Manuel Valls, d’avant remaniement, alors ministre de l’Intérieur, en août 2012, ne faisait pas de cinéma sur le recours à la vidéosurveillance dans les espaces publics: « Une caméra n’est ni de droite, ni de gauche ». Une théorie maline pour dépolitiser le débat et faire infléchir ceux qui mettent un écran noir sur l’utilisation de ce système de veille pour lutter contre toute délinquance. Aujourd’hui à Toulouse, la ville n’est vraiment pas vidéo-maniaque, avec vingt-et-une caméras opérationnelles, en excluant celles qui jettent leur oeil sur le réseau de transports en commun. Des données qui placent la Ville rose au 38e rang national avec une caméra pour 25.850 habitants, bien loin du nouveau major de la promotion, Châteauroux, avec 275 caméras, soit un appareil pour 180 habitants, qui a détrôné l’historique roi niçois ville la plus vidéosurveillée avec une machine pour 450 habitants.
L’ancienne municipalité à majorité socialiste n’avait pas la caméra facile, la preuve en en plaçant seulement quatre, trois rue Pargaminières et une place Anthonioz-de-Gaulle, et en excluant deux, une rue Croix-Baragnon et une à Victor-Hugo, préférant jouer la fibre prévention. Aux antipodes de ses camarades socialistes, Bertrand Delanoé et Gérard Colomb, qui ont opté pour ce moyen sécuritaire: Paris avec une caméra pour 2050 habitants pointe à la 20e place et Lyon à la 15e avec une pour 1850 citoyens. Avec la recrudescence de la délinquance, vols et agressions en hausse, Jean-Luc Moudenc, garant de la sécurité, avait assuré lors de sa campagne vouloir positionner 300 caméras à terme. Son adjoint Jean-Michel Lattes rebondissait, hier, sur cette volonté, voulue par moult Toulousains, entre ceux qui le clament haut et fort ou ceux qui le pensent avec force en sourdine: « A ceux qui taxent la mise en place de vidéosurveillance, alors rejoindre ceux qu’ont fait Bertrand Delanoé et Gérard Colomb, ce serait rejoindre des extrémistes! »
80 CAMERAS D’ICI LA FIN DE L’ANNEE OU DEBUT 2015
Le plan 300 caméras va connaître son premier clap moteur d’ici la fin de l’année ou au cours du premier semestre 2015 en dead line, avec un chantier de 80 caméras. Joël Azorin, le Monsieur sécurité du Capitole assure que le marché a ouvert son rideau. Et que si les sites d’accueils sont en expérimentation, les secteurs d’implantations sont révélés avec priorité sur l’hypercentre, les zones festives coeurs des problèmes nocturnes comme Arnaud-Bernard et place Saint-Pierre, mais aussi des installations sur les bords du canal du Midi et sur les boulevards, sans occulter le quartier des Pradettes qui vit une dérive périlleuse aux dires de Joël Azorin.
En parallèle à cette politique volontariste sur la vidéosurveillance, la mairie compte insister sur le bienfondé des vidéos-patrouilles. Joël Azorin garantit qu’un fonctionnaire de la force publique peut via les écrans de contrôle diriger des patrouilles, avec un delta de cinq vidéos-patrouilles, et ainsi de mieux conduire les policiers sur des lieux ciblés et d’opérer au flagrant délit. La sécurité publique, entre vidéosurveillance et la nommination de nouveaux policiers, reste l’un des crédos du chant politique démocratique de Jean-Luc Moudenc. Qui peut s’en plaindre?
Laurent Conreur
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