Marca: « The end, lamentable final de la época màs gloriosa de la Roja »; El Mundo: « Echec mondial »; El Pais: « L’Espagne fut le Titanic ». Toute la presse espagnole bastonne aujourd’hui. Après Johannesburg en 2012, c’est Trafalgar à Rio. Claque de fin pour l’Espagne, tenante du titre, éjectée au premier tour du Mondial brésilien par un Chili con carne. « Trop suffisants », éructeront les uns, « Vieillissants » pardonneront les autres. Fin de cycle et succession sur le sol ibérique. Comme Juan Carlos. Pas vraiment. Car le Roi d’Espagne a depuis ce matin officialisé son successeur au trône, le Prince Felipe, devenu Felipe VI, nouveau roi. Alors que la Roja, elle, doit se réinventer, se réincarner. Une renaissance après des années de règne, deux Euros et un Mondial, une résurrection à espérer avant une humiliation comme l’annonce avec fermeté As: « L’Espagne doit encore jouer le match de la honte contre l’Australie entre les deux premières équipes éliminées du Mondial 2014, le match d’une humiliation. »
SAN IKER, UN SAINT EN ENFER
Alors pourquoi ce crash? Cette enterrement en troisième classe sans tambour ni trompette?
Parce que son commandant de bord a perdu le manche, incapable de faire face aux turbulences. On ne va pas envoyer un Saint en enfer, mais tout de même, comment San Iker, Iker Casillas, le goal de la Roja, devenu remplaçant de luxe au Real, peut-il tant porter sa croix sur le terrain? Regard perdu comme chloroformé par Robben lors du match contre les Pays-Bas, complètement à l’envers lors de son dégagement au poing hier contre le Chili. Responsable ou coupable de combien des sept buts encaissés par la Roja en deux matches? The star is dead et la constellation avec, dans un magma de remontades.
Parce que la ruine de l’Espagne est conséquence de la chute dans la bourse du foot de l’action Barcelone, et de la surcotation de la valeur Real, vainqueur illogique de la Ligue des Champions contre l’Athlético, qui lui même, a bouté hors de la terre lauréate de la Liga les deux occupants permanents, Barça et Real. Parce puisque ces deux clubs alimentaient 7 des 11 titulaires du onze de la Roja hier soir. Sept joueurs physiquement laminés et essorés par des Chiliens chiens fous, après être passés dans la lessiveuse néerlandaise. Sept joueurs morts mentalement et incapables de résoudre les énigmes faciles il y a peu.
Parce qu’avoir le ballon dans les pieds signifie dorénavant se prendre les pieds dans les filets. « Le tika taka » et la symphonie en passes courtes sont des vieux refrains monotones, surtout à trente mètres des buts adverses. Une chanson que tous les adversaires connaissent par coeur. Avec l’Espagne, aucune surprise n’a de prise.
Finalement dans un pays en crise, les 720.000 euros promis par tête de pipe en cas de conservation du titre mondial auront d’autres fins plus utiles. Comme quoi cette claque de fin permettra peut-être de mieux entendre des claps de faims.
Laurent Conreur
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