signalement de disparition de mineur, et souffrant d’antécédents psychiatriques, aurait, selon les premiers éléments de l’enquête, perpétué ce geste parce que « l’enseignante avait été méchante avec sa fille ». Juste hallucinant. Selon certains témoins, la professeur des écoles aurait fait des remarques à cette mère en raison des nombreux retards de son enfant.
UNE PERSONNE SUR DIX OEUVRANT DANS L’EDUCATION NATIONALE EST MENACEE
Au-delà de toutes les déclarations de circonstance, et notamment celle du ministre de l’Education nationale, Benoît Hamon, venu sur place pour « adresser ses condoléances aux proches de l’enseignante et pour leur apporter son soutien », force est de s’interroger sur les raisons des violences qui sévissent dans et hors de l’école, et sur les menaces qui pèsent sur les enseignants et sur les élèves au sein de l’école de la République. Car si cet homicide revêt une dimension exceptionnelle par sa très grave tonalité, il n’en reste qu’une étude récente en milieu scolaire traduit qu’une personne sur dix oeuvrant au sein du corps de l’Education nationale a subi des menaces ou des insultes. Une donnée qui glace car c’est deux fois plus que dans toute autre profession. Une étude qui montre aussi que dans les lycées et les collèges, ce sont les élèves qui profèrent ce flot de provocations, alors que dans les écoles, ce sont les parents d’élèves qui intimident ou menacent les enseignants ou le personnel, surtout quand ils ont moins de 30 ans. Gravissime. Victor Hugo disait qu »Ouvrir une école, c’est fermer une prison ». Le pire est qu’aujourd’hui, on pourrait paraphraser sa citation en disant que l’on remplit des prisons avec des gens qui ont commis des actes horribles dans les écoles.
Laurent Conreur
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