Un audit sur la propreté sur les huit pôles de Toulouse Métropole est en cours.
Malgré un héritage financier bien plus alarmant qu’attendu, et par effet ricochet cette volonté de ne pas appliquer l’exercice budgétaire dicté par l’ancienne municipalité qui endetterait la Ville rose à hauteur de 100 millions d’euros, Jean-Luc Moudenc ne se dédit pas. A une semaine des 100 jours en poste au Capitole, le maire garantit que les vingt mesures prioritaires annoncées lors de sa campagne seront in fine appliquées. « J’ai été élu pour mettre en œuvre mon projet et je le ferai sans rien édulcorer », assure-t-il sans contrefaçon. Et parmi ces opérations en figure une qui n’indiffère personne: la propreté. Jérôme Biaggi, commerçant docteur ès mode homme, rue Cujas, par exemple: « La propreté des rues est le catalyseur capital de la santé commerciale, mais aussi un vecteur essentiel du développement du tourisme dans notre ville. Un marqueur fort. On a pu largement se rendre compte précédemment que cette mission n’a pas été remplie par l’ex-municipalité, et c’était déplorable. » Certes, il y eut le « Défi Propreté », la multiplication des canisites et des corbeilles de rue mis en place par l’équipe Cohen, mais selon Jean-Charles Carrère, boutique alimentaire ultramondialiste « A m’en donné » et restautant copain-copain rue des Changes, ces mesures étaient largement insuffisantes: « La ville était toujours sale, parfois très sale, avec encore à 9 heures du matin, des détritus jonchant les rues commerçantes. »
UN AUDIT EN COURS
Jean-Luc Moudenc n’a pas été sourd à ces doléances. La propreté de l’espace public a été placée dans la case priorité. Pour résoudre cette problématique, la nouvelle municipalité a décidé d’organiser un audit sur la propreté. Romuald Pagnucco, l’élu en responsabilité de ce dossier, confirme que cette étude est en cours sur les huit pôles de Toulouse Métropole, et qu’un état des lieux ciblé s’avère fondamental pour éclairer sur l’organisation des services, sur le potentiel humain et matériel, sur les plannings et tous les autres paramètres capitaux pour optimiser ce chantier.Un premier résultat positif a toutefois déjà été constaté lors de la Fête de la musique où la convivialité a été remise en accord majeur. Tôt le lendemain de la Fête, Toulouse était propre. « Le lendemain de la fête de la musique, le maire a tenu à être informé toutes les demi-heures de la remise en état de la ville », rapporte Romuald Pagnucco. Pour que ce refrain se répète lors de la Fête du 14-Juillet, l’équipe municipale travaille déjà en amont pour rendre dès le matin suivant la Fête une ville nickel. Pour ce faire, dans les lieux sujets à festivités, dans les places poumons centraux de la cité et les zones proches de Matabiau, les services de nettoyage seront actifs dès 4h30 afin que dès 8 heures, la propreté domine. Dans sa volonté de satisfaire les citoyens, Jean-Luc Moudenc évoque aussi l’interactivité avec l’instauration d’une brigade de nettoyage en direct avec Allô Mairie, le 3101, afin que les habitants puissent signaler des secteurs non nettoyés. Afin que la responsabilité s’applique aussi à tous, et que le civisme soit l’exercice de chacun, le maire songe à des médiateurs de quartiers allant croiser les habitants pour des opérations sensibilisation à la propreté de la ville. Un désir qui n’est pas dénué de faits, la preuve avec les escaliers de la place Saint-Pierre, qui sont jonchés de saletés le matin venu des soirs de fête. « Les gens ne respectent pas ces lieux. Il arrive des matins où quatre agents nettoyent pendant deux heures les marches pour restituer ce site propre pour les promeneurs » constate, ennuyé, Romuald Pagnucco. Et oui, la propreté est aussi mission de chacun, pas seulement des élus.
Romy Sinclair et Laurent Conreur
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