Si la Haute-Garonne ne se pose pas la question, comme dans d’autres régions de France, du fameux front républicain, pour sur l’autel du sacrifice, faire barrage au Front National, le département vivra néanmoins de sacrés lignes de front dimanche lors du second tour des municipales. Dans certaines villes, on a battu le rappel des alliés pour espérer sauver la mairie, avec toutefois calculette à la main pour se persuader que la fusion ne se transformera pas en fission, surtout quand certaines listes d’un même bord ont refusé de monter à bord. Dans d’autres cités, des listes se sont passé la bague au doigt alors qu’ils ne devaient jamais pourtant consommer les moindres fiançailles. Avant d’y regarder de plus près, il ne faut pas pas être aveugle, le changement, cela pourrait être pour dimanche pour certains.
Toulouse: Donné gagnant lors de tous les sondages du second tour, Pierre Cohen n’a finalement pas toutes les garanties du gouvernement pour vivre sa réélection. S’il a signé un pacte avec les écologistes en leur promettant des postes et des mesures, le maire sortant a reçu un refus appuyé du non-soutien du Front de Gauche qui pèse 5,10%. Avec les variations saisonnières- qui sait quel sera le taux d’abstention et vers qui un rush électoral espéré sera-t-il dirigé- Pierre Cohen pèse, en rassemblant tout son matelas de gauche, aux alentours de 43% avant l’échéance de dimanche. Son challenger Jean-Luc Moudenc, s’il réunit toutes les voix de droite, accuse sur la balance plus de 43%. Collé-serré. Alors pour faire le poids et monter en king sur le ring du Capitole, il faudra compter sur les 8,15% du Front National , sans oublier les 5,10% du Front de Gauche. Faites vos voeux, les jeux ne seraient pas faits.
Colomiers: Ici aussi depuis dimanche soir et jusqu’à hier, les négociations en coulisse sont allées bon train. Karine Traval-Michelet (PS-PRG-Citoyens écologistes), adjointe du maire sortant Bernard Sicard et non-candidat à sa succession, espérait une victoire à la …Sicard (Plus de 50% au 1er tour en 2008). Elle a dû revoir ses ambitions à la sérieuse baisse avec 36,19%. Et comme Patrick Jimena (EELV), 25,95%, a signé l’union avec François Dumas (Ex-PS), 12,63%, en comptabilité pure post-premier tour, l’héritière de Bernard Sicard pourrait bien rendre la couronne. Surtout que Damien Laborde (UMP), 23,24%, arbitrera ce duel…
Blagnac: Qui l’eut cru? On le croyait indétrônable. Et pourtant Bernard Keller, le maire sortant, vacille. Tremble même sur son siège depuis qu’il sait que de triangulaire il n’y aura pas. Avec ses 37,98%, il devient un poids léger face à son challenger poids lourd, Bernard Loumagne, son ancien premier adjoint (32,11% dimanche dernier), qui présente aujourd’hui sur la balance environ 54% depuis que l’a rejoint l’UMP David Gerson fort de 21,82%.
Ramonville-Saint-Agne: La désunion à gauche pourrait provoquer un divorce avec le maire sortant socialiste Christophe Lubac, le successeur de Pierre Cohen (36,17% dimanche dernier). L’écologiste Christine Arrighi forte de 26,95% a tenu tête au premier édile en place, en gardant en tête quelques souvenirs douloureux. Son discours depuis dimanche était clair: elle ne s’alliait avec la municipalité en place que si elle devenait tête de liste ou si Christophe Lubac abandonnait le leadership socialiste à un colistier. Sa requête refusée, elle décide alors de se maintenir pour une triangulaire qui pourrait sourire à …l’UMP-UDI Patrice Brot s’il lie ses 25,27% du premier tour avec les 11,61% de l’autre liste de droite de Serban Iclanzan. A moins que l’abstention de dimanche dernier (42,7%) change la donne…
Castanet-Tolosan: Voilà peut-être une des seules triangulaires qui pourraient respecter les règles mathématiques. En effet, le maire sortant Arnaud Lafon pourrait bien connaître la passe de trois. Avec 41,90% au premier tour, il part favori de cette seconde manche contre Marc Tondriaux, 38,05%, fédérateur de toute la gauche, surtout que le trouble-fête, Patrice Tournon (20,08%) a assuré de son maintien. A moins d’un tremblement de terre.
Cugnaux: Quelle drôle de partie de billard à quatre bandes. Surtout quand les boules rouges deviennent blanches et vice-versa. Et surtout quand l’alchimie provoque des fusions inattendues. Ils étaient quatre à plus de 20%, ils ne seront plus que deux. Avec d’un côté le maillot jaune du premier tour, l’ancien maire Michel Aujoulat de 1989 à 2001 qui cède sa chasuble de leader à son ancien adjoint UDI-Modem Alain Chaléon qui en découdra avec le sortant socialiste Philippe Guérin…qui a reçu le soutien de Pierre Guérin, son ancien adjoint qui s’était vu retirer ses délégations pour conflit entre eux, et qui a donc en solo, au grand dam de ses colistiers, choisi de de se retirer et de voter pour faire gagner la gauche…alors que le bruit avait couru qu’il aurait pu rejoindre Michel Aujoulat. Bizarre, vous avez dit bizarre.
L’Union: Là aussi encore quel mic-mac. A droite, Nadine Maurin, dauphine dimanche dernier, propose son union avec le médaillé de bronze, Jacques Dahan. Le bâton de ce relais n’attire pas une main concilliante. A gauche, Marc Péré, leader dimanche dernier avec 32%, reçoit le soutien de Marie Garcia (11%) et avec l’arrivée de six candidats socialistes sur sa liste mais pas celui de…Marie Garcia. La succession de Georges Beyney, maire sortant, repose vraiment sur de drôles de scenarii.
Muret: André Mandement le maire sortant se frotte les mains. En plus d’avoir rassemblé la gauche, il bénéficie du désamour entre les deux listes divers droites, Alain Sottil (26,4%) et Laurent James (18,99%), que de nombreux colistiers ont essayé d’unir, en vain.
Plaisance-du-Touch: Ici aussi, on tombe des nues. Une triangulaire tombait sous le sens. Mais le sens prend parfois des virages suprenants. Jacques Viguier (23%), UMP-DVD, a choisi de se désister pour Pascal Barbier (31%), sans étiquette, mais pourtant membre du bureau régional d’EELV!!! Avec pour seul objectif: provoquer la chute de Louis Escoula (PS), maire depuis 1989, qui fustige « cette alliance contre-nature ».
Laurent Conreur
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