Il l’avait laissé le cirque bleu au quai de son enfance à Andernos en Gironde. « Mon retour à Toulouse pour mes études m’a prouvé qu’il me manquait quelque chose. » Orphelin de la vague, du tribord, Niels Roland, alors 18 ans et en terminale S au lycée Pierre-de-Fermat, ne pouvait plus laisser au mouillage sa passion maritime. Il décidait alors de hisser la grand voile de la création d’entreprise sur son bassin chéri d’Arcachon. « Je ne sais pas d’où me vient cette envie entrepreneuriale. Mes parents ont eu leur propre affaire, maman a eu une papeterie sur le bassin, mais… » avouait-il alors qu’il allait prendre le sillage de la popularité recouvré du Cap-Ferret par le film « Les Petits Mouchoirs » de Guillaume Canet. Niels Roland, l’oeil aussi vif que vibrant, s’empare de la quille et prend sa carte d’adhérent de la république océane en créant « Les Petits Navires », une société de location de bateau, offrant à bord des services hôteliers et donnant le loisir de naviguer seul dans le bassin arcachonnais en quittant la jetée Bélisaire au Cap-Ferret. Avant le premier mile, la chambre de commerce de Toulouse ne lui donne pas le bon de sortie le trouvant trop jeune. « Un accord a été trouvé finalement grâce à mon père, également actionnaire des Petits Navires, et responsable légal des parts jusqu’à ma majorité. Maintenant, je suis actionnaire à 100%. Heureusement que papa m’a prêté 20.000 euros pour monter la société et acheter mon premier bateau, sinon je n’aurai pas pu réaliser mon désir. » Et lors du premier été, ce mousse boss bosse et réalise 15.000 euros de chiffre d’affaires. « Tous les matins je préparais le bateau dès 7 h 30. Les journées finissaient parfois à 22 heures. Pendant toutes les vacances d’été, je ne suis sorti que très rarement avec mes amis. »
CREER UNE ACTIVITE DANS L’AERONAUTIQUE ET FAIRE UN TRUC AVEC LE CANAL DU MIDI
Et depuis, Niels Roland ne cesse de monter dans les haubans. « Le week-end, je suis sur le bassin pour m’occuper des bateaux. La semaine, le soir, je bûche. Quand j’ai un peu de temps, je suis à Lasbordes pour naviguer dans le ciel toulousain. » Cet entrepreneur nouvelle vogue est bien décidé de jeter l’ancre dans de nouvelles eaux. « Les Petits Navires sont aussi devenus une marque de vêtements et d’accessoires dans l’esprit marin. J’ai trouvé une usine de vêtements en Dordogne pour créer ma ligne. » Précoce, rapide, acharné, Niels Roland envisage même aujourd’hui d’autres croisières commerciales: « Je créerai un jour une activité avec l’aéronautique, et l’idée de faire un truc avec la navigation sur le Canal du midi me trotte aussi dans la tête. » Partisan du made in France, Niels Roland ne se voit pas changer ses instruments de bord: « Je veux participer à l’économie française. J’ai le désir d’intégrer une école de commerce pour apprendre toutes les théories commerciales. » Son sens pratique lui garantisse déjà de grimper au sommet du mât.
Les Petits Navires: 06 48 67 12 81. www.lespetitsnavires.com
Romy Sinclair
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