Politique & Société

Municipales 2014: Oh label bleu

moudenc

L’histoire politique cache de sacrées blagues. A mourir de rire ou à mourir de ne plus pouvoir rire. On n’a cessé d’entendre de ci et de là la même petite musique: « Jean-Luc Moudenc, il n’a pas de charisme…. »Une chanson qui a fait monter le son de l’arrogance par ailleurs et qui a vu la voix de la chorale se casser faute de voix. Et au final, les petits chanteurs vont porter leur croix. Car outre Toulouse, avec la valse vinaigre à Balma, Saint-Orens, Cugnaux, Castelginest…, les socialistes ont perdu aussi la communauté urbaine Toulouse Métropole en ne se méfiant pas pas assez de la belle bleue qui a éclairé le ciel politique. Label bleu, surtout pas bleu marine.

Toulouse: Dimanche matin dans les bureaux de votes de Lardenne, une petite cantate du bout des doigts, « il ne faut parler trop fort, on pourrait nous demander de quitter les lieux », est entonnée par Christophe Alves, un des colistiers de Jean-Luc Moudenc. « 52% pour Jean-Luc ». Déshabille toi Madame Irma. Bien vu. Battu pour 1208 voix en 2008, Jean-Luc Moudenc inverse le cour d’une histoire contre Pierre Cohen avec presque 6000 voix d’écart. Comme quoi, il devait avoir gardé le double des clefs du Capitole, alors que toutes les portes des sondages l’ont en permanence donné battu au second tour. « Pour moi, ce n’est pas une revanche. Revanche, c’est négatif. Cette victoire, ce sont des années de travail et de ténacité. Et ce travail paye aujourd’hui. Un autre travail commence, il y a beaucoup à faire pour la ville. Je suis soucieux de rassembler tous les Toulousains. Je dirigeai la cité avec mes idées et mes convictions, mais sans esprit partisan. Mon premier souci est de voir dans quel état financier je vais trouver la municipalité. » Le nouveau maire et futur ex-député postule aussi à la présidence de la communauté urbaine où là encore, il va devoir composer avec les chiffres et des êtres…ses principaux opposants politiques, Bernard Keller (Blagnac), Claude Raynal (Tournfeuille) et Karine Traval-Michelet (Colomiers).

NAISSANCES ET RENAISSANCES
Blagnac: En politique, la logique des chiffres n’a parfois pas de logique. Un plus un peut faire parfois un et demi ou un et un quart. Bernard Loumagne l’a appris à ses dépends. Ancien premier adjoint du maire sortant Bernard Keller, il partait en challenger adoubé par la faveur de tous les pronostics…mathématiques pour battre…Bernard Keller. Avec ses 32% du premier tour ajoutés aux 22% de son unioniste de l’UMP David Gerson, cela faisait 54% contre les 36% de Bernard Keller. Et puis…youp la boum, un tour de baguette magique politique et Bernard Keller retournait la poêle pour cramer la recette de Bernard Loumagne. 296 voix d’avance, et Bernard Keller revenait en chef de la cuisine municipale blagnacaise.
Cugnaux: Prise de tête, qui en tête?, changement de tête, mal de tête. On ne savait plus où donner de la tête. Et le sortant socialiste, Philippe Guérin, qui passe cul par dessus tête! Finalement, le tête à tête entre Michel Aujoulat (UMP), ancien maire, et son ancien adjoint d’alors Alain Chaléon (UDI-Modem), ayant poussé le premier à laisser la tête de liste au second, a vu ce second passer largement en tête au final avec 60,75%. Avec la communauté urbaine qui passe à droite, Michel Aujoulat va pouvoir donner de la tête dans ce dossier conséquent.
Colomiers: Bastion socialiste aux fondations béton, Colomiers a pourtant vu les murs se fissurer, mais n’a pas craqué. Karine Traval-Michelet, la candidate PS héritière du sortant Bernard Sicard, a dû sortir platre et ciment. Face à Patrick Jimena (Les Verts), le suspense a cassé des briques. A la moitié du dépouillement, les deux favoris de ce tiercé où courait aussi Damien Laborde (UMP), étaient égalités. Dans le sprint final, Karine Traval-Michelet donnait un dernier coup de collier pour se coiffer de la couronne avec 198 voix d’avance.
Castanet-Tolosan: Au soir du premier tour, Arnaud Lafon (Modem-DVD) pouvait dormir sur…une oreille en s’imaginant siéger pour le troisième fois à 38 ans à la mairie de Castanet. Le maintien de son ancien-adjoint et nouvel ennemi Patrice Tournon et les presque 4 points d’avance sur la liste de la gauche unie de Marc Tondriaux laissaient augurer d’un avenir serein. Sauf que…les dimanches ne se ressemblent pas et ne rassemblent pas toujours ce qui a été prôné la semaine précédente. Où se sont volatilisées les 412 voix perdues par Patrice Tournon, qui a tant clamé que d’être qualifié de populiste ne le génait en rien. On ne le saura jamais, mais on peut imaginer. Surtout Arnaud Lafon et les siens qui l’emportent avec 78 bulletins d’avance face à Marc Tondriaux qui en a récupéré 423 de plus qu’au premier tour…
Ramonville-Saint-Agne: Dans un triangle, on peut se cogner la tête. Christophe Lubac, le premier édile sortant sorti de la poche de Pierre Cohen en 2008 au départ de ce dernier vers Toulouse, a connu un soir meilleur que son tuteur. Face aux Verts de Christine Arrighi qui en ont vécu des vertes et des pas mûres avec le pouvoir socialiste, comme ils ont continué à le clamer, et une droite revitalisée autour de Patrice Brot, Christophe Lubac est arrivé à ses fins avec 39,95%, soit plus de 3% qu’au premier tour. Il pourra alors continuer sa bataille pour rejoindre la communauté urbaine de Toulouse Métropole entamée depuis 2008…sauf que son père spirituel en a été destituée dimanche par Jean-Luc Moudenc. Comme quoi, on peut vraiment se cogner la tête.
L’Union: Où quand le désunion à droite fait l’opinion. Les deux listes divers droite de Nadine Maurin, 31,89%, et Jacques Dahan, 24,18%, au compteur dimanche soir, peuvent se mordre les doigts ne pas s’être tendu la main. Car avec 43,93%, Marc Péré (DVG), se frotte…les mains, et prend le relais de Georges Beney, sept mandats successifs en poche, décidé d’en rester là sans être las.
Saint-Gaudens: La bérézina rose a piqué dans ses chairs le maire socialiste sortant Jean-Raymond Lépinay. Déroute, débâcle, tous les substantifs peuvent trouver un écho. Jean-Yves Duclos, le conseiller général sans étiquette, lui a infligé une piquette avec 61,76% des voix. Il n’en reste que pour ce dernier, la gestion de la communauté des communes s’annonce compliquée car elle n’a pas viré de camp.

Laurent Conreur


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