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La Bastille à Roland Garros: Les « djeuns » coupent les têtes des reines

La Française Kristina Mladenovic a créé la sensation en tombant Li Na, numéro 2 mondiale, suivie par l'Espagnole Muguruza qui s'est payé hier le scalp de la numéro 1 Serena Williams.

La Française Kristina Mladenovic a créé la sensation en tombant Li Na, numéro 2 mondiale, suivie par l’Espagnole Muguruza qui s’est payé hier le scalp de la numéro 1 Serena Williams.

Yannick Hesse, l'ancien entraîneur du Stade Toulousain, a pris Mladenovic sous sa raquette.

Yannick Hesse, l’ancien entraîneur du Stade Toulousain, a pris Mladenovic sous sa raquette.

Roland Garros, c’est la Bastille. Les reines du tennis féminin mondial, Li Na la Chinoise, numéro 2 mondiale hier, et l’Américaine Serena Williams, numéro 1 et méga-favorite, aujourd’hui, ont vu leur tête coupée par deux « djeuns », par la Française Kristina Mladenovic, coachée par l’ex-entraîneur toulousain Yannick Hesse, pour la première, 7-5, 3-6, 6-1, et par l’Espagnole Garbine Muguruza pour la seconde, 6-2, 6-2.
Un phénomène rare que de voir rentrer à la maison les deux premières têtes de série après le second tour. Haut les jeunes filles!
Pour l’Américaine bodymusclée, ce fut the D Day, The death day, le jour de la mort. L’explosive Espagnole au culot à la McEnroe a cuit à l’étouffée le tennis dit surpuissant de la numéro 1 mondiale, le rendant famélique et sans tonus. Prenant l’échange comme on prend les pieds du lapin pour lui tordre le cou, Muguruza n’a pas laissé l’once d’un instant Williams installer sa stratégie de débordement. Le jeu fruité de l’Ibérique, et finalement plus musclé, a provoqué un séïsme porte d’Auteuil.
L’autre tremblement de terre ocre est donc à mettre au crédit de Kristina Mladenovic. Enfin la lumière pour la native de Saint-Pol-sur-Mer à qui nombreux s’accordaient depuis quelques temps à promettre une carrière au sommet de la vague. Et enfin, elle est sortie de l’ombre contre Li Na, dernière lauréate de l’Open d’Australie et reine de Paris en 2011. 103e mondiale, un classement qui ne tombe pas dans le centre du tamis de son talent. Et seulement sa cinquième victoire de la saison pour treize insuccès. Et aucun triomphe sur la terre jusqu’à ce jour béni. Bien loin du potentiel de miss Kiki. 36e mondiale en août 2012, elle est donc tombée dans l’anonymat de l’en-dessous du top 100.

YANNICK HESSE, LE NOUVEAU PAPA POULE TOULOUSAIN DE MLADENOVIC

 

Certes la Chinoise a péri dans de rocambolesques chinoiseries lors de ce match, a mis son coup droit comme une arme à gauche, mais Mladenovic, sans être touchée par la grace, a juste joué juste, sans jamais se perdre sur le chemin comme elle en avait la triste habitude. Alors pourquoi cette évolution avant cette révolution? Grâce à un retour aux bases, surtout après l’inconstance et la valse de ses entraîneurs. Et ce grâce à un entraineur toulousain, Yannick Hesse. L’ ancien sociétaire et coach pendant de longues années au Stade Toulousain tennis, aujourd’hui coach au Lagardère Paris Racing. Yannick Hesse, papa d’Amandine, ex-prodige du Stade , battue au premier tour à Roland par l’Autrichienne Meusburger, en trois sets, pour sa première après des épisodes à pleurer (NDLR: Elle en coulera des larmes à la fin du match), connaît mieux que quiconque Kiki, puisque meilleure amie de sa fille avec qui elle a fait toutes ses classes. Yannick Hesse a donc pris sous sa raquette Mladenovic après sa blessure à l’avant-bras droit et son forfait en Fed Cup contre les USA. Yannick Hesse a eu les mots bleus pour panser ses bleus: « Elle a eu des moments difficiles, elle était seule. On a parlé de ses ambitions, de son jeu. Et là je lui ai communiqué: tu as de l’ambition, c’est l’occasion de se mettre en lumière et de prouver ce que tu sais faire. » La bonne recette pour faire monter la sauce. Yannick Hesse encore, nouveau papa poule: « Le tennis est un sport où il y a des moments de frustration. C’est capital de bien se sentir dans sa structure. Il faut des moments sur le terrain où on se régale, où on fait des choses avec plaisir et envie. » Du bonheur, Mladenovic en a manifesté contre Li Na: les poings en ciment vers les siens, ses grands yeux bleu océan tendus vers une mer de supporters, le partage avec sa mère. Contre l’Américaine Alison Riske, 45e mondiale, au second tour, Kiki voudra encore allumer la lumière pour rester sous le feu de la rampe. Yannick Hesse préfère tempérer pour rester froid face à l’événement et ne pas trop monter Kristina en température: « Elle doit vivre les choses tranquillement. Il faut qu’elle soit heureuse, bien dans sa peau, dans son tennis, qu’elle s’entraîne bien. Le tennis, c’est un puzzle. » Kristina Mladenovic a toutes les pièces en main pour construire un beau tableau.

Laurent Conreur


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