Culture

Arts: Miss Van…en poupe

Les balerines de Miss Van mutines ou coquines, entre sensualité et provocation.

 

A l’origine, elle murmure son art sur les murs. Et de brique en brique, son expression s’imbrique. Même si le graffiti n’est pas encore au début des années 90 que de bric et de broc réputation. Difficile d’autant plus pour la Toulousaine Vanessa  Alice Bensimon de cimenter son dessin à dessein car le territoire est propriété et priorité masculine. Mais avec ses bombes anatomiques, elle fait son trou sur les façades abandonnées . Miss Van n’a que 18 ans,  n’a toujours pas sur sa palette sa licence en arts plastiques, mais accroche déjà les regards coquins avec ses coquines, ses poupées classes ou sensuelles, provocs ou mutines, mais toujours de chair et d’ « ose », entre Betty Boop et Beth Dido. Avec Miss Van, à fond la forme. Sous inspiration de la figuration libre, des pin-up rock des années 50, puis de la BD tranchée de Vaughn Bodé et de l’imagerie religieuse, l’artiste amène le public par la main dans une ruelle toulousaine, un no man’s land où ses créatures aussi sexy que soucis, aussi matrones que martyres, drainent fantasmes ou réconfort, avec leur fort extérieur et leur fond intérieur. De l’imaginaire à l’imaginé, de l’estime à l’intimité, les poupées Miss Van ont établi une exquise familiarité. Car Vanessa Alice Bensimon a mis à nu toutes ses mues, l’euphorie et le désespoir, le vice et la vertu. Les coloris de Miss Van sont les teintes de son âme et de son cœur. En cela, ses poupées ne sont pas de cire mais de son, apparemment virtuelles mais tellement réelles. La poupée  Miss Van est très souvent la petite sœur que l’on a toujours rêvée d’avoir, celle qui nous raconte et qui nous écoute. Miss Van a d’ailleurs elle-même une sœur jumelle, et cette gémellité a nourri sans nul doute sa volonté chevillée à son inspiration de se démarquer en jonglant entre séduction et scandale pour placarder sur les murs la beauté tranchée de la féminité.

« GLAMOROUS DARKNESS » A LONDRES JUSQU’AU 1ER JUIN
Après sa première exposition personnelle trash et classe en 1999, les quinze ans ont vu Miss Van varier le trait de ses poupées, en les amenant dans un monde plus coloré, plus réaliste ou plus sombre. Dans d’autres exquises esquisses de délicieuses enfants. Après les murs, Miss Van a trouvé d’autres maisons hôtes de son travail, le papier, le bois, la peau tannée ou l’installation. Mais aussi d’autres hôtels chambres de son lit d’expressions, de Paris à Milan, en passant par New York, Shangaï, Genève ou Barcelone, sa nouvelle terre d’élection. Miss Van en poupe. Un nouveau courant d’art l’a conduite à Londres depuis le 9 mai et jusqu’au 1er juin à la Stolen Space Gallery pour une expo baptisée « Glamorous Darkness » , a solo show by Miss Van.

Laurent Conreur

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