Iznogoud, le grand vizir héros-anti-héros de Goscinny, dont le nom est la simple francisation de l’expression anglophone, « he’s no good », (NDLR: Il n’est pas bon), dépeint la France d’aujourd’hui, celle qui veut « être calife à la place du calife ». Celle, si l’on ne veut pas se voiler la face, de la France de la loose, qui, par le biais, des défauts caractérisant Iznogoud et ses viles ambitions, la colère, l’égoïsme, la hargne, l’avarice et l’ultra-individualisme, ne réussit pas à mener ses plans à terme malgré le concours de son fidèle homme de main, Dilat Laraht, être d’aspect bonhomme mais souvent sous-homme invectivé et martyrisé par celui qu’il appelle « patron ». De l’affaire Cahuzac en passant par Bygmalion et ses millions, au dérives Le Pen, pire et fille, en zoomant sur les promesses « pschitt » de la baisse du chômage par le gouvernement d’un Président en dessous du niveau de l’amer de la popularité et une croissance qui souffre de nanisme, la France Iznogoud possède toute la collection des albums aux mauvais desseins. Et puis, il y a le foot. Le foot, le foot, le foot. Trève, une plaisanterie, pour oublier le pire. Le foot, cet autre grand vizir, qui, par effluves de potion magique, nous endort pour nous réveiller dans un monde de bisounours. Et pourtant, j’aime le foot. Mais là, c’est l’hypnose foot.
ET HOLLANDE CARESSA LA CRETE DE POGBA…
Depuis que la France des ex-sales gosses, remis sur la route de l’éducation et du civisme, par l’instituteur Deschamps, a passé le premier tour de la Coupe du Monde au Brésil, image restaurée, sourire de bien élevé, la France rassemblée, la France libérée de ses menottes sociales, la France solidaire derrière un bus bleu qui n’a pas déposé d’avis de grève, enfin la France est là. Aujourd’hui, l’optimisme est de mise. Youpi! Ce soir, c’est Nigéria. Un huitième de finale pour « La porte du paradis » comme l’ose à sa une le plus grand et seul quotidien sportif français. Que dire demain si elle gagne ce soir? « Entrez les génies » pour le succès en quart de finale, et puis « Un demi pour les sauveurs de la patrie » pour la qualification pour la finale, et pour le titre mondial « Les dieux sont français ». Et le 14 un 15 juillet pour attendre le retour des héros. Et après Chirac qui embrasse le crâne de Barthez en 1998, Hollande qui caresse la crête de Pogba. Plus besoin d’anxyolitiques pour notre pays premier consommateur mondial, il y a le foot. L’hallu!!! Certains économistes, enfin ils se qualifient ainsi, assurent que ce succès du onze de France, c’est des points de croissance. On nous prend pour des tanches, avec l’hameçon des illusions. Non, non, ce matin encore, sur une grande radio nationale, un chroniqueur, gros n……., avait le toupet de clamer: « La vente des pizzas et des bières va crescendo. C’est bon pour l’économie », « Dans des entreprises, les salariés se retrouvent ce soir à 18 heures devant la TV, un grand écran acheté pour cet effet, pour voir ensemble le match. Cela recréé du lien social. » Et dire que j’aime le foot. Pas l’hypnose. Le Rome de Jules César avait inventé les jeux du cirque pour endormir le peuple. Hypnose antique. Eternelle tactique.
Laurent Conreur
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