Comme sur tout le territoire national, la Haute-Garonne n’échappe pas, après le vote du premier tour des élections municipales de dimanche, à la photographie générale: une défiance prévisible à l’égard de la gauche et du gouvernement et un rejet des urnes par le citoyen hormis dans les petites communes traduisant une certaine défaite du politique. Par contre, le département n’observe pas la montée spectaculaire du FN comme dans d’autres régions où il récolte une collecte faite d’aigreur et vindicte.
Dans la ville phare Toulouse, le maire sortant Pierre Cohen a attiré moins de lumière qu’escomptée. Avec 32,26% des voix, le premier élu sous le bannière PS-PCF-PRG ne tire pas les marrons du feu de son bilan de mandat, en étant devancé par son challenger numéro 1 Jean-Luc Moudenc, 38,2% du suffrage. Dimanche, la bataille s’annonce serrée pour le second tour. Pierre Cohen devra pactiser avec les écologistes d’Antoine Maurice (6,99%) et le Front de Gauche de Jean-Christophe Sellin (5,1%) pour faire venir à lui cette réserve de voix. Jean-Luc Moudenc, pour sa part, compte sur un report des voix portées hier sur Christine de Veyrac et Jean-Pierre Plancade, mais aussi sur l’absention, 47,81%, et le retour de ce fait du geste citoyen. Mais cela sera-t-il suffisant? Réside ensuite l’inconnue des votes fachés pour le candidat FN, Serge Laroze, 8,15%. Ces électeurs vont-ils se rendre aux urnes? Voter pour qui ou sanctionner qui? A suivre de très près.
DES FIGURES DEFIGUREES
Dans la première couronne toulousaine, des rois sont tombés dès le premier tour de leur trône. Badaboum pour Alain Fillola (PS et conseiller général), le maire de Balma, après 19 ans de règne, a subi le joug de Vincent Terrail-Novès (UMP) doté de 52% des voix. A Saint-Orens, Christian Sempé, seul élu communiste, qui avait mis sous son épaule la gauche unie et le centre, pour briguer un troisième mandat, a baissé pavillon face à Dominique Faure (UMP), 54%.
Dans la rubrique des sortants maintenus avec plus ou moins de pertinence, on retrouve à gauche Claude Raynal (PS) à Tournefeuille (52,16%), et Thierry Suaud à Portet-sur-Garonne (64,85%). A droite, figurent Alain Chatillon à Revel (75%), Grégoire Carneiro à Castelginest (69,95%) et Bernard Solera à Quint-Fonsegrives (69,48%). Pour Michel Dutech à Nailloux, sa réélection n’a tenu qu’à un fil, une voix d’écart sur les 1329 exprimés.
Dans la catégorie « Je prends ma revanche après 2008″, les loosers de droite redevenus des vainqueurs sont Gilles Broquère à Fenouillet et Michel Anguille à Montastruc-la-Conseillère.
Concernant les matchs du second tour où il faudra mettre la loupe, on enregistre de sérieuses suprises. Si Arnaud Lafon (Modem-DVD) à Castanet-Tolosan pour une triangulaire (Si Patrice Tournon se maintient comme il l’a tant clamé) et André Mandement (PS) à Muret partent largement avec les faveurs des pronostics, d’autres candidats tremblent, tremblent…A Colomiers, quartier général socialiste, l’inquiétude et l’incertitude s’imposent. Karine Traval-Michelet qui pensait succéder à Bernard Sicard, doit sérieusement revoir sa copie. Avec 36,19% des voix, elle devance le conseiller général écologiste, Patrick Jimena (25,95%) mais qui a reçu officiellement le soutien de François Dumas (12,63%). Avec un candidat UMP, Damien Laborde à 23,24%, en arbitre, cela promet de terribles prises de tête. A Blagnac, alors que moult songeaient que la maire sortant Bernard Keller n’avait pas de mouron à se faire, la logique s’est écrasée sur la piste d’atterrissage. Son ex-premier adjoint dissident, Bernard Loumagne a récolté 32,11%, pour 37,98% à Bernard Keller. Sur la troisième marche du podium, David Gerson (UMP) et 21,82% devient l’homme à séduire. Surtout par Bernard Loumagne…
A Cugnaux où l’ancien maire Michel Aujoulat pointe en tête avec 26,82%, une quadrangulaire s’annonce très périlleuse pour le premier édile sortant Philippe Guérin (25,26%). A l’Union, avec un final à quatre aussi, Marc Perré (DVG) en tête au premier tour, ne sait pas trop sur quel pied danser…tout comme ses trois opposants. A Ramonville, l’ancien bastion de Pierre Cohen, son successeur Christophe Lubac vire en tête, mais bien moins qu’en 2008. Si les Verts, souvent boudés par les élus PS ou en conflit larvé avec ces derniers, seconds de ce premier tour, trouvent un terrain d’entente avec les listes de droite (plus de 36% en cumulé), le maire sortant risque de ne plus voir la vie en rose.
Laurent Conreur
META AREA /META AREA
