OptimHomme. Seize ans qu’il nippe les types. Rue Cujas à Toulouse, au Sun Bell Store, Jérome Biaggi a vu déferler toutes les vogues hommes, les néo-punk-rockers en quête du jean slim, les swinging London sur Garonne à l’affût du cuir hype, les Californiens dreamers recherchant le sweat cool and class, les dandys mistons Saint-Germain Ville rose voulant le costume tiré à quatre épingles, les sportifs souvent d’ovalie goumands d’une cadrage-débordement en parka army ou en american collège ou le pop model métrosexuel affinant sa garde-robe avec la sneaker chic sans choc ou la boots épouse à même le pli du pantalon épuré. Et depuis, le Corse a construit son île de beautés masculines. Le commerce, c’est son mannequin, et il sait comment l’habiller, d’autant plus aujourd’hui en période de crise dans un Toulouse qui, pour lui, a perdu de sa superbe. Sans se défiler, il fait défiler ses idées et ses propositions pour que Toulouse à la mode soit enfin un éternel recommencement. Sans mettre le doigt sur la couture. Pour lui, l’ouverture des magasins le dimanche est aussi nécessaire que la ceinture pour soutenir le pantalon de l’économie. Surtout, qu’à son avis, une telle mesure habillerait les portefeuilles des salariés et mettrait le tourisme en habit du dimanche. « Du gagnant-gagnant ».
« OUVRIR DE MARS A SEPTEMBRE DE 14H A 18H »
Toulouse qui n’ouvre pas ses commerces du centre-ville le dimanche, est-ce selon vous une ineptie?
Toulouse est la quatrième ville de France et l’on ne peut pas ouvrir le dimanche. C’est juste incroyable. A Montpellier, les deux premiers dimanches des soldes, les magasins sont ouverts. Pourquoi ce n’est pas le cas à Toulouse? Il faut gérer ces ouvertures au cas par cas. Ouvrir les magasins de vêtements à Cahors par exemple le dimanche ne serait peut-être pas judicieux. Selon moi, une ouverture saisonnière de mars-avril à septembre serait la plus pertinente. Ensuite, ce serait carte blanche, chaque commerçant faisant ce qu’il désire.
Où situez-vous l’intêret de ces ouvertures?
Il y a autant un intêret économique que touristique. A part place du Capitole et quelques restaurants de quartiers, tous les restaurants sont fermés le dimanche. Si vous voulez bruncher en famille le dimanche, tout est pratiquement fermé. Selon moi, même si nous ne sommes pas à Paris, les ouvertures des magasins de vêtements, des brasseries, des métiers de la bouche, comme dans le Marais, seraient une bonne chose. En n’obligeant personne d’ouvrir. Excusez-moi mais quand tout est fermé, la ville est triste. Peut-être qu’au début, on va tatonner, on équilibrera les ventes du samedi et du dimanche. Mais ensuite, en instaurant de nouvelles coutumes, on pourra en changer d’autres.
Selon vous, ces ouvertures, c’est du gagnant-gagnant. Pourquoi?
Parce que 4 heures de travail le dimanche pour ceux qui veulent, c’est plus d’entrées d’argent. Socialement, c’est winner-winner avec l’adage travailler plus pour gagner plus. Surtout que nos salariés ne vont pas épargner cet argent mais le réinjecter dans le système. Sortons de ce carcan qui dit que la france veut travailler mais qui ne travaille pas.
« A MON AVIS, 20% DE CHIFFRES D’AFFAIRES EN PLUS »
Economiquement, combien vous rapporterez les ouvertures le dimanche?
Je pense que l’on peut faire progresser nos chiffres d’affaires de 20% de plus par an. Toulouse n’a peut-être pas les touristes fortunés comme à Paris, mais il y a tout de même un bon pouvoir d’achats.
Ces ouvertures redynamiseraient-elles Toulouse, qui selon vous, a justement perdu son dynamisme?
Tout à fait. Laissons travailler les gens librement en respectant les lois du travail. C’est un bon levier pour le dynamisme tant qu’économique que social. Ensuite, il faudrait reprendre le projet Baudis qui voulait que les rues du centre soient piétonnes ou semi-piétonnes jusqu’à la Garonne. Je defends le fait que notre quartier de la Bourse soit pilote pour les ouvertures du dimanche. Je sens moult commerçants qui ont des idées et des concepts pour participer à ce dynamisme. Je parle en mon nom propre, mais je suis prêt à rencontrer les élus pour leur faire des propositions. Nous sommes en période de crise, il faut utiliser tous les leviers pour progresser. Il y a chez nous des boutiques qui ferment et qui ne rouvrent pas. Il faut des plans d’actions pour notre ville comme des plans marketing. Regardez Bordeaux avec la métamorphose de la rue Sainte-Catherine et des quais. Les ouvertures le dimanche rendraient aussi notre ville plus propre, plus sécurisée et plus propice au tourisme.
Propos recueillis par Laurent Conreur
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