Politique & Société

Municipales Toulouse: petite cuisine et plats indigestes

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Le débat final devrait opposer Jean-Luc Moudenc à Pierre Cohen, mais avant Toulouse aura vécu des histoires politiques peu reluisantes.

A un peu plus d’un mois des élections municipales, le 23 mars pour le premier tour et le 30 mars pour le second, à quoi ressemble la carte météorologique politique toulousaine? Contrariée, contrariante, voire consternante. Soleil voilé avec risques de dépressions et de de dépréciations pour certains, pluvieux avec orages en interne pour d’autres, ambitions gelées sous d’autres cieux, avec une alerte générale qui guette sous les nuages dans toutes les contrées politiques, à savoir l’abstention-sanction.
LA DECEPTION DU HOLLANDISME NE PROFITE PAS A L’ULTRA GAUCHE
Pour le maire socialiste sortant, Pierre Cohen, le ciel de tous les sondages effectués s’annonce clément. Certes s’il n’arrive pas en tête au premier tour, battu à la photo-finish par son challenger numéro 1, le candidat UMP et ex-maire, Jean-Luc Moudenc, il clôturerait le second tour entre 53 et 56% des votes et conserverait le Capitole. Mais derrière ce soleil de façade, des ombres pourraient faire chuter la température électorale, et surtout le sentiment de trahison du peuple de gauche déçu par l’Elysée et Matignon, qui bouderait les urnes afin de faire payer les reculades diverses et variées, comme la loi sur la famille ou le vote des étrangers, sans occulter un scepticisme manifesté sur « Le pacte de responsabilité » proposé par le Président de la République. Un constat que certains socialistes réfutent, se réfugiant sur l’éternel les sujets nationaux n’ont rien à voir avec les sujets locaux, sauf que, « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », Christophe Borgel, le député PS haut-garonnais, ne préfère pas jouer au poker menteur, en assurant que le seul risque pour que la gauche perde la ville serait que les électeurs désertent le vote au premier tour. Avec cette dépression de la déception du Hollandisme, on imaginerait bien un effet anticyclonique pour la liste du Front de Gauche conduite par Jean-Christophe Sellin, élu sortant de l’équipe Cohen en 2008, tiens donc. « Je t’aime moin non plus » …surtout que Jean-Luc Mélenchon avait été crédité de 16% au premier tour de la présidentielle 2012 à Toulouse. Il n’en serait rien. Surtout que dans les arrières cuisines de la gauche à Toulouse, on a mitonné des petits plats assez indigestes pour le candidat Front de Gauche: les alliés communistes de Pierre Cohen sont estampillés PCF-Front de Gauche!!! Chez les écologistes Europe Ecologie Les Verts, en divorce avec le PS, on a décidé de faire bande part…sauf deux, élus sortants, qui ont décidé de rester mariés avec le maire sortant. Belle cacophonie.
CHRISTIAN RAYNAL: LE COUP DE TOMAWAK POUR L’UMP
A droite, la météo n’est plus stable non plus. Les orages éclatent alors que l’on croyait que les nuages commençaient à s’estomper. Jean-Luc Moudenc, maire de 2004 à 2008, qui a déjà du mal, vu les sondages, à faire disparaître la rose du bouquet municipal, se voit piquer au corps par de nombreuses épines, inattendus et « pitoyables » selon certains commentaires de membres de l’UMP. Surtout que les fans de Jean-Luc Moudenc ne pouvaient que se féliciter des efforts faits par leur favori pour rassembler à droite, et au-delà de l’UMP, surtout après les effets retord de la néfaste guerre interne Coppé-Fillon, qui a et fait encore des dégâts quoique les plus optimistes en disent. Si Christine de Veyrac, la députée européenne, pourtant abandonnée par ses plus valeureux soldats ayant choisi de rallier Jean-Luc Moudenc, persiste et signe sa résistance en présentant sa liste, si le sénateur Jean-Pierre Plancade croit en sa belle étoile modérée, il n’en reste que ces deux inconnues connues figuraient dans l’équation à résoudre à droite pour Jean-Luc Moudenc. Mais quand Christian Raynal, président de l’UMP 31 en appelle à voter…Pierre Cohen, c’est le coup de tomawak entre les deux omoplates. « C’est lamentable » commentait, écoeuré, un membre de la liste Moudenc. Pour Jean-Luc Moudenc qui comptait bien que les désespérés de l’Elysée et Matignon lui soient profitables, il va falloir avaler la couleuvre des désespérés de l’UMP. Décidément.
ET LE VAINQUEUR EST…L’ABSTENTION-SANCTION
Et le Front National dans ce climat nauséabond, il est à sa place. Sous le parapluie de la popularité de Marine Le Pen, même si la température pour son ralliement diminue, le candidat toulousain Serge Laroze ne fait pas vraiment campagne, observe et espère profiter des carnages de son double ennemi l’état UMP-PS pour figurer avec le quota légal des 10% au second tour. « La présence du FN au second tour, c’est la victoire assurée pour Pierre Cohen » sermonne sans cesse Jean-Luc Moudenc.
Et si dans cette cacophonie nuisible, le grand vainqueur se nommait abstention-sanction? Et avec, le risque de voir une extrême prospérer sur le terrain de la désillusion, notamment lors des élections européennes en mai. Alors mesdames et messieurs tous les candidats républicains, faites tout d’abord en sorte qu’une certaine image de la France et de sa République soit le vrai rayon de soleil de ces élections.
Laurent Conreur


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