Gastronomie & Art de vivre

Avec sa tchatche épicée, Sandrine Prim est en tête sur le billot radiophonique

sandrine prim

Du bouche-à-bouche pour permettre à des restaurateurs ou à des professionnels de l’alimentation de faire vivre sans s’essouffler leur entreprise, ou mieux même leur apporter une bouffée d’oxygène promotionnelle pour qu’ils ne vivent pas en apnée économique. Côté mangeaille, Sandrine Prim, brune sicilienne catalane à la langue bien pendue, est en tête sur le billot radiophonique régional, avec ses chroniques al dente « Les cordons bleus de la Ville rose » sur France Bleu Toulouse. Que ce soit au service des estomacs urbains qui digèrent maigre en réchauffant des soupes bios entre leurs mitaines ou prônant la street food servie en trois coups de cuillère à pot, ou que ce soit pour les résistants actifs du mouvement viandard ou les stressés de la restriction alimentaire, Sandrine Prim, ambassadrice du Prix Lucien Vanel, belle course à l’échalote annuelle entre les restaurateurs haut-garonnais, joue de sa gouaille sur ces deux tables bien distinctes, en se moquant de toutes les contradictions à résoudre. « En effet, je ne chronique que ce que j’aime. C’est pour cela que je ne suis en rien une blogueuse. Je ne veux pas perdre de temps pour critiquer ce que ne plaît pas. Je suis de nature positive, et de ce fait, je ne défends que les restaurants ou les métiers de la bouche qui ont de la qualité et qui méritent que l’on s’y attarde pour les défendre et les promouvoir. »
ELLE SERT SA CRITIQUE AVEC UN COULIS D’AFFECT
Observatrice descriptive, capable de tailler un beau pavé en arguments carpaccio pour en tirer le meilleur, Sandrine Prim arrose ses plats commentaires d’un coulis d’affect, et ce avec des mots doux et canailles. « Je suis relayeur d’infos sur la gastronomie. Eh oui, c’est vrai que j’emploie des mots crus mais sincères. Quand je parle d’un cul d’une poule pour y glisser une gousse d’ail, comment voulez-vous que je l’appelle? Ensuite, je dis, vous patouillez dans le cul de la poule…C’est aussi mon ton d’écriture radiophonique. Au départ, cela en a surpris certains, mais dorénavant, c’est ma marque de fabrique. » Un ton coquin qui a séduit un public au-delà de la ménagère de 70 ans.
Avec son franc-goûter, celle qui a cumulé sur son livre de cuisine professionnelle, le job de barman, de DJ, d’aide-soignante, de chef d’entreprise, défend la bouffe raisonnée et dégraissée de morceaux trop bling-bling qui coûtent bonbon. Ainsi, elle revendique le marché comme lieu de pèlerinage alimentaire pour y prêcher la bonne parole des produits de saison, au meilleur coût. « Les produits de saison, c’est mon créneau. Il faut faire, bien sûr c’est du temps, tous les marchés pour trouver le bon produit à moindres frais. Le dimanche, je fais la tournée des grands ducs, car chaque marché a son identité et sa population: le marché Cristal pour les fruits et légumes, les Carmes pour le pain, Victor-Hugo pour la viande, le fromage ou les poissons, et Saint-Aubin, mon quartier d’enfance, pour la volaille. »
Désireuse de diffuser, de faire mijoter ses recettes dans d’autres casseroles, Sandrine Prim a aussi allumé à joli feu au sein de l’école avec le concours édulcoré de sympathie de grands chefs.  » Nous avons mis en place des cuisines dans chaque classe du collège Saint-Louis à Bonnefoy à Toulouse. Les enfants ont cuisiné avec des grands chefs. C’était assez génial. On a ensuite organisé un repas géant avec les 317 élèves, nous étions plus de 400 à table avec les grands chefs. »
A ce rythme alimentaire, Sandrine Prim va vite rejoindre son mentor chroniqueur l’Anglais Jimmy Oliver, et nul doute qu’avec sa tchatche épicée, elle offrira de belles tranches culinaires à consommer sans modération.
SES CINQ COUPS DE COEUR
L’accueil: La Pergola
Produits étrangers: La Tratoria Mizzica
Produits régionaux: Monsieur Marius
Produits de saison: Jour de Marché
Prix de la surprise: Le Solide

NB; « Les cordons bleus de la Ville rose » du lundi au vendredi de 10h à 10h30 pod cast le week-end sur France Bleu Toulouse, sur 90,5 FM.

Laurent Conreur


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